Ronde Aliénor d'Aquitaine

Une nouvelle fois c'est Didier qui me transporte jusqu'à Bordeaux pour réaliser ce nouveau Randonneurs Mondiaux de 1200 km proposé par les Randonneurs Autonomes Aquitains. Rendez-vous pris à 13H30 pour charger la voiture et c'est parti pour 2 grosses heures de route. Le temps est gris et les averses tombent de temps en temps, il vaut mieux que ce soit maintenant. Ca me rappelle le trajet de l'an dernier pour Carcès et sa Super Randonnée, fait là aussi avec Didier.
Nous arrivons au Complexe-Sportif de la Sablière au Haillan qui est le lieu du départ, toujours sous un ciel menaçant. C'est l'effervescence, près de 200 randonneurs sont attendus, certains sont arrivés la veille. Il est temps de passer au contrôle vélo et d'aller retirer les documents : carnet de route, plaque de cadre et feuille de route. Ca a vraiment des airs de Paris-Brest, c'est plaisant de vivre ces moments.
Photo Rubans BlancsRetour à la voiture pour les préparatifs. Je charge le vélo comme d'habitude, j'ai exactement la même chose que sur un 600 ou un 1000. J'enfile ensuite mes habits aux couleurs de l'ACP. C'est maintenant la longue attente du départ prévu à 20H. Pour passer le temps je mange et discute avec des Rubans Blancs, des participants des brevets Ménigoutais et aussi avec des randonneurs qui me connaissent au travers du forum. En parlant du forum un rendez-vous est pris pour faire une photo de groupe à 19H.
Le ciel se dégage enfin nous partirons au sec. Après un discours de l'organisation les randonneurs se pressent au départ. Je fais le choix de laisser partir le gros du peloton car au vu des vidéos postées sur le site officiel, la piste cyclable et le passage du Pont d'Aquitaine sont délicat à négocier. Ne pas prendre de risque, c'est tout ce qui compte pour ne pas foutre en l'air des mois de préparation.

Contrôle Saint-EmilionLe premier des 16 coups de tampon est apposé sur mon carnet. Je pars comme prévu dans les derniers. Nous prenons la piste cyclable, je suis vigilant même si la piste est relativement propre. Il faut quand même éviter les racines qui déforment le goudron. De nombreux "cédez le passage" jalonnent la progression. Je ne sais pas si Didier est devant ou derrière, nous aurons bien l'occasion de nous retrouver. Un petit cafouillage avant de prendre le fameux Pont d'Aquitaine, j'aperçois Didier, il à merdé comme nous (je suis avec 2 randonneurs). Une fois le Pont passé je roule avec Didier, nous sommes dans un rythme tranquille de brevet comme d'habitude. Ce n'est pas ici qu'il faut essayer de gagner du temps, bien au contraire il faut canaliser sa fougue pour préserver ses forces. Ce que beaucoup n'arrivent pas à faire et le paient cash à un moment ou un autre sur un brevet si long. Je suis toujours surpris par la vitesse des départs, seuls quelques-uns peuvent tenir sur ce rythme. La nuit est tombée, la température est assez douce. Personne à l'horizon, personne dans le rétro, mais où sont-ils tous passés ? Les 51 km de cette première portion sont sans difficulté. Nous arrivons au contrôle de Saint-Emilion vers 22H30. Ouf il y a un peu de monde, les voilà les randonneurs !! Le coup de tampon donné, je grignote et bois un coca. Comme le dit Roland c'est un comble d'être à Saint-Emilion et d'y boire un coca...

