Flèche Vélocio 2017 au départ de Châtillon-sur-Loire

Lors du Dodécaudax de décembre dernier, Thierry m'avait parlé de monter une équipe pour la prochaine Flèche Vélocio. Je suis partant car ma dernière Flèche remonte à 2012 et je suis d'attaque pour remettre le couvert. Les semaines passent et une équipe se met en place avant de changer en cours de route. Elle est donc composée d'Alain le capitaine (Vélo Loisir Montais), Thierry (Cyclo Quartier Beaulieu Poitiers), Pedro (Union Sportive Vendomoise), Vivian et moi-même (Audax Club Parisien). Nous avons un chauffeur de luxe pour l'assistance, il s'agit de Guy (Audax Club Parisien). Voilà une équipe qui a de la gueule, il n'y a que Vivian que je n'ai jamais vu. Le seul hic c'est que nous ne pourrons pas rouler tous ensemble avant le départ. Je fais les 200 et 300 de Ménigoute avec Thierry.
Au niveau de la logistisque nous serons suivi par Guy dans le camion de Thierry. C'est la première fois que je roule avec assistance, c'est une autre manière d'appréhender la longue distance. Une partie de la bouffe en commun et un ravito personnel pour bourrer les poches. Nous pourrons donc partir léger sur le vélo. La théorie étant en place je suis impatient de mettre tout ça en pratique !

Pique-niqueJeudi soir Thierry passe me prendre à la maison. Nous nous rendons à Vendôme chez Pedro et son épouse qui nous hébergent (très bonne soirée). Le lendemain direction Blois pour récupérer Alain et organiser le camion. Il en faut du matos pour 6 gars ! Dernière ligne droite pour nous rendre au point de départ, Châtillon-sur-Loire. Décollage prévu à 13H, nous sommes sur site vers 11H30. Guy et Vivian arrivent quelques minutes après nous. Nous ne sommes pas les seuls à partir d'ici. Une équipe du Cercle Jules Ferry est partie à 11H et une équipe de l'US Métro partira à 13H30.
On se fait un bon casse-croûte puis préparation des machines et des bonhommes. Le temps tourne vite, il faut pointer ! La prochaine fois nous ne pointerons pas au bar/restaurant "Le Vieux Port" car l'accueil n'est pas des plus sympathique...

Le départ13H, la photo du panneau de sortie de la ville est prise. C'est parti pour 24 heures de vélo. Le temps est idéal et le vent faible. Nous nous mettons en ordre de bataille, les relais s'organisent. Je me sens très bien, je suis à l'aise. Le parcours plat favorise notre avancée, nous sommes peut-être un poil trop rapide. Mais je ne pense pas, ce sont surtout les accélérations de certains relais qui peuvent user. Pas évident à 5 d'avoir un rythme linéaire, c'est la difficulté d'une épreuve par équipe. Toujours est-il que nous sommes au premier contrôle de Cuffy à 15H45. Nous piochons dans le camion pour refaire le plein des poches. Guy fait le pointage.

Sur la route10 minutes d'arrêt et ça repart ! Toujours extra plat car nous longeons la Loire, ça roule. Toujours notre problème d'à-coup sur les relais. Alain m'en parle et je passe l'info à Thierry. Notre point faible c'est que nous n'avons jamais roulé TOUS ENSEMBLE avant cette Flèche. Pour schématiser l'équipe est composée de diesel à qui il faut le temps de chauffer et d'essence qui part au quart de tour. Je peux comprendre l'agacement d'Alain qui est un randonneur régulier et très expérimenté, donc rouler comme ça ne lui convient pas trop. Les kilomètres défilent rapidement, je suis toujours très bien. Thierry et Pedro ont aussi l'air très bien. Vivian que je ne connais que depuis quelques heures participe sans broncher. Alain me dit qu'il veut arrêter au contrôle. Ce serait dommage car il est notre capitaine et qu'il a organisé notre aventure depuis un bout de temps. Mais je sais que sa décision est ferme et définitive... Nous arrivons donc à Diou, il est 18H50 (nous avons une vingtaine de minutes d'avance sur notre moyenne haute). Sans surprise Alain stoppe ici... De nouveau je fais le plein des poches et des bidons. J'avale un sandwich arrosé de coca. Nous pressons gentillement Thierry car le temps passe vite sur un contrôle (pour celui-ci 25' ça fait long !).

Contrôle LentignyNous repartons donc à 4. Ca fait quand même chier pour Alain... Nous longeons toujours la Loire, c'est monotone mais bon faut faire avec. Nous avons toujours un bon rythme. Environ une heure après la reprise Pedro nous informe que son genou lui fait mal. Aïe, il avait déjà un problème en début de saison et malheureusement il n'y aura pas de miracle pour la Flèche ! Nous informons Guy et Alain qu'il faut récupérer Pedro. Ce sera chose faite à la tombée de la nuit juste avant Vindecy. En 7H30 nous avons épuisé notre crédit de 2 abandons, encore un et l'équipe ne sera pas homologuée ! Nous repartons tous les 3 mais le moral est bon, il le faut car le chemin est encore long. Il fait nuit à présent et quelques bosses nous permettent de changer de position, ce qui n'est pas fait pour me déplaire. La traversée de Roanne est assez chiante. Je commence à avoir un peu froid, le contrôle est à moins de 10 bornes ça ira. Nous y sommes à 22H30. Nos désormais 3 suiveurs nous ont fait chauffer un gros plat de pâtes. Je me couvre avant de me jeter sur les spaghettis.

