Super Randonnée de Haute-Provence

Depuis la création de ce nouveau brevet en 2009, j'ai toujours eu l'envie de le tenter. J'ai lu tous les récits, vu les photos, analysé le parcours, bref j'ai rêvé... L'échec sur le Douze Cents l'an dernier m'a fait un bien fou finalement. Je me suis remis en question en allant de l'avant pour repartir sur de bonnes bases.
En début d'année je vois que d'autres Super Randonnée sont crées dans les Pyrénées, pour des raisons logistiques je porte mon choix sur l'Ours Cathare pour le mois d'août. Le Ventoux ne sera pas encore pour moi cette année... Mais durant la saison de BRM Ménigoutais et notamment sur le 400 j'en discute avec Didier, lui aussi veut faire une Super Randonnée. Ayant déjà pas mal de kilomètres roulés ensemble, nous nous laissons jusqu'à la fin juin pour voir si une date peut nous convenir. Cerise sur le gâteau Didier avait porté son choix sur celle de Haute-Provence... tiens le Ventoux se rapproche !
Nous sommes début juillet je viens de terminer la saison BRM. Une date est fixée, le week-end du 07 et 08 septembre, mon cadeau d'anniversaire (je suis du 06). J'entreprends une préparation montagne dans la Gâtine ! J'avais déjà commencé pour préparer le 1000 passant Carcèspar l'Aspin. Au cours des mois de juillet et d'août la motivation est maximum (il vaut mieux) et j'ai une forme excellente (le deux vont de paire je crois). J'avale tout ce que je peux en bosses près de la maison. Septembre est là, je suis prêt.

Après une longue journée de voiture nous arrivons à Carcès sous une pluie battante, un signe ? Le week-end ne sera pas le plus ensoleillé de l'année, pas le choix de toute façon il faudra faire avec. Le soir au restau nous mangeons un bon plat de spaghetti au basilic arrosé d'une bonne bière. Nous nous couchons tôt, les deux jours ne vont pas être de tout repos...

Il est 5H, nous nous préparons tranquillement. Un petit départ fictif pour nous rendre de l'hôtel au panneau de sortie de Carcès nous permet de voir si tout est ok. La photo est prise à 5H52 précise c'est l'heure officielle de notre Super Randonnée. Un épais brouillard nous enveloppe, dire que nous venions aussi chercher le beau temps en Provence... c'est pas gagné. A peine quelques hectomètres parcourus et je passe déjà le second plateau, il ne faut surtout pas se cramer dans la première étape. Nous croisons des participants du 1000 du Sud, ils n'ont pas l'air d'une grande fraîcheur, c'est bien compréhensible ! Passé Cotignac le brouillard devient moins dense, il s'évanouira juste avant le lever du jour. J'ai de très bonnes sensations, il vaut mieux. A 7H54 nous passons le premier col Source de Vaumaledu brevet, le col de la Bigue (785m). Le soleil est présent nous pouvons profiter des paysages et des senteurs de ce beau coin de France. Le second col est atteint une heure après (8H57), il s'agit du col d'Illoire (967m). Les pentes sont douces et régulières, la mise en jambe est parfaite. A 9H17 nous sommes à la source de Vaumale (1180 m), premier contrôle. Il nous a fallu 3H25 pour parcourir les 47 premiers kilomètres soit une moyenne de 13.8 km/h. Nous avons 30' d'avance sur le délai maximum qui est basé sur 12 km/h. Ce brevet est aussi un jeu de patience, il faut faire abstraction de nos habituelles références horaires car vu les difficultés du parcours vouloir gagner du temps coute que coute mènerai à l'échec assuré. Nous gagnerons du temps lentement au fil des kilomètres. La clé du succès se trouve dans la gestion des arrêts.

