Le Douze Cents

C'est l'objectif de ma saison, le Douze Cents. J'ai une revanche à prendre sur cette randonnée car en 2012 j'avais abandonné après la première difficulté. Cette année je me présente au départ très bien préparé, affûté comme jamais et avec un vélo plus léger.
Niveau préparation c'est comme toujours les BRM Ménigoutais avec un 1000 volontairement difficile. J'ai aussi commencé à vélotafer au mois de juin. Les jambes tournent très bien, le 1000 en est une confirmation.
Niveau affûtage, j'accuse un poids de 59.8 kg au départ. J'ai entrepris ma perte de poids dès janvier pour ne pas m'épuiser au dernier moment. J'ai donc perdu 6 kg, ce sera toujours ça de moins à trainer dans les cols et autres bosses du parcours.
Niveau vélo, là ce n'était pas prévu. Lors du 300 le filetage de mon boitier de pédalier a rendu l'âme. Heureusement que j'ai conservé mon vieux Lapierre avec lequel j'avais fait les brevets en 2003 et la moitié du PBP. Je gagne là aussi 6 kg.
C'est donc un Yvan surmotivé qui est prêt a relever ce défi. La seule vraie expérience de brevet montagneux est la Super Randonnée de Haute Provence que j'avais effectuée en 2013. C'était vraiment chaud pour tenir les délais mais je reste très confiant !

Le départ approcheJe me rends donc à Tours (à vélo) la veille pour avoir une bonne nuit de sommeil. Malgré le bruit, la chaleur et les moustiques qui m'ont dévoré. Je suis quand même bien reposé. Je dévalise le buffet du petit dèj de l'hôtel. Quelques courses pour la journée et le début de brevet. Je quitte l'hôtel avant midi direction Veigné distant de 8 kilomètres.
Quelques cyclos sont déjà sur place, ce qui permet de discuter en attendant le départ. Après avoir mangé j'essaie de faire une petite sieste à l'ombre mais je n'arrive pas à m'endormir, pas grave ça détend quand même. J'ai plaisir à revoir des randonneurs et à en découvrir d'autres, c'est toujours très agréable.
Vers 16 H ça commence à s'animer, retrait des documents, photos et repas réservé au restau du coin. Je mange en bonne compagnie, c'est sympa. Un coup de fil à la maison pour prendre des nouvelles de mon épouse et de ma fille qui a un abcès dentaire (ça fait mal). Les nouvelles sont rassurantes tant mieux.
Le maire de Veigné nous encourage. Puis c'est à Jean-Pierre notre GO de prendre la parole et donner les dernières consignes. Nous faisons une minute de silence en mémoire de Richard ELLIS victime d'un accident de la route sur son vélo...

Première nuitNous sommes 51 randonneurs à prendre le départ de cette deuxième édition. Trois vagues d'une vingtaine de cyclos sont prévues, espacées de 20 minutes. Je suis de la première à 20H.
Nous voici donc lâchés à l'assault du Massif Central ! Les costauds partent tambour battant. Je suis dans un groupe de 8, ça roule bien. Même très bien, pas le temps de trop bavarder. La nuit tombe rapidement. La route est plate sans aucune difficulté, il faut en profiter ça ne durera pas. Je suis content de rouler en groupe, j'espère qu'il en sera autant toute la nuit ! 23H15 nous sommes à Le Blanc, nous n'avons effectivement pas traîné ! Le contrôle est fait par l'organisation, je picore un peu et c'est reparti.

BourganeufC'est grosso modo le même groupe qui reprend la route. La tête de le seconde vague est déjà là. Je vois Didier (dit chéri), nous avions fait le 400 cette année en compagnie de Séverine (sa chérie). Avec la première et seconde vague un nouveau groupe se forme. L'allure ne faiblit pas malgré les petites bosses qui tentent de nous ralentir. A La Souterraine, une pause pipi et grignotage s'impose. Didier (dit aussi la fouine) trouve l'entrée secrête d'un gymnase ! Royal nous pouvons remplir les bidons. La suite du parcours est plus vallonnée, nous ne tardons pas à atteindre Bourganeuf lieu du second contrôle. La séance photo s'éternise devant le panneau. Nous repartons et... le camping car (deuxième véhicule suiveur) nous attend sur un parking. J'en profite là aussi pour manger et boire un peu, et refaire le plein des bidons.

