BRM 1000 km Ménigoute - Saison 5

Cette année nous serons 8 (dont une féminine c'est assez rare pour le signaler) à prendre le départ de ce nouveau 1000. Pour la première fois un tandem participe, il est 100% britannique. Les autres participants viennent de Bordeaux, Macon, Mirebeau et Saint-Etienne. Un mélange de randonneurs novices et confirmés. Les anecdotes cyclotouristiques vont bon train jusqu'à l'heure du départ.

 au départ

Il est donc 10H, il ne fait pas trop chaud et le vent est favorable. Je me mets tout de suite dans mon rythme, tant pis si je suis seul. L'important est de rouler juste, à son train sans se soucier des autres. J'aperçois un photographe sur le bord de la route. Sûrement un accompagnateur d'un des participants mais je ne l'ai pas remarqué au départ. Le revoilà un peu plus tard, je lui demande si on se connait, pas de réponse. Il vient ensuite à ma hauteur avec sa voiture. C'est un lecteur assidu du forum qui est venu à notre rencontre, c'est sympa ! A Vouillé je me retrouve seul, tout le monde est devant pas de problème. Sur les grandes lignes droites le vent est contraire, ça ne dure pas. Je suis rejoins après Marigny-Brizay par Henri (alias Albatros sur le forum), suite à une petite erreur de parcours. On tape la causette tranquillement. Il est midi passé la chaleur commence à devenir plus forte. Nous arrivons à Danger-Saint-Romain à 13H17. La serveuse est débordée, j'obtiens mon coup de tampon et le remplissage du bidon. Je n'attends pas pour boire un coup frais, ce sera pour plus tard je ne veux pas m'éterniser ici.

Je repars assez vite je mangerai sur le vélo, Henri se joint à moi. Le vent étant toujours notre allié les paysages et les kilomètres défilent. Pas ou peu de bosse. Nous sommes au coeur de l'après-midi et il fait bien chaud. Quand je pense que demain ça devrait être pire... Nous arrivons à Dame-Marie-les-Bois à 17H28. Un Perrier bien frais et c'est reparti.

Lors de la première journée d'un 1000 j'aime bien rouler un maximum avant la nuit, tout ce qui est pris n'est plus à prendre ! J'ai hâte que le nuit tombe et nous rafraîchisse un peu. Mais il y a encore quelques heures à faire. Nous sommes toujours dans le même tempo, très régulier. Le pointage de Dangeau est fait à 22H10. Nous nous équipons pour la nuit.

Le jour cède sa place à la nuit, on respire enfin ! Nous filons dans la nuit claire, que c'est agréable... Si le besoin s'en fait sentir je dormirai environ 1H30. Il ne faut pas plus pour une première nuit car l'an dernier j'avais dormi 3H, ce qui peut être problèmatique pour atteindre le 600 ème kilomètre dans les délais. Pour le moment ça va, roulons. Depuis le départ le dénivelé est quasi nul, de mémoire pas plus de 1000m pour 300 kilomètres. Avec en plus un vent favorable ce qui permet une bonne avancée. Vers 1H, ça y est l'envie de dormir commence à venir. Au hameau Les Gâtelles nous trouvons un coin tranquille et abrité du vent pour nous poser. Je m'endors rapidement, Henri lui à plus de mal. Le réveil sonne, on remballe tout et en avant. J'ai enfilé mes jambières et mon maillot manches longues. Il ne fait pas très froid mais après 1H30 au chaud dans le duvet le contraste est saisissant. Les jambes répondent bien tant mieux car parfois c'est compliqué comme sur le dernier 600. La fin de nuit se passe sans encombre, nous pointons à Marcilly-sur-Eure à 5H06. Rien d'ouvert on mange dans les sacoches.

Le jour va bientôt se lever, il va falloir être en forme ! Nous trouvons un bar assez rapidement, je ne sais plus où. On repart en court, il fait déjà bon. Je jette un oeil à mon compteur pour les 24 premières heures, nous avons parcouru 425 km. A 10H15 nous sommes à Lyons-la-Forêt qui marque la fin de notre cap au Nord. On fait le plein à la boulangerie. J'en profite aussi pour examiner de plus près à mon système de rechargement du portable car depuis ce matin ça ne fonctionne plus et ça m'agace. En regardant attentivement au niveau du connecteur du moyeu dynamo je m'aperçois qu'un fil est coupé. Je fais une réparation de fortune à l'aide de mon couteau pour dénuder le fil et refaire le branchement. Ouf ça fonctionne de nouveau ! Je suis soulagé de pouvoir être joignable par mon épouse et de pouvoir l'appeler à tout moment.