Route des CrêtesS'en suit une belle descente de 10 bon kilomètres, ça fait du bien. Une petite montée nous mène au Tunnel du Fayet. Le décor des Gorges du Verdon dans le lequel nous progressons est superbe. Sur le pont de Soleil est proposé du saut à l'élastique, très peu pour moi qui ai le vertige. A 12H07 la route des Crêtes de dresse devant nous, première grosse difficulté de la journée. La pente est forte et le revêtement ne rend pas très bien. Il nous faudra 47' pour venir à bout de cette difficile ascension avec de sévères pourcentages. Nous trouvons le panneau situé à 1285 m d'altitude qui fait office de contrôle. Nous avons 1H46' d'avance sur le délai maximum, tout va bien. Ces deux premières étapes sont les plus difficiles de la journée avec respectivement 3047 et 2804 m /100 km.

Col de l'EspinouseIl commence à faire faim mais nous filons rapidement pour ne pas prendre froid. Une descente de 10 km nous mène à La-Palud-sur-Verdon, nous prenons la première vraie pause depuis le départ. Dans le bar un gars du 1000 du Sud à l'air complètement lessivé, un italien. Juste un bonjour et il file. Je mange une salade de pâtes histoire d'alléger un peu mon vélo. Une fois rassasié nous prenons la direction du col d'Ayen (1031 m) pas trop dur. Ensuite c'est bien vallonné jusqu'au pied du col de l'Espinouse (838 m) assez régulier tout le long avec des pourcentages plus importants sur la fin. Il est 17H03 quand nous arrivons au sommet, près de 3H d'avance sur le délai maximum. Le moral est plus que bon !

Col de FontbelleLe profil de la prochaine étape est simple : on descend le col précedent et grimpe le prochain. Depuis le milieu d'après-midi le temps se couvre doucement, d'après météo France nous devrions rester au sec jusqu'à demain. La montée du col de Fontbelle (1304 m) est déjà là. Mais avant de l'atteindre un autre col est au programme, celui d'Hysope (1236 m). L'approche de ces cols est très longue, nous évoluons toujours dans de beaux décors. Toujours sur un rythme maitrisé sans piocher dans nos réserves. Ca grimpe régulièrement jusqu'au sommet que nous franchissons à 19H39, 1H de plus grapillée sur les délais soit 4H. Cette avance est la bienvenue et nous donne la sérénité pour aborder la nuit et pouvoir dormir si le besoin s'en fait sentir. Tout va bien.

Saint-Etienne-les-OrguesLa nuit tombe, l'étape à venir est une des plus facile avec à peine plus de 1000 m /100 km (1024 exactement). Il faut profiter pleinement de cette portion pour se refaire la santé et bien s'alimenter avant de reprendre du dénivelé. Il fait nuit noire très tôt avec cette couverture nuageuse, la température est douce. Je n'ai pas encore parlé du vent depuis le départ car il est modéré et plutôt favorable. Pas de soucis particulier donc avant d'arriver à St-Etienne-les-Orgues qui est le sixième contrôle. Il est 23H28, nous avons tout de même mis presque 4H pour parcourir... 58 km. C'est le rythme Super Randonnée, et c'est une bonne moyenne puisque nous grapillons encore 1H et portons notre avance à 5H. Mais pourquoi vous bassiner avec cette avance ? Tout simplement car c'est très important pour la suite de l'aventure qui va être plus que difficile et cette avance va fondre comme neige au soleil. Le moindre ennui, la moindre baisse physique se paiera au prix fort.