Auberge La MarmiteJe repars avec Didier mais nous nous perdons de vue assez vite. J'arrive à être dans un groupe qui progresse à ma vitesse. Le terrain est plus vallonné. Ca ne discute pas trop, moi je suis dans ma bulle. C'est une étape assez longue de 119 km qui nous attend. J'ai l'impression que le ciel ne nous donnera pas d'eau cette nuit, tant mieux. Les heures passent et je ne ressens pas le besoin de dormir. J'en profite alors pour gérer au mieux ma progression et à m'alimenter régulièrement. Vers 4H30 j'arrive au contrôle de Saint-Pierre-de-Côle tenu dans l'auberge "La Marmite". Le barman est débordé, moi qui voulais prendre un café ce sera pour une autre fois. Par contre un ami Belge sifflote une bière, très peu pour moi à cette heure ! Je pointe donc et repars sans attendre.

Vers 5/6 H, les premières voitures des gens qui embauchent en ce lundi matin sont de sortie. Nous passons d'ailleurs près d'une zone industrielle sous le regard parfois interrogateur des premiers embauchés. Le jour se lève, nuit blanche, je me sens bien. Vers 7H j'arrive au contrôle de Badefols d'Ans tenu là aussi dans une auberge "Les Tilleuls". Même embouteillage qu'au contrôle précédent, je n'arriverais décidément pas à boire un café !! Didier est là, je lui dis que je file et que je m'arrêterais un peu plus loin au calme.

Musée PréhistoriqueLe profil est bien bosselé avec de bonnes côtes. Nous sommes dans une région où de nombreux sites préhistoriques proposent des visites. Ca doit être sympa de venir en vacances par ici. Nous passons aussi près de la cité troglodyte de La Roque Saint-Christophe, c'est superbe !! Je croise Jean-Marie (alias Breizh44) et je n'ai pas fini de le croiser. C'est une habitude sur les brevets Ménigoutais. Là il est accompagné d'un autre vélo-couché qui vient de "chez moi" de Savoie. J'ai lu Le Revard sur son cuissard, l'occasion de parler de ce beau coin de la France. Cette matinée ce passe très bien, du coup pas d'arrêt avant le contrôle, un tout petit peu de pluie mais rien d'insurmontable. Vers midi j'arrive sous les halles de Monpazier. Régis arrive pratiquement en même temps que moi. Didier lui arrive quand je remonte en selle. Ce ravitaillement est très bien.

Le ciel menaçantLe quart de la distance est passée, soit 304 km. Pas de problème particulier, ça avance bien. Les nuages font leur apparition je me demande bien si je vais rester sec tout l'aprèm. Je suis seul, la route est calme peu d'automobiliste. D'un coup de gros nuages noirs se forment au loin, ils sont évidemment pile dans la direction où je vais. Allez quelques gouttes tombent, je n'hésite pas et j'enfile mon plastique. J'ai eu le nez creux car je suis maintenant sous une très forte averse. Ca tombe, ça tombe, je suis complètement trempé en peu de temps. Je prends mon mal en patience, je vois un gars abrité sous un abri bus, je file. Ca se calme juste avant le contrôle secret de Preyssas, j'y suis avant 16H. Peu de monde au contrôle à part les 5 randonneurs américains de Seattle. Tiens y'a des chips, je tape dans le saladier (une fois la main dedans pas facile de s'arrêter, comme à la maison quoi !). Du salé ça fait un bien fou...

Le soleil est de retourJe repars sous le soleil, j'en profite pour sécher. Le prochain contrôle est distant de 109 km, je devrais y être avant la nuit. Je suis rejoins (ou je rejoins, je sais plus) Jean-Marie qui fait partie de l'organisation et que j'avais rencontré l'an dernier sur les brevets Ménigoutais (200, 600 et 1000). Nous roulerons ensemble histoire de nous changer les idées. Les bosses s'enchainent toujours autant, de petites averses sont à noter. Depuis le départ je n'ai pas parlé du vent c'est qu'il ne doit pas être gênant, pas de souvenir. Le passage dans Les Landes marque aussi l'arrêt du dénivelé positif, ça me va bien. Juste avant la nuit nous arrivons à Grenade-sur-l'Adour, pointage au Bar Restaurant "Le Fairplay". Un plateau repas est proposé, bien déçu par la qualité et la quantité...