MauriacLe jour ne va pas tarder à se lever et les choses sérieuses vont commencer. Le groupe n'est plus, je me retrouve seul. Le jour à finalement du mal à se lever, le brouillard l'en empêche. Il ne fait pas bien chaud, je suis sur le plateau de Millevaches. Je double et me fait doubler par quelques cyclos, c'est le chassé croisé du Douze Cents. Le soleil finit par vaincre, les kilomètres défilent. A Meymac, une boulangerie m'attire irrésistiblement, je crois avoir pris du salé. Deux gars arrivent (désolé je ne me souviens plus des noms), j'ai roulé avec un des deux sur la Ronde Aquitaine d'il y a deux ans, l'autre porte un maillot Bike Death Valley avec un cycliste squelettique (il me plait bien ce maillot) qui prédit peut être ce que nous serons dans quelques temps dans les difficultés du parcours. Nous repartons ensemble et revenons sur Thierry qui à fait les 200, 300 et 400 de Ménigoute, un costaud. De bonnes montées se dressent devant nous à présent. Nous arrivons à Mauriac à 11H, il faut faire le plein des sacoches et manger un bout avant d'attaquer le Puy Mary. Tiens j'ai une petite (voir une grosse) revanche à prendre...

Au sommet du Puy MaryL'approche du col est assez longue, une trentaine de kilomètres avant le final. La route monte et descend sans cesse. Je roule en compagnie de Thierry, pour le moment tout va bien. Au Falgoux une fontaine nous donne l'occasion de faire le plein d'eau et de manger sucré pour préparer les fortes pentes qui nous attendent. On repart à bloc ! Non je déconne, on repart tranquille. Je me remémore l'ascension de 2012, quel coup de bambou... Mais aujourd'hui j'ai une toute autre forme. Nous rejoignons la D680, ça va se corser ! Ça y est les deux derniers kilomètres, j'y suis, la route se cabre. Mon plus petit braquet est un peu long, 30x25. Seule solution se dresser sur les pédales en danseuse. C'est très difficile j'ai du mal a emmener le développement (2.56 m). Mes jambes brûlent et j'ai le souffle court. J'aborde le dernier virage, j'ai envie de mettre pied à terre. Non bordel tu y es presque ! Je ne sais pas trop pourquoi mais les larmes montent, grosse émotion. Le parking est bientôt là. Jean-Pierre m'encourage, plus que quelques mètres. Je m'arrête juste après le véhicule où Pascale attend. Il me faudra quelques minutes pour reprendre mon souffle et descendre du vélo. Thierry arrive peu de temps après moi.

Bon il faut repartir, j'ai très apprécié ce contrôle secret qui valide le pointage de Saint-Cirgues de Jordanne. Le plus dur commence pour moi : la descente ! Je suis nul il faut bien l'avouer. Je suis crispé et j'ai peur, je ne me repose pas du tout et ne prends aucun plaisir. C'est donc sur les freins que je ferai ces 20 kilomètres. Au sommet j'avais demandé à Thierry de ne pas m'attendre, on verra bien si on se croise plus tard. Je suis donc surpris de le voir à Saint-Cirgues de Jordanne. Le vent de face l'a incité à m'attendre, à deux nous serons plus efficaces. Malheureusement pour lui je ne suis pas un gros rouleur, j'ai du mal à prendre des relais. On fait tout de même fumer le grand plateau jusqu'à Aurillac. Une pause ravitaillement et casse-croûte nous fait le plus grand bien. Jean-Pierre nous a prévenu nous allons attaquer le secteur le plus difficile, 2000m de dénivelé sur 80 kilomètres avec de la navigation en plus. Cerise sur le gâteau il fait une chaleur à crever...

La côte d'Arpajon donne tout de suite le ton ! Ça va faire mal, c'est le petit plateau qui va chauffer maintenant ! Les montées et descentes sont incessantes sur des routes minuscules. Je suis bien content de passer ici de jour. Les descentes sont une horreur pour moi. Il y en a une particulièrement technique avec des épingles dans un bois et des gravillons évidemment. De nuit je l'aurai faite à pied. Thierry est vraiment sympa car il m'attend quand je prends énormément de temps dans les descentes. Je lui dis de filer si c'est trop long, il restera jusqu'au bout avec moi, je ne l'oublirais pas de sitôt ! Il fait chaud et les bidons se vident. Pas âme qui vive, c'est le désert ! Au détour d'une route un centre équestre perdu dans la nature Séverac-le-Châteaus'offre à nous ( http://le-batut.com/ ). Nous pourrons y faire le plein, quel bonheur ! Sans surprise les propriétaires nous indiquent que ça monte encore beaucoup jusqu'à Lassouts. Ils disaient vrai !!! Nous sommes soulagés d'avoir passé ce secteur. Direction Séverac-le-Château, Jean-Pierre nous avait dit qu'il y aurait le camping-car pas très loin du contrôle. Thierry à réservé un hôtel, moi je dormirais près du camping car sous ma couverture. Mais nous arrivons au contrôle et personne, il est 23H44. Tant pis je dis à Thierry que je poursuis, il me propose de partager sa chambre. Il n'a pas besoin d'insister beaucoup j'accepte volontiers sa proposition. Douche, plateau repas c'est grand luxe pour moi. Il y avait un bail que je n'avais pas dormi au chaud sur un brevet.