Pas de la GrailleQuelques gouttes commencent à tomber au moment d'attaquer la montée du Pas de la Graille (1597 m) longue de 18 kilomètres pour 1061m de dénivelé, c'est dire la difficulté de la chose... C'est donc toujours en mode économie que nous entamons l'ascension. La pluie est maintenant bien présente. Plus nous nous élevons et plus la pluie devient forte. Un brouillard épais se forme, l'atmosphère est étrange. Le troisième invité manquait au tableau : le vent qui souffle à plein poumon ! Quelques minutes plus tard c'est un vrai déluge qui s'abat sur nous ! La pente, les conditions météo, tout est contre nous. Je suis scotché au bitume mais j'avance quand même. Didier trouve un abris mais si nous nous arrêtons nous serons gelés, mieux vaut continuer. Nous arrivons enfin au sommet qui n'est pas le Pas de la Graille mais le sommet de la montagne de Lure. Un peu sonnés par cette grimpée nous cherchons le panneau contrôle, mon gps me dit qu'il est à 3 kilomètres de là. Nous doutons fortement, il serait dommage de louper ce contrôle par manque de visibilité (le brouillard ne nous lâche pas). Nous prenons une photo d'une borne indiquant le sommet de la Graille. Sur les freins nous descendons et c'est bien à 3 kilomètres que le fameux panneau se trouve. Il est 2H28, pile 3H de route pour cette portion (3H30 d'avance).

Col de MacuègneNous ne trainons pas et reprenons la descente. La pluie est moins forte, j'ai très froid et le sommeil commence à me travailler. D'un coup je me sens vraiment pas bien du tout, à la limite de faire un malaise. Je préviens Didier et m'arrête aussitôt. J'ai la nausée, plus de jambes, je m'assois un moment pour reprendre mes esprits. C'est reparti prudement, déjà en temps normal j'ai du mal en descente mais là c'est pire ! Cette maudite pluie n'en finit pas. Dans la traversée d'un patelin Didier aperçoit un porche, nous décidons de faire une halte pour dormir un peu. 1H30 plus tard je me réveille, Didier lui n'a pas trop dormi, somnolé tout au plus. La pluie reprend au moment même ou nous repartons... ça commence à faire chier ! Il faudra attendre le lever du jour pour que le ciel se dégage. Aux Omergues un bar est ouvert, le café chaud et le pain au chocolat font du bien après cette nuit chaotique  Pour nous réchauffer le col de la Pigière (968 m) tombe à point. Après un petite descente nous enchaînons sur le col de Macuègne (1068 m) qui se laisse monter assez tranquillement. Nous sommes au sommet à 8H42 avec de belles éclaircies. Notre avance est tombée à 2H, tout va bien.

Col de FontaubeIl faut profiter de cette étape pour se refaire une santé. Le soleil a l'air de vouloir sortir, j'en profite pour faire sècher mes affaires. Après une quinzaine de kilomètres de descente, une douce remontée nous fait passer le col des Aires (640 m) puis le contrôle au col de Fontaube (655 m) à 9H58. Une heure de gagnée !

Maintenant direction Malaucène, dernière portion relativement tranquille avant la grosse étape !!! De nouveau 15 kilomètres de descente avant les 15 autres kilomètres qui semblaient facile sur le papier. Mais nous sommes quand même surpris par cette route avec de multiples coup de cul qui usent bien finalement. Le petit col Saint-Michel (347 m) et le Pas du Voltigeur (328 m) me cassent bien les pattes. Nous sommes au panneau Malaucène à 11H32, nous avons repris 3H d'avance. Nous prenons le temps de faire la pause casse-croûte dans une boulangerie ou j'achète une part de pizza et un sandwich pour tenir jusqu'au bout de cette randonnée.