Des lumières dans la nuitUn grand nombre de randonneurs avaient pour objectif de dormir à Soumoulou. Moi j'avais prévu de dormir 3H dès que le besoin s'en ferait sentir. Je n'attends pas longtemps, 15 kilomètres après le dernier contrôle il est temps. Nous n'avançons plus, autant dormir et récupérer. Jean-Marie s'arrête avec moi. 3 heures plus tard donc nous reprenons la route, j'ai assez bien dormi. Il faut tout de même remettre la machine en route. Jean-Marie s'arrête je ne le reverrai qu'au contrôle, moi je roule car il ne faut plus trop trainer. A 40 kilomètres de Soumoulou j'entre dans les Pyrénées Atlantiques. Les jambes tournent pas trop mal, je commence à avoir mal aux fesses. Au petit matin j'arrive au contrôle (vers 6H je crois). En annonçant mon numéro aux contrôleurs ils me disent "on vous attendait depuis un bon moment !" Surpris je leur demande pourquoi, c'est en fait Didier qui s'inquiétait en voyant que je n'avais pas pointé au précédent contrôle. J'avais bien pointé mais l'information n'a pas été répercutée dans le suivi des participants. Je tiens à souligner la qualité du ravitaillement de Soumoulou qui proposait du salé (excellente charcuterie) et du sucré.

Malgré ce super contrôle je ne m'attarde pas car un gros morceau se dresse devant moi, Soulor et Aubisque. Je me demande même si je serais à temps au sommet du second col. J'ai 2 grosses heures d'avance sur le délai fermeture. J'ai 60 km à parcourir en grosso modo 6H. 10 km/h peut sembler ridicule mais l'ascension se fera à 7/8 km/h pas plus. Il ne faut pas avoir d'ennui technique ou une défaillance. Je ne suis pas stressé simplement pas tranquille. J'ai mon épouse et ma fille au téléphone ça me remonte toujours le moral.
Col du SoulorAllez, le panneau "Col du Soulor 30 km" est là. Je connais cette montée car je l'avais faite lors d'une mer/montagne en 2010. Je souris en repensant au mot sur le site de la RAA" Même si le col du Soulor débute réellement à Ferrières, vous aurez auparavant 10 Km de faux plat." Du faux plat ! Mouais, ça grimpe quand même. Ferrières, je passe le plateau de 22 et m'arme de patience. Comme un con je n'ai pas ôté mon coupe-vent, je profite d'un replat pour m'en délivrer. La montée est rude, bien plus que dans mes souvenirs. Je passe en 22x32, que c'est difficile. Même dans la montée du Ventoux l'an dernier lors de la Super Randonnée je n'avais eu besoin de mettre ce braquet ! Je ne pensais pas voir des participants au brevet pensant être bon dernier, mais si, il y en a même pas mal. A 3 ou 4 kilomètres du sommet je rejoins Didier (que je pensais loin devant) il marche en compagnie d'un autre randonneur. Je lui dis " On se rejoint au sommet ! ". J'arrive enfin au col à 10H32 précises (j'ai 2H15 pour rallier l'Aubisque, c'est bon), il faut que je mange ! J'avale ma conserve de riz au lait avec du cake à la cerise. Faut pas trainer ça caille.
Une descente de 2 kilomètres me glace littéralement, il faut ensuite enchaîner sur environ 8 kilomètres d'ascension. C'est facile l'Aubisque m'avait dit un gars au contrôle de Soumoulou ! Mon cul oui ! Ca grimpe fort, je suis tout à gauche... J'essaie de profiter du paysage qui vaut vraiment le détour. Les dernières rampes sont négociées péniblement, quel soulagement de mettre pied à terre au sommet.
Col d'AubisqueAu Bar Restaurant du col nous pointons. Je commande une assiette de côtes d'agneau avec des patates sautées et garniture de salade. PUTAIN QUE CA FAIT DU BIEN !!! Nous prenons le temps de vivre. Depuis le départ et avant de dormir j'avais seulement 2H30 d'arrêt, donc au sommet de l'Aubisque 6H pas plus.
C'est un 600 avec plus de 6000 m de dénivelé que nous venons d'avaler et le brevet est loin d'être terminé. Dire que certain ont critiqué ce brevet le disant trop facile, sans difficultés. Ceux qui ne jurent que par des brevets à très fort dénivelé et critiquent sans cesse les autres organisations n'ont qu'à aller sur ces très difficiles brevets et ne pas s'occuper du reste. Il en faut pour tous les goûts, je trouve par exemple le 1000 du Sud trop difficile pour moi et bien je n'y vais pas et je suis admiratif de ceux qui osent s'y frotter. Et je ne me permets pas de critiquer cette organisation. Idem pour la TriRhéna et j'en profite pour souhaiter une bonne randonnée aux participants et aux organisateurs pour la première édition. Fin du coup de gueule...

