TriRhéna 2017

J'ai découvert le TriRhéna en 2014 en suivant cette épopée via son site dédié et les réseaux sociaux. Quelle aventure ! Et si moi aussi je participais à cette folle aventure...
Je n'ai à mon actif qu'une Super Randonnée, il me fallait donc au moins une autre "épreuve" montagneuse pour voir si je pouvais m'aligner sur TriRhéna. En 2016 je m'attaque au Douze Cents, je le termine dans de bonnes conditions. Ma décision est prise (elle l'était déjà en fait), je m'inscris !!
En guise de préparation je me contente de réaliser mes BRM et une Flèche Vélocio. N'ayant pas la possibilité de faire de la montagne, je me contente de rouler (beaucoup) près de chez moi.

Patatoes PartyNous sommes fin juillet, le 30 exactement. Pour me rendre en Alsace j'ai choisi l'option du car pour des raisons budgétaires tout simplement. Je vais à Poitiers en vélo avec tout mon barda, 10 kg sur le dos. Heureusement j'ai un fort vent dans le dos. Mon car arrive à l'heure prévue. Le voyage est un peu stressant, j'ai une correspondance à Paris et nous avons pris du retard. Mais bon, tant bien que mal tout se passe bien. Arrivée à Mulhouse à 6H40 le lendemain matin. Après l'installation à l'hôtel du Roi Soleil (très sympathique accueil) je fais une sortie jusqu'au Grand Ballon. Il faut bien que je teste mes petits plateaux !!!
Le second jour je fais également une petite sortie passant par le col d'Hunsbruck. En fin de journée l'organisation a mis en place une petite permanence pour récupérer le sac cadeaux et les documents de départ. J'avais mis un message sur le forum et Facebook pour une patatoes party. Nous sommes une dizaine au rendez-vous à la Pataterie. Soirée très sympa !!

Jour J, nous y sommes. Un p'tit dèj nous attend au club house du CCK (Cyclo Club Kingersheim). Il y a aussi la possibilité de déposer 4 sacs qui seront acheminés tout le long du parcours (environ tous les 200 bornes). A 7H30 Pascal (dit Bridou) nous fait le briefing d'avant brevet. Les 35 randonneurs n'attendent plus que le départ soit donné...

Stoppé par un train :D8H c'est parti, pendant une quinzaine de kilomètres nous sommes groupés derrière 3 membres du CCK qui nous ouvrent la route. Une fois la neutralisation terminée les fauves sont lâchés !! Ca part assez vite comme d'habitude je dirais. Sûrement une part de stress ou je ne sais quoi en fait... J'ai de bonnes (voir très bonnes) jambes, et les kilomètres filent. Je me retrouve je ne sais pas trop comment dans le groupe de tête. Pas longtemps car les mecs sont méga costauds et je ne veux surtout pas me cramer. Il y aura assez de difficultés pour me casser les jambes. Une fois entré en Suisse je me retrouve seul à mon rythme. Le premier col est en vue, je le monte tranquille. J'aperçois un gars au loin et je reviens sur lui c'est Urbain, nous franchissons le col de Montvoie ensemble. Il commence déjà à faire chaud mais un petit vent de face nous ventile. Je bois beaucoup mais je me demande après coup si finalement ce vent n'a pas faussé ma perception d'une éventuelle déshydratation. Bref je fais à la sensation. Je roule un bon moment avec Régis, très sympathique et très facile le bonhomme ! Nous pointons au premier contrôle de Trévilliers à 11H56. Remplissage des poches, je me rends compte que je n'ai pas forcément assez pris de bouffe pour ce premier tronçon de 200 kilomètres. J'ai voulu rouler léger grâce au drop bag, mais j'ai sans doute fait une erreur.

Antenne du ChasseralJe repars avec Régis. Dans la route des Singes, je le vois prendre de l'avance. Je suis de nouveau seul. Je passe le Mont Soleil qui porte bien son nom car maintenant ça cogne dur ! Allez direction le Chasseral. Je merdouille un peu dans Saint-Imier, j'ai failli me rendre à Châtelat sans monter à l'antenne... Je me remets dans le bon sens. Je commence à avoir des crampes assez fortes, putain je n'ai jamais eu ça !! J'attaque la partie en plein cagnard, je transpire énormément et les crampes vont et viennent. Pascal me croise dans la descente, il avance le bougre. Durant toute l'ascension je compte 11 gars devant moi. J'arrive au col du Chasseral mais il faut encore se hisser jusqu'à l'antenne. J'y suis à 15H44 (contrôle 2), il m'a fallut environ 4H pour faire 60 bornes. Le paysage sommitale est splendide ça vaut le coût d'en chier un peu...