Contrôle VeaucheCet arrêt a duré plus de 30' mais il était important pour préparer la nuit. Nous attaquons le secteur le plus accidenté. Vivian a un peu plus de mal dans les bosses, pas de problème nous gèrons. Vu le palmarès de Vivian aucune inquiétude il se connait très bien. Moi je vais bien, Thierry à l'air aussi en forme. Ca roule ! Rien de marquant à signaler durant cette section. Mis à part une descente à vive allure, mais pas technique du tout. Donc pour moi ça passe mais il fallait pas louper la route sur notre gauche menant à Pommiers (un bon coup de frein). J'ai jeté un oeil sur le compteur à la 12éme heure, 299 km ça avance. A 1H40 Veauche est atteint. Cette fois-ci nous avons droit à une bonne soupe chaude. Alain nous annonce qu'il veut reprendre la route avec nous sachant qu'il ne sera pas homologué.

Contrôle GivorsA 2H nous décollons. Il reste une vingtaine de kilomètres "difficiles" avant de retrouver la platitude jusqu'au bout ! Depuis la reprise j'ai un petit coup de moins bien. Je suis mais je ne passe plus devant. Le vent étant favorable ça ne pénalise pas trop l'équipe. Je suis donc en mode automatique, j'attends le lever du jour... A 3H55 nous arrivons en gare de Givors, 20 mn d'arrêt. De mémoire nous avons droit au café et brioches.

Après la Loire c'est le Rhône que nous longeons. Il ne reste que quelques heures nuit, toujours les mêmes sensations pour moi. Je pédale comme un automate en fixant la roue qui me précède. Les kilomètres défilent bien car nous passons la barre des 400 kilomètres. 422 exactement à Saint-Vallier pour l'arrêt qui marque le lever du jour, il est 6H22.

A la reprise je passe devant pour me réveiller, ça me fait du bien ! Un grand soleil se lève, le vent est dans le bon sens. Le final de la Flèche s'annonce bien. Par contre nous abordons à présent des routes droites sans relief et assez passantes. La monotonie est cassée par une équipe de gros rouleurs (ACBE Le Perreux) qui nous dépasse sans un mot. Thierry saute dans les roues, du coup nous aussi ! Le passage de 30 à 35 km/h est quand même assez brutal... Nous les collons un moment, peut-être une dizaine de kilomètres. Sommes-nous dans l'esprit et surtout le réglement ? Dans le doute, et pour le pas être disqualifiés nous laissons filer. De toute façon je ne sais pas si aurions pu continuer ainsi. Guy se porte à notre hauteur et nous signale que le groupe du Cercle Jules Ferry (qui est parti 2H avant nous) n'est pas loin devant. Ca y est nous les avons en point de mire. On accélère un peu pour les rattraper. Un petit coucou à Didier et Séverine et nous poursuivons notre route. A 9H nous stoppons à Cruas. Il fait déjà chaud je me déshabille. Sandwich et coca, plein des poches.

Il nous reste 3H30 pour boucler la Flèche. Pour moi le defi est largement rempli car nous passerons sans problème le cap des 500 bornes. C'était un objectif personnel, maintenant les kilomètres suppléménetaires sont du bonus. A Pierrelatte nous passons de la D86 à la N7. Là la circulation devient vraiment pénible (n'oublions pas que c'est le week-end de Pâques), ça me saoule un peu ! Le réglement impose un pointage à la 22 ème heure. Celui-ci est fait à Mondragon, nous repartons aussi sec. Le camion nous attend à Orange distant de 16 petit kilomètres. Nous y sommes à 11H40.

Arrivée pont d'Aramon10 minutes plus tard nous sommes en selle pour la dernière ligne droite. Je sens que Thierry va tout donner sur la dernière heure... ça va faire mal ! Nous cafouillons pour sortir d'Orange. Comme prévu Thierry mène un train d'enfer, le sprint est lancé : objectif Pont d'Aramon. Après Villeneuve-les-Avignon, notre cap passe à l'ouest. Le vent est de coté, ça devient difficile. Thierry fait un festival, quel finish (après analyse de mon fichier GPX, 31 km la dernière heure) ! A 13H nous sommes effectivement au Pont d'Aramon, 589 kilomètres au compteur.

Bilan

Comme je l'ai écrit plus haut, la difficulté d'une Flèche n'est pas tant le kilomètrage ou le profil du parcours. C'est justement de rouler en équipe, et notre départ en est l'illustration ! Trop rapide pour certains, pas assez pour d'autres. Ne pas avoir roulé ensemble avant ne nous pas donné l'occasion de mettre au point nos envies et objectifs. C'est une chose à règler pour de futures Flèches. Sinon la Flèche c'est très bien passée dans une bonne ambiance. Et je remercie toute l'équipe pour ce super week-end.

Le lendemain

VélocioAprès une bonne soirée pizzéria et un repos bien mérité nous nous rendons sur le lieu de la concentration Pascale (Alain, Guy et Vivian à vélo), Vénéjan. Nous remettons nos cartes de route à Michèle Hugon. Puis nous saluons quelques connaissances. Lors de l'annonce des résultats nous apprenons que nous sommes 7 ème, c'est pas mal... S'ensuit un bon casse-croûte tous les 6. Vivian et Guy nous racontent leurs multiples Flèches et autres pérégrinations cyclopédiques. On s'est bien marrés !!! La soirée (de nouveau pizzéria) sera également excellente...

Epilogue

Nous sommes sur le retour, soudain le camion n'avance plus. C'est la panne !! Nous sommes à Villeneuve-sur-Allier, près de Moulins. Après les tractations avec l'assurance de Thierry, le remorquage et la prise en charge. La journée fût bien longue... c'est dommage de finir ainsi mais ce sont les aléas du voyage !

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Un grand merci à mon épouse et à ma fille que j'ai laissé seules pour Pâques.

Le diaporama

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