MalaucèneA 12H02 précises c'est parti pour le gros morceau ! Le pied du Géant de Provence, ouais j'y suis ! J'estime le temps d'ascension à 3H, je verrai bien. Direct je passe le petit plateau de 22 pour prendre tout de suite le bon rythme. Le ciel est bien bouché, le sommet du Mont Chauve n'est pas visible. Le positif c'est qu'il n'y a pas foule sur la route. Le premier tiers n'est pas si difficile que ça à part quelques passages à plus de 8%. Comme prévu j'ai mis une heure pour faire ces 7 kilomètres. Les 3 kilomètres suivant reste raisonnables mais à partir du km 10 jusqu'au 14 c'est sportif !! Pas moins de 10% de moyenne sur les 4 kilomètres, je développe mon braquet 22*28 soit 1.60 m pas tour de pédalier (il en faudra des tours pour rallier le sommet...). J'ai en réserve mon pignon 32 au cas où, je ne le sors que pour les grandes occasions. J'alterne la position sur la selle et en danseuse, je sue à grosses gouttes. C'est très dur ici mais j'avance quand même pas mal. Passé le km 14 la pente devient moins forte, j'essaie de me refaire la cerise. Le temps devient menaçant et le vent est plus présent. Je n'ai plus Didier dans mon rétro, il me dira par la suite ne pas avoir été bien dans toute la montée avec une envie de dormir qui ne l'a pas quittée  Ne pas être au mieux dans cette très difficile montée doit être un enfer ! Il y a un bon replat à la station du Mont Serein ça fait du bien nom de diou. Reste 6 kilomètres, d'après le profil que j'ai sous les yeux les 3 prochains devraient bien se passer. A 4 kilomètres du sommet un coup de tonnerre et la je me dis "j'espère que c'est pas un remake du Pas de la Graille ! ". Des gouttes commencent à tomber. Je m'arrête pour enfiler mon maillot manche longue et mon gore-tex. J'ai bien fait ça tombe bien maintenant. D'un coup tout change : le vent se lève, le tonnerre gronde, les éclairs sont très proches, pluie et grêles alternent sans cesse, le brouillard nous cerne. Nous sommes pris dans une véritable tempête, j'ai peur ! Les éléments sont déchaînés, la grêle tombe si fort que je ne peux plus tenir le guidon. Je m'arrête mais plus un abri, je viens de quitter la forêt. Je reste là sans bouger pris dans la tourmente. Une voiture s'arrête à ma hauteur et me propose de mettre à l'abri, je n'hésite pas une seconde. Le conducteur me dit avoir vu un gars avec des sacoches, sans doute Didier. Le temps ne s'arrange pas. Une dizaine de minutes plus tard je vois Didier et l'invite à se mettre au chaud dans l'auto. Nous resterons encore 5 minutes avant de prendre la décision de repartir, il faut continuer à avancer. Je remercie chaleureusement cet automobiliste de nous avoir abrité, et m'excuse de lui avoir innondé son siège. C'est reparti, il doit rester 3 kilomètres (mon gps n'a pas aimé les éclairs, je le laisse dans ma poche arrière). Mont VentouxJe n'ai jamais affronté une telle déferlente de grêle, le vent est puissant et fait tomber des cailloux plein la route. En prenant un virage je manque de tomber avec un coup de vent latéral. La grêle me fait mal aux mains, aux cuisses et au dos. Une nouvelle fois je mets pied à terre, je ne tiens plus sur mon vélo. Je pousse sur quelques mètres et remonte en selle. La tempête ne faiblit pas, je me dresse sur les pédales, je lutte comme je peux. Soudain je pousse un cri venu d'ailleurs, d'un autre temps. Un hurlement primaire, animal. Pourquoi je n'en sais toujours rien, surement une ridicule révolte contre ce Ventoux déchainé. J'arrive finalement près du sommet, je ne vois pas à 2 mètres. Je n'arrive pas voir ou je dois passer. Le panneau est là, je m'arrête il est 15H29 (sommet du Ventoux 1912 m). Une petite demi-heure de plus que prévu, mais au vu des conditions c'est normal. A ce moment ce n'est pas ma préoccupation. La pluie à cessé, je prends la photo et m'habille avec tout ce que j'ai emporté. Bonnet, gants longs, veste et jambières. Je vois des cyclistes avec rien qu'un coupe vent pour redescendre... ils vont geler. Didier arrive peu après moi. Maintenant on sait que le col des Tempêtes porte bien son nom ! Ne me demandez pas ce qu'il y a au sommet, je n'en sais rien...