Contrôle/Ravito CCKLa descente me fait du bien, je vois à mon tour les randonneurs un peu plus attardés grimper à leur tour ce fameux Chasseral. De retour à Saint-Imier c'est la fournaise, j'ai rarement eu aussi chaud. Dans ma mémoire les 34 kilomètres me séparant du contrôle/ravito du CCK ne sont pas trop terribles. Mais je n'ai plus rien à bouffer ni à boire. Je suis surpris par le Mont-Crosin qui est très raide. Je suis au ralenti, j'en chie vraiment. Le réservoir est vide, mes muscles puisent dans la graisse qui n'est pas le carburant le plus performant ! Avant le sommet je vois des gens dans un chalet. Je tente le coup de quémander un peu d'eau. Je pense que je fais pitié et sans problème une gentille dame me fait le plein. Elle me propose même une bière, mais je lui demande plutôt un soda. Pas de problème je prends place autour de la table avec sa famille. Très sympa ces suisses. Soda et petits gâteaux secs me sont offert. Je fini par m'enfiler une bière avant de repartir. Que ça fait du bien !! Je les remercie vivement, un moment inoubliable... Le Mont-Crosin est derrière moi, je file sur Châtelat ou Gilles et Vanessa tiennent le poste CCK. J'y arrive carbonisé à 17H50. L'accueil est à la hauteur de la difficulté du parcours. Je prends le temps de boire et manger. Je récupère aussi mon drop bag. Je suis contrarié car je n'arrive pas à contacter mon épouse et je n'aime pas ça. Gentiment Vanessa lui envoie un mail.

Les fontaines...Après ce bon arrêt je repars en compagnie de Florian, Jacques, Marc (cyclosportissimo) et Patrick (CCK). Une bonne trentaine de kilomètres faciles permettent de me refaire une petite santé, la chaleur est toujours bien présente. Nous éclusons les fontaines. Les difficultés reprennent du service, je transpire énormément. Je monte à mon rythme tout à gauche, comme à chaque grimpette depuis le gros coup de chaud de l'aprèm. Le Scheltenpass (dommage pas de panneau au sommet) est franchi avant la nuit. C'est tant mieux car lors du briefing Pascal nous avait signalé la descente comme dangereuse. Finalement c'est bien passé, le bitume était même refait à certains endroits. On enchaîne ensuite le Passwang. Il fait nuit pendant l'ascension. Nous passons juste avant que la route ne soit bloquée par des travaux (réfection du bitume). Je me dis que pour les suivants ça va être chaud pour passer ! J'arrive au sommet à 21H50, c'est le contrôle 5.

HombourgDans la longue descente je perds mes camarades, je ne les reverrais plus. Mon rythme n'est pas élevé, j'ai du mal à récupérer de cette première journée. Je bois beaucoup mais les arrêts pipi sont quasiment nul. Je dois être fortement déshydraté. Même s'il fait nettement moins chaud qu'au plus fort de l'après-midi, ce début de soirée n'est pas froid loin de là... Et les bosses plus ou moins fortes me gardent éveillé. Retour en France vers minuit, j'en profite pour appeler mon épouse et la rassurer. Je suis soulagé et content d'avoir pu lui parler un moment. La route est bien plane maintenant, je suis dans la vallée du Rhin. Un bruit anormal se fait entendre du coté de mon pédalier. Je m'arrête pour regarder vite fait si rien n'est coincé. Je ne vois rien, je repars. Ce bruit apparaît puis disparaît comme il est venu. C'est chiant mais bon ça à l'air d'aller. Je prends une photo de Hombourg à 2H54, contrôle 6.

