Tour de Charente-Maritime

"C'était bien quand tu faisais les tours de département". Voilà ce que me lance mon épouse au détour d'une conversation. Ouais c'est vrai, mais depuis que j'organise des BRM le temps manque pour tout faire ! Nous sommes quelques semaines après Paris-Brest-Paris, et l'idée de compléter la région Poitou-Charentes avec le dernier département manquant me titille fortement. Je trace le circuit et c'est parti, enfin presque. J'hésite entre tout faire à vélo ou me rendre au point de départ par le train. Mais bon je tranche assez vite, le tour fait déjà 500 km, ça me suffit largement. Quant aux horaires de train, je choisis de partir le vendredi soir pour un retour le dimanche matin. C'est le bon compromis pour ne pas "cramer" tout un week-end avec le vélo et profiter du dimanche à la maison.

La carte interactive.

Je décolle à 21H30 pour me rendre à la gare de Saint-Maixent-l'Ecole distante de 17 km. Mon train arrive à 22H44, c'est dire si j'ai le temps. Mais je n'aime pas être à la bourre et un incident peut arriver sur la route. 45 minutes plus tard je suis arrivé, une bonne demi-heure à poireauter. Je suis seul sur le quai quand mon train entre en gare. C'est un TER, j'aperçois le pictogramme indiquant la voiture où les vélos sont acceptés. Une quarantaine de minutes plus tard je débarque à Surgères, là encore je suis le seul à descendre.

Mon tour commence il est environ 23H30. Il ne fait pas froid mais j'enfile tout de même le goretex, je laisse dans les sacoches gants et bonnet. Je tourne dans le sens anti-horaire. Je monte à l'extrême sud du département puis changement de cap plein ouest. Ensuite descente pour rejoindre La Rochelle. Cette première portion est très plate, le vent faible me sera favorable dès que longerais la côte. C'est une nuit très agréable, un ciel clair avec la pleine lune qui éclaire bien. Je roule tranquille en appréciant de petites routes désertes. Même si je ne profite pas du paysage, je le connais bien, y étant passé à plusieurs reprises. Donc pas de regrets, de toute façon les parties nocturnes sont inévitables lors des longues distances. Tiens en parlant de souvenir je passe à Esnandes. J'y étais venu une première fois en 2010 avec ma fille en cyclo-camping. De loin mon meilleur souvenir à vélo. Nous y étions revenu l'année suivante avec Nicolas, là aussi de très bons moments... Il est 3H quand j'entre dans La Rochelle, plus de 70 km ont été parcouru.

Avant RoyanLa traversée de La Rochelle est pénible. Ajouté à celà le slalom entre les mecs déchirés par l'alcool, vivement que je sorte de là. Direction Rochefort et son pont qui enjambe la Charente, c'est la première fois que je le passe à vélo. Je file sur Marennes et me dirige sur le pont de la Seudre pour rejoindre Ronce-les-Bains. Là aussi le premier passage sur ce pont. J'emprunte la route de la Forêt de la Coubre qui mène à Royan. Une bonne succession de côtes me permet de me mettre un peu en danseuse. Je jour se lève doucement, je n'ai pas eu envie de dormir. C'est une des meilleures nuits passées sur un vélo ! Bonnes sensations, météo agréable, peu de circulation, le top ! J'arrive à Royan vers 9H, presque 180 km au compteur.

Petit NiortLe soleil donne déjà, j'enlève une couche. La circulation est encore calme à cette heure. Je prends beaucoup de plaisir à rouler. Je suis sur la Route verte, l'itinéraire touristique reliant Royan à Bordeaux (suivre Bordeaux par la côte). Le profil devient plus vallonné, je vais passer ma journée au cour des vignobles où sont produits le Cognac et le Pineau. Je fais très peu d'arrêts, la forme est vraiment bonne. Tout roule, enfin presque. Le vent à tourné un peu il est assez fort presque trois quart face. Je sais que je l'aurai pleine face dans peu de temps et jusqu'au bout du périple. Et justement j'arrive au point le plus au sud du département, La Guirande. Il est 15H et la moitié du parcours est faite, il reste 210 km à pédaler.