Col ND des AbeillesOn se demande comment va se passer la descente dans ce brouillard. On n'en mène pas large ! Tout de suite je sens que ça ne freine pas des masses. Je suis crispé sur les poignées de frein. Le brouillard est dense. J'ai froid. La route semble tout de même propre sans trop de pierres. Une fois rejoint la forêt le brouillard s'estompe et nous sommes abrités du vent. Je revis un peu. Le reste de la descente se passe mieux mais toujours sur les freins. Une fois en bas les averses recommencent, sans commune mesure avec la tempête subie là-haut. Pas le temps de gamberger, le prochain col nous attend. J'avale tout en roulant le sandwich acheté tout à l'heure, je n'ai pas songé à m'alimenter au sommet du Ventoux. La route est rugueuse, nous sommes collés à la route. Ce col n'est pas facile, loin de là. Le ciel se dégage un peu, j'en profite pour quitter le gore-tex et faire sécher ma veste. Le col de ND des Abeilles (996 m) parait interminable et ne se laisse pas dominer facilement. Nous y sommes à 18H15, notre avance est désormais de 1H30, le Ventoux a fait mal...

BanonLe plus dur est derrière nous mais la Super Randonnée n'est pas fini, il reste 157 kilomètres accidentés pour rallier Carcès. Cette étape nous mène à Banon. Le nuit tombe assez vite. Pas trop de souvenir de la route, surement la digestion de l'éprouvante après-midi passée qui n'est pas prêt de s'effacer de ma mémoire ! Nous arrivons donc au contrôle à 20H55, un peu plus de 2H d'avance.

Didier me prévient qu'il ne faudra pas tarder pour dormir, il a lutté toute la journée. A 21H30 nous trouvons un coin tranquille pour nous installer. Après 1H de sommeil nous reprenons la route. J'ai l'impression que ça n'arrête pas de descendre, tant mieux. Par contre à La Brillanne les choses se compliquent un peu. Avec pour commencer une bonne côte de 6 kilomètres environ, suivi de plus 20 kilomètres très accidentés. J'ai hâte d'arriver à Allemagne-en-Provence. C'est chose faite à 3H, soit 2H d'avance.

Allemagne-en-ProvenceAprès avoir engloutis un gâteau de semoule au caramel c'est parti pour la dernière étape de 47 kilomètres. Je commence à avoir envie de dormir mais pour le moment ça va mais je n'avance plus très vite. Didier est loin devant et m'attend de temps en temps. C'est toujours aussi valonné et usant. Nous roulons sous un beau ciel étoilé nous finirons au sec. J'ai vraiment un bon coup de barre, je sais que les 15 derniers kilomètres sont en descente, ça aide à tenir ! Mais à 20 kilomètres de l'arrivée il faut absolument que j'arrête, j'ai failli tomber. Je m'allonge et ferme les yeux 5 ou 10 minutes. Je repars et un peu plus loin je m'arrête de nouveau. Je suis dans les choux. Je ne veux pas non plus dormir trop longtemps pour ne pas inquiéter Didier qui doit attendre quelque part. Je n'avance plus et je m'aperçois que je suis tout à gauche, c'est à dire 22*32. Tu m'étonnes que je suis à l'arrêt, depuis combien de temps suis-je sur ce braquet Carcès??? J'arrive quand même à la descente qui file sur Cotignac pour reprendre la route du départ. Je rejoins Didier qui allait me passer un coup de fil, ça va mieux. Nous finissons ensemble à Carcès, il est 6H37. Nous avons terminé avec 2H15 d'avance sur le délai maximum.

En conclusion c'est une superbe randonnée ou il faut prendre le départ en pleine forme et s'armer de patience pour venir à bout de toutes les difficultés. Ne vous laissez pas impressionner par le dénivelé et laissez-vous tenter par cette magnifique aventure...

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