Dans la valléeJ'attaque la descente à 12H30 soit 17' avant l'heure de fermeture. Je l'avais dit, fallait pas trainer en route ! Je suis crispé comme toujours dans les descentes. Tout sur les freins, j'ai hâte d'être en bas ! Une fois dans la vallée la chaleur est étouffante, on enlève des couches. Cette étape sur le papier devait être une formalité avec la descente du col et le reste tout plat. Mais le vent en a décidé autrement. Nous l'aurons donc de face sur plus de 70 km, dur dur... Heureusement je suis avec Didier, nous lutterons plus "facilement". Dans l'aprèm Didier à un coup de barre, on s'arrête 30' pour qu'il puisse dormir un peu. Plus tard une grosse averse nous tombe dessus. Ca réveille mais ça use. Vers 17H30 nous arrivons à Sauveterre-en-Béarn. Un plat de pâtes est proposé, pas d'hésitation, j'achète (comme le dirai un danseur Québequois) !!! Je prends aussi un jambon/beurre pour la route.

Ca se couvre de nouveauToujours du vent et un ciel très menaçant. Suites aux orages récents le pont de Saint-Palais est détruit. L'organisation très réactive nous donne un itinéraire de déviation qui nous coute une bonne dizaine de kilomètres (nous apprendrons à l'arrivée qu'une heure de délai supplémentaire était accordée). A Cambo nous reprenons le parcours initial. La nuit tombe, objectif rallier Hendaye pour pouvoir y dormir un peu. Nous avons droit à de la flotte, je ne me rappelle plus trop la durée, ça mouille quoi. Nous arrivons au contrôle entre 1H et 2H. Le ravitaillement ne me donne pas envie, je me force. C'est le menu type quatre-quarts, chocolat, pain d'épices et pruneaux. J'aurai bouffé un éléphant... tant pis. Didier n'a pas trop envie de dormir moi si ! Je cède pour une petite heure seulement, c'est toujours ça.

Réveil difficile, dehors ça à l'air humide, fait chier !! On cafouille beaucoup pour quitter Hendaye. On ne s'engueule pas mais il y a de l'énervement, normal avec la fatigue. Rien de grave loin de là. Allez on est sur les bons rails. Le vent nous pousse, on avance tout seul sur la corniche. A Saint-Jean-de-Luz un gars nous rattrape et nous demande où est le contrôle. Je lui dis de faire demi-tour car c'est à Hendaye ! J'ai l'impression de ne rouler qu'en ville, c'est pénible. Finalement Didier à eu raison de n'avoir dormi qu'une heure car nous évitons l'heure de pointe niveau circulation. Aux alentours de 4H nous arrivons à Bayonne contrôle secret.

