Super Randonnée Léman Dément

DépartJ'arrive à Annecy (avec ma fille qui va rester seule comme une grande en vacances dans la famille) le dimanche 8, juste après l'étape du Tour Annecy - Grand-Bornand. Je vérifie que le voyage en train n'a pas endommagé mon vélo.

Lendemain matin, réveil à 5H15. Un bon p'tit dèj et j'enfourche mon vélo à 5H50. Je dois donc rejoindre le point de départ situé à Bellegarde-sur-Valserine distant d'environ 40 km. J'emprunte la D1508 qui à cette heure matinale n'est pas très fréquentée. Il me faudra moins de 2H pour faire la route. Un coup de fil à mon épouse, la photo de départ prise, le super randonnée peut enfin commencer !

MijouxMon heure officielle de départ est à 7H50 le 9 juillet. Le premier contrôle n'est distant que de 36 km mais n'oublions pas que c'est un brevet montagnard et qu'il faut faire preuve de patience et que la gestion des efforts est primordiale pour venir à bout de toutes ces difficultés. C'est donc très prudement que j'engage ma partie de manivelle solo. Cette portion reste tout de même très douce. Ca monte gentiment je dirais. Il fait très beau et je sens que le chaleur accentuera la fatigue. J'arrive sans peine à Mijoux, il est 9H38.



C3Je suis dans un bon rythme et inutile de forcer outre mesure, j'ai le temps par rapport au délai. 15 petits kilomètres me séparent de la frontière Suisse. A 5 kilomètres de celle-ci j'appelle de nouveau mon épouse car je ne pourrais plus communiquer avec elle avant le lendemain. J'envoie aussi un SMS à la famille pour les prévenir. Me voici en Suisse. Le dernière fois c'était lors du TriRhéna l'an dernier, là aussi il faisait déjà très chaud. Les pentes sont un peu plus prononcées mais je mouline tranquille, je n'ai pas l'impression de forcer. Soit j'ai de très bonnes jambes, soit le début de cette Super Randonnée est "facile". Le carrefour "Les Pralets / La Bassine" est déjà là. Ce sont les 80 premiers kilomètres et il n'est pas encore midi (11H51).

Mont la VilleLa route est très agréable. Quelques vaches me bloquent le passage mais ne m'empèchent pas de passer le col de Marchairuz. Les bidons se vident très vite, heureusement il y a des fontaines partout. Je perds de l'altitude et la chaleur devient encore plus forte. A 13H21 j'atteins Mont-la-Ville.

Je suis vraiment très étonné de ne pas avoir plus de dénivelé que ça. Et je descends encore, la chaleur est étouffante. Il y a aussi du vent de coté qui ne rafraichit rien. Le passage à Froideville me fait rire jaune... Mais quand va commencer cette Super Randonnée ? Je pense que la suite va être très dense car 13000 m de dénivelé sont annoncés. Il va falloir les gravir a un moment !! Je suis à l'entrée du zoo de Servions à 15H24.

SonchauxLes paysages sont superbes, j'en prends plein les yeux. Les vues sur le Léman sont magiques. J'essaie de me situer par rapport à lui. Suis-je vers le milieu, vers le bout ? Les pentes sont plus nombreuses, avec de bon coup de cul. La Super Randonnée commence !?! Au col de Sonloup (km190) je suis déjà au 6ème contrôle, il est 17H35.

Il faut ensuite descendre sur Gion pour mieux remonter sur Caux, belle montée !! Puis poursuivre sur Sonchaux. Il n'y avait que 15 km, j'y suis à 18H48.

Pas de MorginsEn 8 petits kilomètres je passe de 1200m à 400m !!! C'est la fournaise en bas. Ca me coupe littéralement les jambes. La vingtaine de kilomètres de piste cyclable longeant le Rhône, sont un calvaire. Une fois que Monthey est passé la route remonte enfin. J'ai hâte de reprendre de l'altitude et pouvoir respirer de nouveau. Je fais ma première vraie pause de la journée. Un bon casse-croûte et le plein des bidons fait je reprends ma route. Direction la France via Morgins. La pente est régulière, je passe le Pas de Morgins à 22H45.

Col de la RamazL'envie de dormir me prend, j'ai énormément d'avance sur mon plan de route. Je décide de dormir 3 bonnes heures. Je trouve un coin tranquille vers La-Chapelle-d'Abondance. De 23H15 à 2H15 environ, j'essaie de dormir mais j'ai froid (je suis à 1000m d'altitude). Je suis très souvent réveillé, compliqué cet arrêt. Je repars complètement frigorifié. Quelle amplitude par rapport aux chaleurs de la journée, c'est dur physiquement. La montée du col du Corbier me réchauffe un peu. Mais la descente me glace de nouveau. Rebelotte dans le col de l'Encrenaz, sommet franchit à 5H51.

Le jour s'est levé, pas un nuage. Je redoute déjà cette seconde journée de chaleur, même si je l'avoue j'ai hâte d'être réchauffé. Allez, 6 kilomètres de descente et 7 de montée pour atteindre le col de la Ramaz (le toit de cette Super Randonnée). Il me faut 1H39 pour en venir à bout, pas facile ce col. Pointage photo à 6H30.

Col de la ColombièreDe nouveau les 14 kilomètres de descente me gèlent. Je m'arrête à Mieussy. Boulangerie et coup de fil à la maison. Les passants sont en t-shirt, moi j'ai mon bonnet, mes gants, mon coupe vent et biensûr mes jambières. C'est reparti, je suis dans la vallée et petit à petit mon corps se réchauffe. Au pied du col de la Colombière, j'enlève mes habits d'hiver. Jusqu'au Reposoir la pente est régulière (sauf les premiers kilomètres). La suite du col est bien plus difficile. Je le connais bien ayant vécu à Annecy plus de trente ans, je l'ai arpenté quelques fois. Arrivé au sommet je ne trouve pas le panneau du col, disparu !! Je prend une photo du bar/restaurant à 9H56.