RouteComme je le disais plus haut le vent est de face. J'attaque en plus le secteur le plus accidenté. Mais le moral est au beau fixe, les jambes tournent toujours aussi bien. Je fais le plein d'eau au lieu-dit Martron où une dame m'a indiquée un robinet tout proche. Il faut aussi que je trouve une épicerie pour boire un coup de sucré. J'ai décidé de boycotter les bars où le coca est hors de prix ! C'est à Chevanceaux que je trouve mon bonheur dans le Coop local. Deux cocas et un Perrier (chaque bouteille fait 50 cl), je m'en tire pour 3 €. Je m'enfile le premier coca et garde le reste pour la nuit. Après Archiac je m'engage sur la D700, la circulation est importante en cette fin de journée. Vers 20H j'arrive à Pérignac, il me reste 120 km pour rallier Surgères.

Nous sommes en septembre la nuit tombe rapidement. La dernière fois que j'ai dormi c'était dans la nuit du jeudi au vendredi. Plus ma journée de boulot et un "peu" de vélo, je sens que la nuit va être compliquée. Pourtant avant que le soleil ne se couche aucun signe avant coureur. Mais dès qu'il fait bien sombre l'envie de dormir est instantanée ! A 22H je trouve un chemin bordant des vignes. J''installe le bivouac, sac de couchage et bache. Je règle le réveil pour 23H30. Je ne suis pas bien protégé du vent et ma "nuit" est bien perturbé. Ca sonne, je décolle assez vite. Moins de 100 km sont à parcourir, le profil est plat jusqu'à l'arrivée et le vent est toujours présent. Cette heure trente de sommeil n'a pas complètement rechargé mes batteries. Je m'arrête souvent pour fermer les yeux, et à chaque fois je me refroidis un peu plus. J'enfile mon blouson, heureusement que j'emporte tout le nécessaire à chaque fois ! Niveau bouffe tout est avalé, je suis à sec juste avant la fin. Quel contraste avec la nuit dernière où tout était facile, là les kilomètres ne défilent pas aussi régulièrement que les heures. Les marathoniens ont leurs mur du 35ème, moi j'ai mon mur du sommeil. C'est terrible quand on le prend en pleine gueule. Je suis en train de me dire que je vais arriver en retard à la gare (mon train arrive à 8H54, y'a de la marge) si je continue à rouler à ce rythme. Je plafonne à 14 km/h en vitesse de pointe ! Allez moins de 20 km à faire, fini les sauts de puce, mes yeux restent ouvert. J'arrive à Surgères à 6H30 environ.

Épilogue

La gare est fermée, je patiente 1H en m'abritant du vent. J'ai vu à l'intérieur une machine à boissons chaudes, un chocolat me fera le plus grand bien. Ca y est ça ouvre, la machine est hors-service, je suis bien blasé sur le coup !
Le retour en train se passe sans problème, pas de vélo à bord. Je suis à Saint-Maixent-l'Ecole à 10H30. Un bon décrassage de 17 km en passant la bosse d'Exireuil, ça pique un peu mais ça va. Après 1H04 de route j'arrive à la maison, fin du week-end vélo.

Bilan

Ayant fini toute ma nourriture je sais exactement ce que j'ai avalé pour faire les 500 km :
12 barres de céréales
10 mini cakes
6 dosettes de lait concentré
1 salade de pâtes (300 g)
7 sandwichs (composé de 2 tranches de pain de mie, 1 tranche de jambon et 1 tranche de fromage)
Il faut ajouter 1 litre de coca pour avoir toutes les calories absorbées.

J'ai plus roulé de nuit que de jour : 18H de nuit contre 13H de jour.

Diaporama

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