Paris Brest Paris 2003

Début 2003 j'étais loin d'imaginer qu'une telle épreuve puisse exister ! Je roulais au maximum 200 km tranquillement.

Médaille Super Randonneur 2003Un collègue de mon club de l'époque avait terminé le PBP 1999, il me propose de faire un BRM 200 km avec lui, j'accepte et ce fut le début de l'épopée PBP !
Après ce premier brevet me voilà au départ du 300 km, 4 heures du mat ! Première expérience de nuit, atmosphère unique, particulière... Je suis complètement séduit par cette autre façon de pratiquer le vélo, finalement 300 km c'est faisable même si c'est difficile ! Après avoir digéré ce brevet, je me mets en tête de me qualifier pour ce fameux PBP.
Le 400 arrive très vite, départ 9 heures cette fois-ci il faut tenir une nuit complète ! La journée ce passe bien, avant la nuit je m'arrête manger dans un petit resto où je retrouve 2 compères du BRM. Nous repartons ensemble, dans la nuit nous rejoignons d'autres cyclos embarqués dans la même galère, nous finissons en groupe. Cette nuit fût terrible pour moi, l'envie de dormir était si forte qu'il était dur de garder les yeux ouverts, ensuite quand le jour se lève la partie est gagnée !
600 km ! Je suis stressé ce matin de Juin 2003, j'ai 40 heures pour en finir et me qualifier ! Il fait chaud, très chaud, la longue montée de Tournon à Lamastre m'achève, j'ai un peu plus de 200 bornes dans les pattes et je suis mort. Epuisé je m'arrête dans une pizzeria, j'ai envie d'abandonner ! Je discute avec le pizzaiolo pour me changer les idées, j'avale une pizza. Deux heures passent, je prends mon courage à deux mains où plutot deux pédales et je remonte sur mon vélo, je suis encore explosé, le brevet va être long... Tout doucement mes forces reviennent, j'attaque la nuit plein d'énergie, mais peu après c'est l'envie de dormir qui me coupe les jambes, je dors littéralement sur le vélo. Un arrêt de bus me sert d'hotel, je dors 1 heure. Au petit matin pause dans un café, petit dej et je repars. Pas trop la forme aujourd'hui, il reste à gravir le col du Chat, le braquet de 30x25 est le bienvenue et me hisse au sommet. Dans la descente je crève !! Putain je suis maudit ou quoi ? Tant bien que mal je ralie l'arrivée en 35 heures ( trop long 35 heures de boulot lolll ). Très fatigué mais heureux je suis qualifié pour le PBP.

Jour J

Voilà j'y suis ! Controle de mon vélo la veille, ouf pas de soucis.
Je participe au prologue de 35 km le matin du départ ( est-ce bien utile ? bah oui le T-shirt offert à l'arrivée... lol ).
Je suis impatient que le départ soit donné, cette journée d'attente est interminable, bref je glande. Repas vers 19 heures. Je me rends tranquillement sur le stade de départ. Il y a un monde fou ( visiblement tout les participants veullent prendre le premier wagon de départ ), bousculade au moment de l'ouverture !! Ils sont complètement déchainés ces cyclos !!! Je pose tant bien que mal mon vélo sur l'aire réservée aux machines, je vais "pointer". Je reviens content de me rendre enfin sur la ligne, j'éssais de pousser mon vélo mais la roue arrière est coincée !!! PUTAIN c'est pas vrai, un espèce de crétin a fait tomber mon vélo et la machoire du frein a bougée, pas de bobo mais un bon coup de stress. Je reste debout serré comme dans une boite de sardines, agglutiné aux autres cyclos, l'ambiance est bon enfant.
J'accède ENFIN à la ligne de départ, je me remémore les brevets, les bornes de l'année, je suis remonté à bloc !
22 heures trente, le coup de pistolet libère les avaleurs de bitumes ! J'avale les 223 premiers km à fond, je me sens si bien ! Petite pause le temps de bien manger et je repars... toujours aussi vite. KM 311, je ressens un peu de fatigue mais bon ça va. Premier coup de barre, j'atteinds péniblement Tinténiac, KM 366. C'est le début de la fin, plus jambes, un moral au plus bas, je n'avance plus, les points de controle avec repas n'y changent rien, j'ai roulé comme un con et je le paie au prix fort. J'arrive malgré tout à Carhaix à minuit, je mange et au moment de me lever de table, plus de son ni d'image, les secouristes me prennent en charge, je dors sous surveillance pendant plusieurs heures. Réveil en sursaut, je suis où ? je suis encore dans les délais ? un secouriste me dit que oui. Il m'explique que j'ai fait un petit malaise ( 35 de pouls et 9 de tension ). Petit dèj, je suis dans un état comateux, je remonte en selle direction Brest. Un enfer, jamais ne n'ai souffert comme ça sur un vélo, plus aucune force. Brest ça y est, je suis un zombie, je décide d'abandonner, je suis psychologiquement au plus mal.

Voilà ma première tentative, dans la douleur, l'expérience m'a fait cruellement défaut. Mais maintenant je sais ce qu'il ne faut pas faire !!! Rendez-vous dans quatre ans pour achever la randonnée...