C'est la canicule, à midi il fait très chaud et les heures les plus chaudes de la journée sont à venir ! Toutes les occasions de se rafraîchir sont bonnes à prendre. Ce n'est pas du temps perdu de s'arrêter souvent, au contraire. A Fréville nous quittons la route initialement imaginée, en effet nous devions prendre la direction du pont de Tancarville. Mais des travaux d'aménagement sont en cours (changement de rive du péage) qui rend la traversée du pont très dangereuse pour les cyclistes. Par mesure de sécurité je modifie le parcours en passant par le pont de Brotonne. Dommage pour Tancarville, mais je l'avais déjà franchi en... 1993 lors d'un tour de France en cyclocamping.
La circulation est dense, la chaleur intense. Je subis la route et les conditions météo, je suis en mode pilote automatique. Pas de plaisir à rouler dans ces moments là ! Après la passage du pont nous entrons dans la forêt domaniale de Brotonne. Un peu d'ombre ne fait pas de mal. J'ai bu énormément, pas de problème pour le ravitaillent avec les cimetières et les épiceries. Au sortir de la forêt le soleil se fracasse sur ma tête, je suis explosé. Henri lui aussi est dans le même état. Ajouter à celà la circulation, c'est dur ! Nous arrivons enfin à Montfort-sur-Risle à 17H20, soit 7H pour 100 bornes. Pointage dans un café, j'avale un Perrier, un coca puis une glace extrême menthe/chocolat. Ca soulage... un petit peu.

De retour dans la fournaise, nous espèrons que le thermomètre va baisser en fin de journée. A Foulbec retour sur le parcours initiale. La circulation est toujours bien présente, l'approche de la côte de va rien arranger. Nous passons Berville-sur-Mer, Honfleur, Villerville. C'est joli. Plus Deauville approche et plus les voitures qui nous doublent sont luxueuses. C'est un environnement qui n'est pas ma tasse de thé, mais les paysages et les battisses valent le coup d'oeil. Arrivée donc à 21H05 après avoir traversé Deauville nous trouvons un bar plus au calme. On boit un coup et on va manger sur un banc à l'ombre des arbres. On prend le temps de reprendre des forces.

Je rabâche mais il fait encore chaud, il est 21H30. Je sue toujours à grosses gouttes. Mais quand va-t-on respirer normalement ? Ma référence niveau brevet chaud était le 1000 de Challans en 2010, où j'avais bien souffert mais pas sur l'ensemble de la randonnée. Là franchement c'est terrible ! La nuit tombe, on enfile nos gilets jaunes. Pas besoin de plus se couvrir vous l'imaginez bien. A la sortie de Méry-Corbon nous trouvons une aire de pique-nique qui sera notre lieu de couchage. Il doit être aux alentours de 1H du mat, le réveil est programmé pour sonner dans 3H. Je n'ai pas eu froid et j'ai très bien dormi. Henri cette fois-ci c'est endormi tout de suite. Comme pour le nuit dernière j'enfile une couche supplémentaire. Les jambes répondent bien. Depuis Deauville le profil est plus accidenté. Nous pointons à Falaise à 5H30, rien d'ouvert.

Le jour s'est levé, le ciel est couvert. Il est même menaçant, l'orage gronde au loin. Nous essuierons quelques gouttes, on en rêvait hier au plus fort de la chaleur. Henri n'arrive pas à se réveiller. A La Forêt-Auvray, un cimetière s'offre à nous. L'occasion de remplir les bidons et faire un brin de toilette. Ce coup de fraîcheur nous fait du bien. Henri me confesse que l'eau de ce cimetière l'a ressuscité !! Ca nous fait rire. Le terrain est vraiment cabossé, les bosses sont rudes avec un revêtement rugueux. C'est 8 bon kilomètres de route gravillonneuse qui nous permettent d'atteindre Villaines-la-Juhel à 11H21. Nous trouvons un coccimarket pour pointer et faire quelques emplettes. Nous prenons aussi le temps de nous restaurer. Surgi tout à coup Didier ! Je suis très surpris je le croyais loin devant. Il nous raconte avoir dormi toute la nuit à l'hôtel. Il repars avant nous.

