Puy Mary, le plus grand volcan d'Europe

Cette année direction le Massif Central, plus exactement vers le Puy Mary , pour une durée de 5 jours en cyclo-camping. Au total 815 km et 10156 m de dénivelé

1er jour : Ménigoute - Peyrat-le-Château, 212 kms

L'Isle JourdainDépart à 8 H comme prévu. Après à peine 200m je fais demi-tour, j'ai oublié mon road book du jour! Direction donc l'Ouest, les premiers 50 km se font dans une circulation dense, je regarde constamment dans mon rétroviseur, vivement que ça se calme. Gençay est derrière moi, il y a moins de véhicules. Je passe par de toutes petites routes de campagne, j'interpelle très souvent les gens du coin pour rester sur le bon cap. A noter qu'aujourd'hui je ne me suis pas trompé une seule fois, c'est pour moi un authentique exploit! Un vent de face m'accompagne durant de nombreux kilomètres, j'arrive dans la Haute-Vienne. Le relief a radicalement changé, de longues côtes s'enchaînent sans fin, il faut avouer que je n'ai plus l'habitude de ce genre de route. Cela fait quatre ans que je n'ai pas roulé en montagne, alors forcément il faut reprendre un rythme plus adapté. J'arrive non sans peine à Peyrat-le Château sur les coups de 19 H, je recherche mon premier camping, j'avance au centre du bourg, il y a un camping à la sortie du village me dit-on. C'est dans un camping fantôme que je passe ma première nuit, la municipalité ne sait pas si le terrain réouvrira un jour...
Cette première étape a été une bonne mise en jambe, malgré un léger coup de barre dans l'après-midi je suis satisfait. Je ne pensais pas avoir autant de côtes sur la journée, les jours prochains s'annoncent rudes.

2ème jour : Peyrat-le-Château - La Tour-d'Auvergne, 122 km

Le lac de VassivièreDépart 6H45. La journée commence par une longue côte sous la pluie, j'arrive au superbe lac de Vassivière. Ce matin j'ai le moral dans les chaussettes, dans les cales-pieds même!! La traversée du plateau des mille vaches est difficile, j'avance tout doucement. Je sais dès à présent que je ne pourrais pas tenir les 200 km prévu et ça me mine. J'ai vu trop grand pour moi en voulant réaliser 6 étapes de 200 bornes, avec une moyenne de 17 km/h il faudrait que je bourre toute la journée sans pouvoir profiter pleinement de mon voyage et ce n'est pas le but. Au fil des kilomètres, et de retour dans la plaine le moral revient. Je décide donc de stopper à La Tour d'Auvergne. J'ai rêvé pendant plusieures heures, de saucisson, de chips et de Saint-Nectaire... En arrivant je m'empresse de réaliser ce rêve.
Après m'être installé, douché et rassasié, je refais un nouvel itinéraire plus en phase avec mes possibilités physiques. Le plaisir doit rester le maitre mot.

3ème jours : La Tour-d'Auvergne - Salers, 134 km

Pas de Peyrol, Puy MaryDépart 6H50. Je n'ai pas beaucoup dormi, il a plu une bonne partie de la nuit, c'est très bruyant sous la tente. C'est pourtant avec le soleil que je prends la route, pour me mettre en forme je grimpe la côte qui relie le camping au village, des passages à plus de 12% sur 600m, ça donne le ton de la journée. Je file vers le Mont-Dore, ça monte bien, j'ai de bonnes jambes aujourd'hui c'est tant mieux car le profil est exigeant. A la sortie du Mont-Dore, j'enchaine directement sur le col de la Croix-St-Robert situé à 1500 m d'altitude. Les premières rampes sont terribles, mon inclinomètre ne descent pas sous les 7% !!! Après 3 km intenses la pente s'adoucit, je souffle un peu. Le reste de l'ascention se déroule sans difficultés particulières. Il reste un peu de neige sur les sommets, les paysages sont somptueux, j'en prends plein les yeux, un régal. 25 km en 2 heures et déjà 1000m de dénivelé, il est temps de repartir sur Besse. Je m'attendais à une longue descente tranquille, et bien non, la route est usante, ça monte, ça descent sans arrêt. Passé Besse c'est la vallée jusqu'à Condat ça roule tout seul, j'en profite pour récupérer.
La dernière difficulté de la journée approche à grand pas, le Puy Mary. Les premiers kilomètres du Pas-de-Peyrol sont réguliers. Je vois un vetetiste au loin, j'en fais une cible, une folle course poursuite s'engage à 9 km/h (rires). Plusieurs kilomètres plus loin je le rejoins, nous engageons la conversation, il est très sympa. Je lui demande pourquoi le col est fermé en cette saison (quand j'ai lu cette information sur les panneaux j'ai eu un doute, j'ai continué quand même), il m'explique que c'est en raison des blocs de neige qui peuvent glisser sur la route, il reste encore plus de neige qu'au col de la Croix-St-Robert. Arrivent les 2 derniers kilomètres de l'ascension, plus de 9% de moyenne. Je me dresse sur mes pédales, l'effort est terrible, je lutte contre la gravité de toutes mes forces. Je hisse enfin mes 100 kilos au sommet, le décor est grandiose, je suis heureux. Mon compagnon m'offre un verre, je repars vers le col de Néronne puis c'est la descente sur Salers. C'est la plus belle étape du voyage, je suis content, j'en garderai un super souvenir.

4ème jour : Salers - St-Germain-les-Belles, 148 km

Le barrage de l'AigleDépart 6H45. Un froid de canard ce matin. Je ne mets pas un coup de pédale jusqu'a Mauriac, il fait beau, tout va bien. Ca se gâte en descendant au barrage de l'Aigle, un épais brouillard me glace littéralement, la route est abrupte j'ai du mal à freiner, mes doigts sont gélés, quelle galère ! J'arrive finalement au fond de la gorge transit de froid, je n'ai plus qu'a tout remonter ça me rechauffera. Je retrouve le soleil, arrêt à Egleton où je fais le plein de provisions pour midi (part de pizza, pain aux raisins et chausson aux pommes). L'arrivée sur Treignac est interminable, le département de la Corrèze est loin d'être plat, je franchis le col de Lestards qui sera le dernier. Je fais 10 bornes de plus pour trouver mon dernier logement du voyage, et comme pour le premier soir je suis le seul résident. Cette fois ci le camping est en travaux, pas d'eau chaude et une propreté plus que douteuse, mais bon pas le choix.

5ème jour : St-Germain-les-Belles - Ménigoute, 199 km

La VienneDépart 6H10. La nuit a été bonne, je lève le camp plus tôt que d'habitude, j'ai 200 km à parcourir pour rentrer à la maison. Pas un nuage, la journée s'annonce chaude. La route est agréable jusqu'à l'Aiguille en suite c'est 6 km de nationale l'horreur, des camions me frollent, j'accelère. Je suis loin des routes tranquilles du Cantal... Le relief s'aplanit doucement, je roule bien, sans effort. Encore une route à gros trafic entre Pressac et Charroux, viennent ensuite "mes" routes que je connais par coeur, plus de surprise, Ménigoute approche, le voyage est terminé.

 

Le diaporama

Viaduc Isle Jourdain