Mont AigoualAprès 4H de sommeil, nous reprenons la route il est 5H30. Houla, il part fort le Thierry mais la route monte un peu, ouf. 1H après notre départ nous franchissons le premier col de la journée, le col de Saint Rome de Dolan. C'est aussi ma première descente de bon matin, la route est pleine de gravillons que du bonheur. Un cycliste me double à fond, je me dis qu'il va se tuer sur cette route pourrie. C'est Stéphane (dit Popiette), suivi d'un ancien coursier parisien avec qui j'avais mangé à midi le jour du départ. Nous faisons route tous les 4 à présent. Nous cherchons un commerce ouvert à cette heure matinale. C'est chose faite à Meyrueis ou je fais le plein dans une boulangerie, puis nous prenons un verre (plutôt un chocolat chaud pour moi). Cette pause me fait du bien, juste avant le Mont Aigoual. Mais avant il faut gravir le col de la Sereyrède distant de 25 kilomètres. La pente est douce et régulière, j'ai la forme. Nous rejoignons un participant du Douze Cent, j'apprendrai à l'issue du brevet que c'est un très grand coureur à pied (Luc). Depuis la sortie de Meyrueis je guette mon téléphone pour voir s'il y a du réseau, je n'aime pas laisser mon épouse sans nouvelle. J'ai enfin du signal, je m'arrête laissant mes compagnons poursuivre leur chemin. Mon épouse et ma fille vont bien, je suis content d'avoir des nouvelles et d'entrendre leurs voix. Je reprends la route, les jambes tournent toute seule ! Je passe le col de la Sereyrède sans effort, une légère descente (qui me ravie) et c'est l'ascension du Mont Aigoual. Le vent souffle bien fort et il ne fait pas bien chaud. Je grimpe toujours aussi bien, j'aperçois Thierry et Stéphane dans les derniers hectomètres. Nous finissons tous les 3. Quel vent au sommet ! Ca me rappelle le Mont Ventoux sur la Super Randonnée. La photo contrôle est prise à 11H, j'enfile mon coupe-vent car la descente va être longue.

Le Pont de MontvertJe suis encore plus prudent car le vent me gêne beaucoup, la route est large heureusement. Après quelques kilomètres ça se complique pour moi car il faut bifurquer sur Cabrillac, la route est nettement moins large et plus sinueuse. La descente enfin terminé la chaleur se fait sentir, déshabillage obligatoire. Thierry et Stéphane doivent être loin devant, je me retrouve seul. Jusqu'à Florac c'est plat, j'en profite pour m'alimenter sur le vélo. Cette étape fait moins de 60 kilomètres et une fois passé Florac la route remonte légèrement. Je roule tranquille. Au loin j'aperçois un cyclo, une fois à sa hauteur je le reconnais, c'est Irvin. Un solide que vient de participer à l'Extrême Ride Bike 11. Il est un peu handicapé par une douleur au genou. Nous nous suivons sur Strava, c'est sympa de rouler ensemble en vrai (nous avons fait connaissance au départ). Je poursuis mon chemin jusqu'au Pont de Montvert que j'atteinds avant 14H. Irvin et Stéphane (qui est de retour) arrivent juste après moi. Stéphane m'informe que Thierry à fait une pause casse-croûte à Florac, nous nous reverrons peut-être plus tard dans la journée... Pour l'heure les sacoches sont pleines, juste le plein d'eau à faire et je repars.

