BRM 1000 km Ménigoute - Saison 8

DépartLa dizaine de randonneurs (dont un anglais et un italien) inscrits s'affairent pour les derniers préparatifs. Pour certains c'est une première. Les questionnements, les doutes trahissent un peu de fébrilité. Normal j'étais comme eux il y a quelques années (tiens j'écris comme un vieux...). De mon coté la seule inquiétude est de savoir si je mets ou non mes manchettes au départ...

Le départ du 1000 est donné. En 2016 et 2017 j'avais fait ces 1000 seul de bout en bout. Cette année nous sommes 4 partis devant. Avec Thierry (nous sommes un vieux couple maintenant), Hervé et David. En voulant boire, je m'aperçois que j'ai oublié ma pompe ! Quel con ! J'hésite à faire demi tour car nous avons fait presque 10 bornes. Le parcours passant devant le Décathlon de Vouneuil-sous-Biard, je ferais un arrêt shopping. Route ultra plate et vent favorable, inutile de vous dire qu'avec Thierry nous ne faisons pas semblant, ça avance ! Rapidement nous sommes aux portes de Poitiers, la pompe est achetée, nous repartons. Thierry manque de se faire renverser dans la traversée de Poitiers, ce fût chaud... Toujours sur le même rythme nous filons sur La Roche-Posay. A 13H08 nous pointons, je prends une part de pizza.

VatanCe deuxième tronçon n'est pas très difficile non plus. Nous gardons le même rythme, mais nous faisons une halte à Palluau-sur-Indre. Il fait chaud et nous remplissons les bidons. David à un problème de batterie qui alimente son GPS. Nous le laissons réparer et repartons à 3. A 16H56 nous arrivons à Vatan, pointage du second contrôle. David nous rejoint au moment de reprendre la route. Nous voici de nouveau à 4.

A présent le parcours se corse un peu. Rien de très compliqué et l'étape ne fait qu'une cinquantaine de kilomètres. Nous faisons une nouvelle halte avant le contrôle car mes compagnons veulent faire des courses. Arrêt au Super U de Vierzon, un peu long l'arrêt... Bref nous arrivons à Nançay à 19H25. Contrôle express, on ne va pas s'arrêter tous les 15 km. Il faut profiter du jour pour faire un maximum de bornes.

Neuvy-sur-LoireVers 20H le ciel s'assombrit, 30 minutes plus tard une bonne averse nous rafraîchit. Ce n'est pas grand chose mais ça fait du bien avant la nuit. Nous avons ensuite en ligne de mire les fumées blanches de la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire. Elles sont loin, il faudra pas mal de temps pour être au pied de cette centrale. A la tombée de la nuit nous sommes à Neuvy-sur-Loire. Un bar est encore éclairé, il est fermé mais la tenancière nous sert aimablement nos consommations. Une fois équipé pour la nuit nous repartons (après 45 minutes d'arrêt...).

AuxerreAprès environ 40 kilomètres, à Fontaines, Thierry crève du pneu arrière. Bizarre nous ne trouvons rien dans le pneu qui ait pu percer la chambre à air. Cet arrêt m'a bien refroidi, pas grave quelques bosses suffirons à retrouver une chaleur corporelle satisfaisante. Hervé et David ne sont plus dans nos rétros. Nous filons sur Auxerre. Nous ne passons pas par le centre ville mais en périphérie. Thierry aperçoit de la lumière au camping municipale d'Auxerre. Nous tentons le coup et que du bonheur. Les sanitaires sont nickels et le camping désert. Il est 2H26. Nous prenons bien le temps de manger et refaire les niveaux. Et je m'occupe de mon séant préventivement...

Châtel-de-NeuvreLe premier coté du triangle, Ménigoute - Auxerre est fait. Direction Clermont-Ferrand ! Le vent qui est favorable depuis le départ le reste car il a tourné au nord. Tout va bien mais je commence à m'endormir. A Châtel-Censoir nous trouvons un abri avec un banc. Nous dormons une demi-heure avant de reprendre la route. Ca va mieux et le jour va se lever. Ensuite pas de problème pour rejoindre Saint-Saulge, il est 8H12. Pas de boulangerie, nous achetons un paquet de 8 pains au chocolat dans une épicerie. Premier bar, le percolateur ne fonctionne pas. Nous qui voulions un bon chocolat chaud, on tente le second bar et tout fonctionne, nous sommes sauvés !!

Nous arrivons à La Machine. Je me mets en danseuse et clac, un rayon de ma roue avant casse !! Putain quoi faire, je suis totalement sorti mentalement du brevet. Si Thierry n'avait pas été là j'aurai abandonné. La longue distance est déjà assez dure comme ça sans que la mécanique vienne nous jouer de sales tours... La roue est légèrement voilée, heureusement que c'est une jante de 36 rayons. Une personne nous indique un Leclerc Sport à Decize. Nous nous y rendons, pas de bol la seule personne habilitée à changer un rayon est absente aujourd'hui. Moulins n'est pas très loin, il devrait y avoir un vélociste. Mais au fil des kilomètres le voilage de la roue de bouge pas. Je prends le risque de continuer sans réparer. Je me suis remis la tête à l'endroit. Je ne regarde pas la gare de Moulins quand nous passons devant. Je suis de nouveau dans le brevet. Je fais très attention à la route pour éviter les trous, dos d'âne et autre grille d'égout qui jalonnent la route. Le contrôle 7 de Châtel-sur-Neuvre il est 12H43. On pique-nique car Thierry à emporté depuis le départ 500g de jambon soit 20 tranches, énorme !! Je passe un coup de fil à la maison sans rien dire de mon soucis technique. Inutile d'inquiéter mon épouse...