Piste cyclable bien humideAprès un bon café c'est reparti. Didier va un peu vite pour moi, mes jambes fatiguent. Je lui dis de ne pas m'attendre. C'est le retour dans Les Landes, ça va être difficile. Dans la forêt j'emprunte la piste cyclable qui sillonne entre les arbres, ça casse bien les longues lignes droites. Je suis sec, je n'avance pas vite mais j'avance c'est le principal. Je sais que ça va revenir. Une bonne averse est en préparation, je m'équipe. Christian (alias RouleToujours) revient sur moi avec un autre randonneur. J'essaie de changer de rythme ça me réveillera peut-être. Mais non, pour le moment c'est inutile d'insister. Gentiment Christian me demande si je veux qu'il reste avec moi. Je décline son offre même si sa compagnie est très agréable. Un peu plus tard je le retrouverai dans une boulangerie, Didier est là aussi. J'achète une pizza (avalé aussitôt, j'en rêvais), une quiche et un pain aux raisins. Je repars avec Didier, je n'ai toujours pas la forme. De nouveau je demande à Didier de ne pas m'attendre car je veux dormir un peu. Il à un sac de change à Mimizan, et veut prendre une douche et dormir un peu. On se donne rendez-vous au contrôle. Je trouve un coin d'herbe au bord de la route. Minuteur réglé sur 30'. Je ferme les yeux et déconnecte quelques minutes. Le bruit de la circulation m'empêche de dormir, je repars. J'essaie de me secouer en accélérant un peu. Ca marche plus ou moins. Je me motive en me disant que je dormirai au contrôle. Depuis Hendaye pas une bosse, il faut pédaler sans arrêts sinon on n'avance pas. Mon cul devient très douloureux, c'est un supplice. Didier m'appelle à son arrivée, je lui indique que je suis à 3 kilomètres du but. Avant midi je suis au contrôle de Mimizan. Une bonne soupe et au lit pour 1H30. En me réveillant je vois que je ne suis pas le seul à avoir squatté les tapis de sol !

Dune du PylaLe soleil est de sortie et ça cogne, je me mets en court. A partir de là la circulation (ça roulait déjà bien) devient de plus en plus dense. Et les nerfs des automobilistes sont à vif, c'est du moins l'impression que ça donne. Le vent est contre nous, heureusement les jambes reviennent peu à peu. Un randonneur se joint à nous, c'est une aide supplémentaire. Nous ne pouvons pas discuter tant la circulation est intense. Ca monte encore d'un cran du coté de Biscarrosse jusqu'au contrôle du Pyla-sur-Mer. C'est très usant et stressant pour le coup. Une erreur peut-être fatale (je n'exagère pas) ! Nous empruntons les pistes dès que c'est possible mais elles ne sont pas toujours très bien indiquées et du coup ça klaxonne de plus belle... Nous arrivons ENFIN à Pyla-sur-Mer. Nous faisons quelques achats pour tenir cette nuit. Il faut ensuite traverser Pyla-sur-Mer pour trouver le panneau de sortie et prendre la photo contrôle. C'est fait avant 18H !

Encore des pistes cyclableNous sommes maintenant en pleine heure de pointe et c'est... L'HORREUR ! On s'en prend plein la gueule, frôlé, klaxonné. J'en ai plus que marre, vivement que le nuit tombe et que les gens aillent dormir. Il faut avoir des jambes pour relancer sans cesse. Nous mettons 2H10 pour faire les 40 kilomètres. Andernos-les-Bains, fin du cauchemar ! Par contre c'est le meilleur ravitaillement du brevet qui nous accueille. Du pain avec de la charcuterie, du bonheur. D'ailleurs Gilles (alias Poucet) leur décerne la palme du ravitaillement. Il est vrai que comme je l'ai dit plus haut les ravitaillements étaient quasiment tous identiques. Nous profitons des lits de camp pour faire un petit somme de 45'.

A 21H30 nous repartons, le calme est revenu sur la route. 37 kilomètres nous séparent de Lacanau-Océan où il faudra prendre une photo contrôle. Pas grand chose à signaler sur cette portion à part l'état des routes qui sont assez détériorés. La photo est faite à 23H45.

