Paris Brest Paris 2007

Avec l'expérience de mon premier PBP en 2003 avec un depart très rapide et un abandon à Brest, c'est calme et détendu que je me rend sur la ligne de départ avec en tête de terminer coute que coute cette édition 2007.

Médaille Super Randonneur 2007Je suis dans la première vague des 90H, je prends un départ tranquille, si tranquille que je me retrouve seul, pas de panique je ne pense qu'a mon cheminement personnel, les autres peuvent me doubler tant qu'ils veulent je ne serais pas vexé. 70 km un arrêt pour casser la croute, je repars tout aussi tranquillement, arrivé à Mortagne sous la pluie, je prends le temps de bien manger, tout va bien.
Le jour se lève enfin, la nuit humide n'a pas entamé mon morale loin de là, je file donc vers le premier contrôle sans me soucier de mon temps, je gère au mieux ma progression, les changements de braquets sont nombreux car j'éssaie d'être le moins possible en danseuse en gardant une bonne fluidité dans le pédalage en me fatiguant de moins possible. Je pointe à Villaines, je mange et je m'occupe aussi des irritations du cuissard, je repars pèpère vers Fougères. Cette portion est très vallonnée, ça passe sans trop de difficulté, j'arrive au contrôle sans être trop fatigué, une pause de 45 minutes et j'enchaine direction Tinténiac. Les 55 km sont avalés, j'arrive pour pointer bien avant la nuit, pour le moment ma gestion est bonne, comme prévu je repars vers Loudéac. Je décide d'essayer de rouler le plus possible avant la tombée de la nuit, j'avais prévu d'y être sur les coups de minuit. Les 35 derniers kms sont très long, l'envie de dormir est très forte, je suis toujours seul depuis le départ je n'ai pas réussi à me glisser dans un groupe qui roule à mon allure. J'arrive enfin à Loudéac après un final très difficile, ouf je vais pouvoir dormir, je pointe et me rend au restaurant, je regarde mon plateau repas sans pouvoir y toucher, je sens alors que je vais très mal et je demande à un bénévole de prévenir les secours. Je revis exactement la même chose qu'en 2003, le doute s'instale, je reste sous surveillance 1H30. Me sentant mieux je retourne au resto et rebelotte, je ne suis vraiment pas bien, je resterai en tout 4H sous surveillance, je me réveille tout seul. Cette fois ci j'avale un petit dèj et je reprends la route, les jambes tournent bien, je suis rassuré. J'attaque le secteur le plus difficile qui me mène à Carhaix, je vais relativement bien, et j'arrive tout doucement dans la matinée. Je suis remonté à bloc, Brest approche et je commence à penser au retour. Je mange "comme un porc", la faim est là c'est bon signe pour moi, physiquement je suis bien, aucunes douleurs, les fesses sont un peu irrités, rien de grave. Direction Brest ! J'attaque avec un morale d'acier, le paysage est magnifique, je profite de tout ces moments, je suis vraiment en super forme. Une photo sur le pont de Brest et je file au contrôle, cette fois c'est sûre je rentre à Paris. Je pointe avec une petite émotion, je mange plusieurs sandwichs et j'avale quelques biéres, bref je me fais plaisir. Je tire un premier bilan de la première moitié de parcours, mise à part le moment de doute très fort à Loudéac je suis très content de ma gestion, ma progression est régulière, l'alimentation est bonne, et j'ai surtout une soif de revanche qui me tenaille depuis 4 longues années, j'ai le morale au plus haut. Physiquement je suis même étonné de n'avoir aucuns soucis.

A mi-parcoursDirection Paris, quel bonheur de voir les petites flèches "retour". Toujours sur le même tempo j'avance sur Carhaix, la nuit est moins difficile l'envie dormir est moins forte. J'arrive au alentours de 23H30, je mange et je profite des dortoirs ( c'est la première fois que ne dors pas sous surveilance médicale ) 1H30 de repos total. Je remange avant de partir. C'est sous la pluie que je remonte en selle. La nuit est fraiche, la pluie forte, je bois un grand chocolat dans un ravitaillement improvisé. L'arrivée est une fois de plus interminable sur Loudéac, j'arrive au petit matin, la pluie à cessée, j'ai eu froid toute la nuit. Depuis Paris, je n'ai pas quitté mes jambières, ni mes manches longues, c'est en somme un beau mois d'aout... Je repars sur Tinténiac, la nuit a été éprouvante, j'ai mon premier gros coup de barre, je mouline tout doucement mon morale lui n'est pas en berne et j'essaie de penser à autre chose. Juste avant le contrôle secret, je ressent une forte et subite douleur sur la pointe du genou droit, j'ai très mal quand je me met en danseuse. Je profite donc du controle pour manger et decontracter au maximum mes jambes. Je repars avec cette douleur qui je pense ne sera que passagère, Tinténiac est proche et là-bas je pourrais être soigné. Au fil des kilomètres la douleurs devient de plus en plus vive, je m'arrête souvent pour me soulager, rien ni fait j'ai de plus en plus mal. Les 10 derniers km sont terrible, je pédale avec une jambe, le morale est mort et je sais que je serai pas à Paris. Je pousse ma randonneuse dans les dernières côtes la douleur est insupportable, je suis pourtant dure au mal mais la c'est trop. J'arrive lessivé à Tinténiac, je pointe et me rend au poste de secours, sans surprise ils m'annoncent qu'il n'y a rien à faire. J'arrache ma plaque de cadre et je rends mon carnet et ma carte de pointage.

Une fois de plus je ne boucle pas le PBP, 2 participations, 2 abandons. A l'heure ou je vous écris je ne sais pas si je m'alignerai une fois de plus sur un PBP...

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Vélo couché