BRM 400 km Ménigoute - Saison 2

Un 400 c'est l'occasion de passer une nuit sur le vélo. Sur les 9 participants à ce brevet, 3 tentent pour la première fois cette expérience.

9 au départ !!!A 16H nous prenons le départ. Je me retrouve seul devant, je n'appuie pourtant pas fort sur les pédales (qui craquent de nouveau, il va falloir en acheter assez vite). Les deux "couchistes" me dépassent, bon vent à eux, c'est le cas de le dire. Ca pousse fort dans le dos, le retour s'annonce difficile, comme à chaque fois cette année sur Ménigoute.
Je n'ai pas un gros moral en ce début de brevet, je ne sais pas trop pourquoi, ça arrive parfois. Mes compagnons de route, enfin je devrais dire le peloton qui me suivait à seulement quelques encablures, me rejoint enfin à Saint-Maixent-l'Ecole, soit environ une quinzaine de kilomètres. Il fait beau ça fait du bien après les semaines passées sous la flotte ! Nous sommes 7 dans le groupe, 2 devant nous, le compte est bon. C'est sans peine que nous arrivons à Coulon, premier contrôle.

Nous sommes sur la même portion que le 200 de fin mars jusqu'à Usseau où nous avions alors pointé. C'est plat, ça souffle, les kilomètres défilent donc rapidement. Didier n'a pas l'air au top de sa forme, il reste derrière, ce n'est pas dans son habitude... Deuxième contrôle atteint juste avant la nuit. Nous retrouvons nos 2 vélos couchés qui eux sont sur le départ. Nous nous préparons tous pour la nuit tout en mangeant un morceau, je me fais copieusement bouffer par les moustiques...

Pointage de Saint-HippolyteNous quittons Saint-Hippolyte, la nuit est tombée. Notre puissance de feu est assez impressionnante : 5 dynamos-moyeu et 2 phares alimentés par piles. Ca arrache bien, quelle évolution quand je vois que mon phare est a peine visible face à la nouvelle génération, alors qu'il y a à peine 3 ans c'était le top ! Nous ne faisons pas encore de l'ombre au Phare de Chassiron, faut pas abuser tout de même.
Nous arrivons au pied du pont de l'Ile d'Oléron, le vent de coté est impressionnant, il nous pousse vers le milieu de la route, la vigilance est de rigueur. Une fois franchi Didier me dit : c'est pas Saint-Nazaire mais ça soufflait pas mal !" Il fait référence au 1000 de l'an dernier que nous avions fait ensemble, je m'en faisais justement le réflexion pendant la traversée... La chasse à la canette est ouverte, il est tard pas facile de faire le plein, pas de cimetière. Rien si ce n'est un restaurant éclairé, nous nous arrêtons. La patronne sort : "vous cherchez quelque chose ?". Nous lui demandons si nous pouvons consommer : "non c'est fermé !" "pouvez-vous remplir nos bidons ?" "l'eau je la paie moi, monsieur !" nous dit-elle. Nous filons écoeurés ! 
Juste avant Saint-Denis nous recroisons Christophe et Jean-Marie qui nous indique un bar ou nous pourrons enfin nous ravitailler et par la même occasion pointer. Un jeune fêtard nous accueille en nous disant : "vous êtes en retard, les banquettes-man sont déjà repartis !" Ca me fait bien rigoler...

Pont de l'Ile d'OléronDemi-tour, il nous faut revenir sur la terre ferme. Second passage sur le pont, cette fois-ci il faut se méfier du trottoir, ça souffle toujours aussi fort. Je ne m'aperçois pas tout de suite que nous avons perdu un randonneur, c'est Didier qui a décroché, pas un bon jour pour lui...
Je trouve que le vent n'est pas si gênant que ça, je m'attendais vraiment à pire. Comme sur la Flèche Vélocio je n'ai pas envie de dormir, ça m'étonne beaucoup car l'an dernier les nuits étaient terribles pour moi. Nous sommes au contrôle 4, Saint-Savinien. Je signe les cartons de mes compagnons pour valider notre passage. Nous prenons le temps de manger et de rajouter une couche de vêtements car la température va certainement baisser en fin de nuit.

C'est désert...Nous remontons sur nos montures, "on rebranche le chauffage" comme dit Yves, c'est une bonne expression ! A Taillebourg nous sommes arrêté net par des travaux, pas un panneau ne les indiquait. Nous retournons sur nos pas et voyons la déviation mise en place, ne sachant pas si les travaux sont importants (ils en ont l'air), nous prenons la direction de Saint-Jean-d'Angély et récupérons le parcours officiel à Varaize. Je pensais que nous allions faire bien plus de kilomètres mais au final nous avons coupés et fait 2 ou 3 kilomètres de moins. Une fois à l'arrivée nous en discuterons avec les couchés, ils ont pu traverser le chantier en faisant très attention. Et là je pense à la commune de Saint-Vaize ! Lors de la déclaration en préfecture j'ai reçu un mail de la mairie de cette commune me signalant qu'exceptionnellement il laisserait leur giratoire éclairé toute la nuit pour faciliter notre passage. Seul Jean-Marie et Christophe en auront profité...
Le jour c'est levé, une longue traversée du désert s'engage alors. Pas âme qui vive dans ce coin, pas un café, pas une boulangerie, rien !! Nous rêvons de café bien chaud, de croissants, de chocolatines, d'un peu de douceur quoi. L'espoir renait à chaque fois qu'un village est en vue, mais non, il faut attendre Villefagnan dernier contrôle pour nous assoire au chaud. Avant d'arriver à ce contrôle j'ai un bon coup de moins bien, le parcours est assez facile je gère ce passage sans trop de soucis.

Après 3 bon quarts d'heure et le ventre bien rempli nous reprenons notre chemin. Didier arrive quand nous partons, il a l'air de bien négocier son jour sans. Nous ne sommes plus que 5, Stéphane m'appelle pour me signaler son abandon. Les 2 couchés sont devant, nous les avons vu dans le bar de Villefagnan. J'ai un coup de fil de mon épouse et de ma fille, je leur annonce une arrivée pas trop tardive. Le soleil brille et nous réchauffe vite. Moins de 70 kilomètres à parcourir et il en sera fini de ce 400. Je suis bien mieux que sur le 300 d'il y a quelques semaines, les sensations sont même très bonnes malgré une fatigue normale à ce stade du brevet. Les dernières bosses sont négociées, nous arrivons à 13H25 à Ménigoute.

Le diaporama

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