Saint-Chély-d'ApcherC'est directement le col de Finiels qu'il faut gravir, les pentes ne sont pas très raides mais le col fait 12 kilomètres. A 15H je suis au sommet, j'ai géré. Descente jusqu'au Bleymard ou je fais le plein de nourriture dans une supérette, Stéphane arrive (je ne me souviens pas avoir vu passé Irvin dans la descente, il est devant c'est sûr). Le camping car du Douze Cents est là aussi, grosse pause casse croûte qui fait du bien (je me suis empiffré...). Stéphane me dit en rigolant que je monte plus vite les cols que je ne les descends, il n'a pas tort ! Là aussi un grand plaisir de voir ces merveilleux et généreux bénévoles qui nous suivent et dorment eux aussi très peu pour veiller sur nous. Je reprends la route repu, je me dis que je vais rouler tranquille pour digérer. Mais non !! Ce sont des rampes très raides qui me surprennent, je resterai tranquille un autre jour ! Il faut lutter sur cette longue ligne droite interminable. Et là je me souviens d'une discussion au départ, les récidivistes parlaient d'un col court mais difficile. Ils rigolaient bien, moi je rigole moins debout sur le vélo à gagner mètre après mètre. Voilà ENFIN le panneau du col du Goulet. Ensuite ça descend légèrement puis la route s'aplanie. La col de la Pierre Plantée est une formalité. La descente est faite pour moi !!! Un faux plat descendant sur une route large, non ne rigolez pas je l'ai beaucoup apprécié. Pour la suite pas trop de souvenir. J'arrive à Saint-Chély-d'Apcher à 19H30, je traverse sans trouver de commerces. Photo donc et j'avale un sandwich. Irvin me rejoint, je le pensais devant.

AllanchesNous repartons ensemble direction Saint-Flour où il dormira à l'hôtel, moi je poursuis ma route. Avant Saint-Flour le passage vers le magnifique viaduc de Gabarit en fin de journée est superbe. Depuis le dernier contrôle pas de difficulté, un moment ou il faut bien récupérer car la nuit ne sera pas de tout repos. Je suis à Saint-Flour vers 21H30, j'aperçois un gilet jaune dans un rond-point. Peut-être un randonneur ou mon imagination. En faisant mon road-book j'ai bien vu que la traversée me serait pas aisée. Je n'ai plus de GPS depuis mon dernier 1000. J'ai une application sur mon mobile qui affiche ma trace. Je ne m'en sers qu'en cas de doute. J'accélère quand même pour rattraper mon fantôme. En guise de fantôme je rattrappe un randonneur allemand dans une côte impressionnante. Je m'accroche à lui et je profite de sa navigation. Le gaillard est costaud je le perds de vue juste à la sortie de la ville. Coup de bol de trouver là un participant du Douze Cents à cet endroit précis. La nuit tombe et j'arrive à Allanches à 23H45, rapide contrôle photo.

A peine 5 kilomètres plus loin le sommeil me prend. Je trouve un coin abrité du vent (le bois de Mauve) car ça souffle fort. Il est minuit passé, j'avale mon riz au lait et bois la moitié d'un bidon. Je n'ai pas de sac de couchage mais un sac à viande. Je dois être aux alentours des 1000 m d'altitude il ne fait pas chaud. Je programme le réveil pour sonner dans 3H. Je me réveille au bout de 2H. Ma "sieste" à été entrecoupée par pas mal de réveils dû au froid. J'enfile tous les vêtements emportés (bonnet, gants, chaussettes d'hivers, maillot manches longues, jambières, manchettes sans oublier le coupe vent) et lève le camp vers 2H30.
col de la Croix Saint-RobertJe suis gelé, ce n'est pas le col de Malmouche qui me réchauffe. Sans le panneau je ne me serai pas aperçu que c'était un col. Par contre le col de Montgreleix est plus coriace, la vache ça grimpe ! Un dernier col franchi dans la nuit, celui de la Chaumoune. Cet enchaînement de cols associé au froid et à la nuit m'ont bien entamé... Je mange essentiellement des barres de céréales et du cake, j'ai envie de sucré. J'arrive à Besse en n'étant pas au mieux de ma forme. Je peine à trouver ma route malgré la trace et mon road book (la fatigue ?). Je mange encore, j'aurai bouffé un éléphant ! Je suis à 19 kilomètres du col, il va falloir prendre son mal en patience. Je progresse au rythme du levé du soleil, c'est magique. Plus le jour avance et plus les jambes se réveillent. La pente est plutôt régulière, j'avance tranquille. A 7H je suis au sommet du col de la Croix Saint-Robert, dernier col du Douze Cents. Photo souvenir et j'avale ma barquette de taboulé. Je ne savoure pas cette ultime grande descente (vous l'avez compris depuis le temps) menant au Mont-Dore puis à La Bourboule où je prends d'assaut la première boulangerie venue (en n'oubliant pas de pointer ma carte (7H50)). Du salé et du sucré, j'ai encore faim !