Nous quittons ce contrôle que je retrouverai en août sur Paris-Brest au km 220 et 1008. Mais je n'y suis pas encore il faut déjà finir ce 1000 ! Petit point sur la chaleur, c'est sûr il fait moins chaud qu'hier. Mais il doit faire facile plus de 30 °C ce qui n'est pas frais, l'après-midi ne sera pas encore de tout repos... A Sillé-le-Guillaume nous prenons la D4 que nous ne quitterons pas avant Sablé-sur-Sarthe. De longues lignes droites en tôles ondulées (très ondulées) avec encore une fois pas mal de circulation. Ensuite jusqu'à Durtal c'est une route que j'ai prise en 2011 en sens inverse pour le premier 1000 Ménigoutais. Nous y sommes à 17H03, pointage dans une supérette. L'avantage des épiceries c'est que c'est moins cher niveau boisson !

Nous repartons mollement, cette étape est longue de 100 kilomètres. Nous décidons de la couper en deux pour bien nous requinquer avant la nuit. Les routes sont redevenues plates, on avance plutôt bien. Le soleil tape encore bien, c'est usant. Nous passons la Loire, on s'arrête juste après à Gennes. L'endroit idéal à l'ombre avec toilettes publiques et point d'eau. Cerise sur le gâteau un camion pizza est stationné. On passe commande, avec la fatigue j'ai du mal à lire la carte. Je vois pizza Kéké, ça me va bien, on prend ça (je sais même pas à quoi elle est) ! 10 minutes plus tard c'est prêt, Henri n'a pas trop faim. 1/4 pour lui, 3/4 pour moi, je m'empiffre ça fait du bien. Y'a plus qu'à digérer tout ça ! Cette pause nous à fait le plus grand bien. Le temps de contourner Doué-la-Fontaine et la nuit nous enveloppe. Contrairement à la nuit dernière, on sent la température baisser un peu. A 00H03 le dernier contrôle avant Ménigoute est atteint, nous sommes a Moutiers-sous-Argenton. A l'entrée nous avons fait le plein des bidons au cimetière, nous sommes tranquille pour finir le brevet.

75 kilomètres à faire, un peu plus valonné mais sans grosses difficultés. Boosté par l'arrivée proche je n'ai pas envie de dormir, Henri non plus. Nous passons Airvault, le ciel s'assombri nettement. Comme ce matin l'orage gronde. Nous y allons droit dessus, va-t-on finir trempé comme des soupes ? Pour l'instant ça passe mais nous avons un gros coup de barre juste avant Lhoumois. On s'allonge 10 minutes sur le bord de la route. Je me réveille en sursaut, je réveille Henri qui était bien endormi. Par contre mon kyste poplité (contracté en fin d'année dernière) me rappelle à son bon souvenir. Il est dure, j'ai l'impression qu'il va éclater. Pas de douleur mais de la gène. Il reste une trentaine de kilomètres, la pluie se met à tomber. J'enfile mon goretex. Ca ne dure pas longtemps, tant mieux. Les kilomètres s'égrainent gentillement. La Ferrière-en-Parthenay, Saint-Martin-du-Fouilloux et Vausseroux sont derrière nous. Dernière ligne droite, nous arrivons à 5H23.

Mes sensations ont été bonnes durant tout le brevet malgré cette forte chaleur que j'ai bien encaissé finalement. Je me suis surpris d'avoir aussi bien géré les phases de nuit qui ne sont pas mon fort d'habitude. Bilan très positif pour moi.
Je n'oublie pas que tout ceci ne serait pas possible sans le soutient et la compréhension de mon épouse et de toute ma petite famille.

La saison des BRM de Ménigoute est donc terminé. Une bonne participation avec 95 randonneurs pour 88 homologations.

Maintenant place au Paris-Brest-Paris avec le numéro de plaque G012 pour le départ de 17H30.

Le diaporama

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