Mon vélo n'avance plus ou c'est moi ? Le profil est toujours plat mais le coup de pédale n'est pas foudroyant. J'avance c'est le principal. Je me fais toujours cette réflexion quand je ne suis pas au mieux. Mon pédalier fait de plus en plus de bruit. Je vois un panneau "Mulhouse 19 km", putain j'hésite ! Je bâche ou je poursuis mon aventure ? Je m'arrête une nouvelle fois pour contrôler que mon pédalier n'a pas de jeu. Aller je continue ! J'entre pour la première fois de ma vie en Allemagne. Toute le traversée de Mulheim se fait par des voies cyclables c'est vraiment bien aménagé. Des éclairs déchirent le ciel, je crois que je vais m'en prendre une bonne !! Finalement quelques gouttes sans plus. Un gars du TriRhéna me rejoint, incapable de vous dire qui. On échange quelques mots, je pense qu'il est allemand. Je vois son feu arrière un bon moment. Ca monte dure, la vache. Le sommeil me prend, je m'arrête 30 minutes sur le bas coté (je ne me souviens plus vers quelle heure). C'est fini le repos, normal sur un TriRhéna ce n'est pas une surprise ! J'attends avec impatience le ravito 2 du CCK, mais il va falloir pédaler un bon nombre d'heures avant d'y parvenir. Malgré ma faible vitesse je suis toujours dans le timing imaginé. J'avais tout simplement calé mes temps de passages avec la moyenne faite sur le Douze Cents, ce qui me permet d'avoir une marge sur les délais d'un BRM. J'ai un second coup de sommeil qui me prend. Nouvel arrêt bas-côté d'une demi-heure (je ne mets pas le réveil), c'est mon corps qui gère. Le jour se lève enfin. J'ai réussi à bien m'alimenter durant la nuit, de meilleurs sensations devraient revenir. Je ne m'inquiète pas trop, j'espère juste que le chaleur ne sera pas aussi intense qu'hier. Et le jour avançant ça commence à aller mieux. J'arrive à Atzenbach, au pied de Pffafenberg dernière grosse difficulté avant le ravito. La pente est assez costaud. D'un coup mon pédalier se rappelle à mon souvenir. Un bruit de féraille couinant sort de mon boitier. Putain ça fait chier ! Je sens que mon pédalier ne tourne plus rond. Je ne veux pas m'arrêter dans la pente, j'irai jusqu'au contrôle 7 (Pffafenberg). Je sais que mon périple va s'arrêter là... J'ai les boules, attendre 3 ans, bien se préparer pour finir comme ça... Je prends quand même la photo au sommet, il est 8H14. Je vérifie mon pédalier, il a prit du jeu, c'est fini...

Je fais demi-tour car il y a une autre bosse à passer et je ne veux pas aggraver l'état de mon vélo. Descente donc sur Atzenbach pour rallier le ravito par la B317, une route plate. Je fais part de mon abandon à l'équipe du CCK placé à Schönau Im Schwarzwald. Ils me ramèneront à Kingsheim en début d'après-midi. Nous ne verrons passer au ravito qu'un Espagnol. Apparemment il y a beaucoup d'abandon depuis hier...

Beaucoup de frustration de finir comme ça, c'est la vie. J'aurai au moins l'occasion de voir arriver les premiers finishers, ils m'impressionnent beaucoup !!!

Un grand merci à toute l'organisation du CCK qui est exceptionnelle ! Il n'y a pas d'équivalent sur les autres randonnées. Ce club est tout simplement incroyable. Mobiliser tant de bénévoles sur le lieu de départ/arrivée et sur tout le parcours est un tour de force. J'avoue que c'est cette ambiance qui m'avait donné l'envie de venir en Alsace.

Je n'oublie pas non plus de remercier mon épouse qui pendant que je pédale pour le plaisir, stresse pas mal pour moi. En plus je n'étais pas toujours joignable (surtout en Suisse), ajoutez à cela le transport en car qui était compliqué avec cet abandon. Donc semaine très compliquée pour elle... Pas facile le vie de cyclo, encore plus difficile pour l'épouse du cyclo !!

Rendez-vous est pris pour 2018 !

Quelques liens photos du CCK :
https://1drv.ms/f/s!Ahs5gnTRqZxYi2zkUEVNEzU3A1it
https://1drv.ms/f/s!Ahs5gnTRqZxYikCV5e4OVvRw8iFV
https://1drv.ms/f/s!Ahs5gnTRqZxYij5wArE8PnY-3K_Z
https://1drv.ms/f/s!Ahs5gnTRqZxYijQsaeQytZZ1Gsri
https://1drv.ms/u/s!Ahs5gnTRqZxYjg8Tdm3_Zi2oxWmo

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