AubussonLe plus dur est derrière moi mais il reste tout de même 300 kilomètres à parcourir ce qui n'est pas rien. Quant à mon plan de route (je n'en ai pas encore parlé) je suis en retard de 2H50. Rien de dramatique au vu de la difficulté du parcours, je pense rattraper pas mal de temps sur cette partie plus plate. Mais ce n'est pas pour ce matin, les sensations ne sont pas bonnes. Je pinaille beaucoup en m'arrêtant souvent pour enlever couche par couche mes vêtements. Je m'agace tout seul car je n'aime pas rouler comme ça. Seul arrêt utile dans une épicerie pour acheter une bouteille d'eau car je suis à sec. En effet c'est une matinée ensoleillée, il commence à faire chaud. Je continue à m'alimenter régulièrement, je sais que les jambes vont revenir c'est une question de temps donc de patience. Oui les cols sont passés mais la route reste valonnée avec parfois de bons coups de cul. J'arrive néanmoins à Aubusson à 12H30. Un monde fou dans la boulangerie. Après un bon quart d'heure je passe commande, pointe et file.

Mézière-en-BrenneLa route longe la Creuse pendant une vingtaine de kilomètres jusqu'à Moutier-d'Ahun (km 1000), très joli passage. Je profite aussi de l'ombre car c'est assez boisé. J'enchaîne les bosses, les jambes tournent nettement mieux. Vers 17H j'entre à Aigurande et je ne manque pas l'occasion de faire le plein de nourriture et de boisson pour tenir jusqu'au bout du brevet. C'est plus que roulant maintenant ça descend même, là j'ai vraiment le second souffle. Mains en bas du guidon, j'enroule bien le grand plateau. Incroyable après cette matinée calamiteuse. Les kilomètres défilent c'est l'euphorie. Pourtant en traversant Argenton-sur-Creuse, je suis pris de nausée. Avec la chaleur et les échappements de voiture, je suis limite à vomir ! Quel coup de bambou. A peine sorti de la ville je m'arrête à l'ombre pour reprendre mes esprits. J'avale le coca acheté tout à l'heure et mange quelques pims. Je repars ça va mieux. Du coup je me tape toute la boite de pims en roulant... La route est plate ça avance de nouveau. Je me fais doubler par deux gars du brevet, je reconnais l'espagnol avec qui j'avais roulé la première nuit. Je n'arrive pas à les suivre tant pis. Je fais la photo de pointage de Mézière-en-Brenne à 20H50. Je n'ai plus qu'une heure de retard sur mon plan. J'estime qu'il est possible d'arriver à l'heure prévue si le début de nuit se passe bien. C'est un challenge dans le challenge ! Je passe un coup de fil à la maison. Mon épouse ne va pas fort ce qui me met la pression car je dois rentrer chez moi à vélo après le brevet...

Dernière nuit...78 kilomètres me séparent de l'arrivée et une bonne heure avant que le jour ne se couche. Ca devrait le faire, pour le moment en tout cas ça va bien. Je profite des dernières lueurs pour avancer le plus possible. Puis j'ai l'impression que la nuit s'abat dans seul coup. J'ai tout de suite froid, je me couvre. La tête veut mais le corps à vraiment du mal. Je n'avance plus, l'envie de dormir n'est pas encore présente mais je sais que ça va être difficile. La sensation de tourner en rond ajoute encore à la fatigue. J'en ai marre, je m'arrête souvent pour contrôler que je suis bien sur la bonne route. La traversée de Beaulieu-lès-Loches est pénible. L'itinéraire suit le court de l'Indre, avec l'humidité ça caille dure. Maintenant le sommeil me prend. Je m'arrête pour fermer les yeux. Il ne reste plus que quelques kilomètres, que c'est long... Le passage à Cormery est une horreur de navigation, la suite aussi avec tous les itinéraires vélo à suivre. Pas un panneau Veigné ! D'un coup un gros coup de cul sorti de nulle part. Je commence à m'impatienter, quand vais-je en finir ? Je suis tout proche pourtant ! Veigné enfin, je ne reconnais rien, ou est le gymnase ? Un coup d'oeil sur la trace, je suis en train de repartir pour une seconde boucle. Demi-tour, ça y est je me repère. J'arrive à 1H52, je suis content, je l'ai fait !

Je tiens à remercier Jean-Pierre et toute sa formidable équipe de nous faire vivre ce si beau et difficile brevet... A dans 4 ans !

Le diaporama

sans nom