Thierry et moi n'avons pas la même "stratégie" quant au déroulement de la suite du 1000. Je compte le faire d'une traite, alors que Thierry a réservé une chambre au km 690. Il faudrait qu'il y soit vers 20H ce qui semble jouable. Je resterai plus sur la réserve pendant le reste de la journée car je redoute cette seconde nuit. Mais avant ça il faut passer l'après-midi car il fait très chaud. Thierry commence à piquer du nez. A Montord il ne résiste pas à une pelouse ombragée. On s'accorde un gros 1/4 d'heure de sommeil. Je n'arrive pas à dormir, Thierry lui ronfle comme un sonneur. Nous reprenons la route, c'est relativement plat tant mieux. Une bonne averse nous tombe dessus, quel bonheur !! Juste avant Chappes, Thierry sent quelque chose sur son pneu arrière. Merde le pneu est percé (on sait maintenant d'où venait la première crevaison), heureusement il en a un neuf. On répare et on repart ! Arrivée à Cébazat à 18H09, quelques achats dans une épicerie et nous repartons fissa.

Bellegarde-en-MarcheIl nous faut passer la longue montée passant par Durtol. Le pied est assez raide, par la suite ça devient plus raisonnable et régulier. Finalement ça passe bien. Dans la descente j'essaie de ne pas prendre trop de vitesse pour ménager ma roue avant. Nous nous séparons comme prévu à hauteur de Chausselle. Il me reste donc environ 310 km pour rallier l'arrivée. La nuit tombe et les bosses s'enchaînent. Je m'économise un maximum, tout sur le plateau intermédiaire, comme l'an dernier. Je n'avance pas vite mais j'avance. J'arrive à Bellegarde-en-Marche à 23H12.

FursacLe dénivelé commence à être très important. Il y a de sacrées patates !! Je commence à bailler un peu, je prends un gel de caféine. Les routes sont franchement difficiles, j'ai l'impression de grimper sans cesse. Malgré tout j'ai froid, j'enfile le goretex et les gants. Les heures passent plus vite que les kilomètres. Vers 4H je prends un coup de bambou phénoménal. Une envie de dormir terrible, le second gel de caféine ne sert à rien (pris trop tard). Je parviens tout de même à atteindre le contrôle de Saint-Etienne-de-Fursac. A 4H43 je m'allonge sur un banc, je m'endors instantanément. Une bagarre de chats me réveille ! Je n'ai dormi que 15 minutes mais elles furent très profondes.

Levé du jourLe jour ne va pas tarder à se lever une dernière fois sur ce 1000. Il me reste a peu près 160 bornes à faire. Avec ce gros coup de barre, je passe sous la moyenne globale de 20 km/h. Mince j'aurai bien aimé maintenir ce rythme. Je sais qu'il me sera impossible de repasser au-dessus. Il faudrait rouler trop fort, je n'ai plus les jambes pour. Tant pis, j'estime quand même pouvoir faire mieux que l'an dernier. Mais je n'en suis pas encore là. Au menu il reste de bonnes patates (j'en connais quelques-uns qui vont me maudire (une fois de plus)). A noter que le vent est toujours favorable. Le soleil est déjà bien présent, il fait chaud tout de suite. J'ai l'impression d'être en plein coeur d'après-midi. J'enlève une couche, c'est vraiment intenable. J'ai aussi hâte de quitter les routes du Haut Limousin qui sont dans un état déplorable ! A 9H04 je suis à Adriers, dernier contrôle avant la fin. Rien d'ouvert, je fais les fonds de sacoches. Un coup de fil à la maison pour annoncer que le nuit s'est bien passée et prendre des nouvelles.

La fin approcheIl reste 87 kilomètres. Un rapide calcul me donne une heure d'arrivée approximative : 13H30. C'est possible car le dénivelé sera beaucoup moins marqué. Heureusement car les jambes commencent à fatiguer, j'ai déjà été plus vaillant... Sur ce tronçon la palme d'or de la bosse la plus difficile revient à la traversée de Queaux ! Elle m'a fait mal celle-là !! A partir de Gençay je connais la route sur le bout des pneus. Je retrouve un peu plus de jus donc un peu plus efficace. Lusignan et Jazeneuil sont passés. Il ne reste plus que Sanxay et 2 bosses avant d'arriver à Ménigoute. Je passe devant la maison, mais je mets un point d'honneur à aller jusqu'à l'arrêt de car. J'en termine à 13H24, le calcul était bon !!

Très très content de ce 1000, sûrement un de mes plus beaux tracés.

Au final 8 randonneurs seront homologués. Rob venu d'Angleterre à abandonné et Giuseppe venu d'Italie à fini hors délai. Merci à tous pour votre venue.

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