Col des GlièresCette-fois la fraîcheur apportée par la descente me fait du bien. Le bitume est parfait, le Tour de France passant dans une semaine améliore les choses. Je "fonce" donc sur le Grand-Bornand et Entremont. Je remplis les bidons avant d'attaquer La difficulté de la randonnée : le col des Glières. Je ne l'ai jamais grimpé par ce coté, mais plusieurs fois depuis Thorens-Glières. Se dressent devant moi 10 km, pas un à moins de 10% de moyenne !! Là aussi un goudron parfait. Comme prévu c'est difficile, je sue à grosses gouttes. Les kilomètres durent une éternité. 10, 11, 12 % de moyenne, putain c'est dur ! Le panneau du dernier kilomètre m'achève : 13 % !! Je me bats encore quelques mètres et j'abdique... Je n'avais pas mis pied à terre depuis des années, mes premiers cols quand j'étais jeune ! Je finis donc en marchant. Je le redoutais, il ne m'a pas déçu ce col. Je remonte en selle pour rejoindre le plateau des Glières par un chemin non goudronné mais parfaitement roulable. Contrôle à 12H13.

Col des PitonsJe n'en ai pas fini avec ce col car la descente met à mal mes "talents" (que ceux qui me connaissent ne rigolent pas) de descendeur car c'est raide et technique... que du bonheur pour moi !! A Thorens-Glières je m'achète un casse-croûte digne de ce nom. Je me pose à l'ombre d'un arbre et je prends le temps de bien récupérer. Je passe le col des Fleuries tranquillement. La route est vallonnée sans plus mais il fait chaud en ce début d'après-midi. Malgré le fait que l'altitude reste aux alentours de 800/900 m. Ca remonte bien jusqu'au col des Pitons, 13ème contrôle (15H51).

Col du ClergeonAprès ce col ça descent (quelle Lapalissade !!), le problème c'est qu'au plus bas l'altitude est de 300m !! La chaleur est bien pire qu'hier, c'est accablant ! Comme hier en fin de journée je prends un gros coup de bambou ! Pour la petite histoire je devais enchainer une autre Super Randonnée (Dauphiné Gratiné), mais au vu des conditions climatiques je renonce. Dommage car je suis en bonne (voir très bonne) forme. J'annonce donc à mon épouse et à ma famille, qu'à l'issue de cette randonnée je reviens sur Annecy. Il faut savoir renoncer pour ne pas se mettre en danger ! Je gère tant bien que mal cette fin de journée avant de monter le col de Clergeon (assez raide). Il est 20H06 et 500 km dans les jambes.

Col du Grand ColombierTiens j'aperçois un "gros caillou", ne serais-ce pas le Grand Colombier ? Je l'avais mis en deuxième dans les difficultés du parcours. La descente effectuée, c'est plat jusqu'à Culoz. Peu de monde car Les Bleus affrontent la Belgique en demi-finale de la coupe de monde. Mon épouse me tient au courant en SMS. Et moi pendant ce temps-là je me bats contre mon caillou. J'ai les jambes en coton, la chaleur a fait des ravages. Cà monte fort, la première heure je reste sur le vélo. La suite sera moins glorieuse car je vais alterner vélo et marche dès que le pente est trop forte. Inutile d'insister et mettre sa fierté dans sa poche. Je n'ai plus qu'un objectif, atteindre le sommet. Je suis seul dans la nuit a lutter mètre après mètre. J'ai de bonnes chaussures tant mieux ! Je ne saurais quantifier la distance à pousser le vélo. Je pense que c'était la bonne option pour ne pas totalement me carboniser. Car finalement, certe j'ai poussé mais je ne me suis jamais arrêté. J'ai mis un peu moins de 3H30 pour faire 31 km. Je suis heureux de voir ce panneau du col du Grand Colombier. Il est 23H22, les Bleus ont gagnés, moi aussi (seule une vache m'a vu, elle se baladait en plein milieux de la route. Même pas un meuglement d'admiration. Elle ne connait rien au sport celle-là !)... Je m'habille comme la nuit précédente car ça caille.

Col de CuvillatIl ne me reste plus qu'un contrôle avant l'arrivée. Avant le sommet j'avais pris un gel de caféïne pour garder les idées claires lors de la descente. Elle se passe bien. J'efface le col de le Lèbe facilement. J'ai ensuite envie de dormir. Je trouve un arrêt de car "style chalet ", je ne me pose pas de question. Je m'arrête une bonne heure (de 2H à 3H environ). Je "dors" plus ou moins, car le froid me secoue régulièrement. La reprise est difficile, j'ai froid. J'ai faim, mes barres prennent une bonne claque. Le col de Cuvillat me surprend, je le croyais moins corsé. Il est 4H18.

ArrivéeIl reste 32 km et un col avant d'en terminer et dans une bonne heure il fera jour. Tous les voyants sont au vert, je savoure. Le col de Cuvéry ne se laisse pas faire !! 13 kilomètres de descente pour rallier l'arrivée. Je reste vigilant jusqu'au bout et j'arrive à Bellegarde-sur-Valserine à 6H26 le 11 juillet (46H36). Il ne me reste plus qu'à retourner à Annecy par la même route qu'à l'aller.

Bilan de cette Super Randonnée : un parcours vraiment magnifique, je l'ai plus apprécié que le celle de Haute-Provence. Peut-être parce que j'étais plus en forme. Lancez-vous vous ne serez pas déçu !! En plus les délais sont plus accessible avec 60H pour boucler la boucle.

Le diaporama

sans nom