Contrôle Lacanau-OcéanJ'ai faim nous ferons quelques kilomètres et ne trouvant rien nous mangeons au bord de la route. Nous arrivons à la route Forestière des Plages qui n'est pas accessible aux voitures. Nous voilà plus que tranquille. Didier va de nouveau trop vite pour moi. Il file donc devant, nous nous retrouverons plus tard. Je n'ai pas sommeie, je roule à ma main avec la forme du moment. Cette route est très agréable, c'est une très bonne surprise. J'enchaine ensuite sur la route Forestière des Phares. J'aperçois au loin une loupiotte rouge, surement un randonneur de la RAA. C'est tout simplement Didier qui a coup de fatigue, il va s'allonger un peu. Je poursuis ma route à vitesse réduite. La route forestière se termine, je continue sur une route défoncée. Quelle galère ! Je zigzague dans tous les sens. Après un long moment sur un grand coup de guidon sur la gauche mon phare dévoile une piste cyclable juste à coté. Je ne l'avais pas vu dès le départ, quel con ! Ca va tout de suite mieux de rouler sans éviter des trous. Peu après c'est à mon tour d'avoir un coup de fatigue. Je ne tarde pas à m'arrêter, Didier arrive juste à ma hauteur. Je m'allonge 5' histoire de déconnecter. Le groupe de Seattle passe et prend de nos nouvelles "it's ok ?". Nous répondons mollement "yes". Allez faut y retourner. C'est laborieux jusqu'à Montalivet mais c'est fait, il est 3H passé. Il y a du monde, on ne voit jamais personne sur la route, juste aux contrôles c'est étrange. Un repas complet est proposé, on passe commande. Il faut être au prochain contrôle avant 9H12, il y a 30 km à faire. On compte 3H de route, soyons large. Ce qui nous permet de dormir jusqu'à 5H30 pour partir à 6H. Vendu, je vais me coucher.

Au petit matinDidier me réveille, je suis complètement explosé. Je m'habille, plie mon sac de couchage et vais le ranger dans la sacoche. Je vais boire un café, putain j'ai du mal. Je pose mon cul sur la selle et là OUILLE ça fait mal. Il faut serrer les dents car la douleur est vive. La bonne nouvelle c'est le vent qui est plein dos. Le jour se lève, je vois au loin la silhouette de Breizh en train de pousser son vélo. Il a vraiment des ressources mentales au-dessus de la moyenne. Je suis vraiment impressionné par le bonhomme et faut se lever de bonne heure pour m'impressionner. On le passe une énième fois comme toujours avec un "allez Jean-Marie ! Ca va ?" Toujours d'un ton placide le Breizh "ouais ouais ça va". 7H40 nous sommes à Saint-Yzans-du-Médoc. Rapide passage au contrôle et on file sur Le Haillan, il reste 64 km le morale est bon !

C'est terminéLa route redevient vallonnée nous arrivons dans les célèbres vignobles Bordelais. La circulation est de retour, c'est moins dense qu'hier tout de même. Ca chauffe dure, séance déshabillage. J'ai faim et plus rien dans les sacoches. On cherche une boulangerie que nous trouvons de mémoire à Margaux. J'avale un sandwich saucisson/beurre/cornichons. Le rythme n'est pas soutenu, on avance on avance... Nous sommes proche du Haillan et d'un coup un groupe de plus de 10 randonneurs déboulent à fond et nous enrhume dans une bosse. Mais d'où sortent-ils ??? Je reconnais Gilles qui mène. Le Complexe-Sportif de la Sablière est à quelques encablures, derniers tours de roue, derniers appuis sur les fesses. C'est fini, il est 11H45. Je suis fatigué, heureux et soulagé d'en terminer.

Un grand merci aux organisateurs et bénévoles qui nous ont permis de réaliser ce nouveau brevet qui je l'espère donnera lieu à d'autres éditions.

~

Cerise sur le gâteau, grâce à ce brevet je boucle la série du Randonneur 10000.

Le diaporama

sans nom

Vidéo - Mes impressions à chaud (filmé par l'organisation RAA1200)