Le Douze Cents

J'ai été tout de suite séduit par ce nouveau brevet de 1200 km proposé par Jean-Pierre Mary de l'Union Cyclotouriste de Touraine. Les inscriptions sont limitées à 50 randonneurs, pour ne pas rester sur le bord de le route je m'inscris rapidement.
Le jour J est déjà là, que le temps passe vite. Ma préparation se résume à la série de BRM du 200 au 600, et à une Flèche Vélocio. Mon plan de route est simple, je vise les horaires de fermeture tout simplement. Car le caractère montagneux de l'épreuve ne me laissera pas beaucoup de marge de manoeuvre.

BriefingMe voici donc à la gare de Saint-Pierre-des-Corps le lieu de départ se trouvet à 6 km. Bon nombre de participants sont arrivés, je vais retirer ma carte de route et la plaque de cadre. Je retrouve des Rubans Blancs et des participants aux brevets Ménigoutais. Jean-Pierre nous fait un briefing sur le déroulement de la randonnée. Tout est en place, le départ est donné en deux vagues.

Les 200 premiers kilomètres ont été réalisés dans la nuit sans emcombre. Le premier contrôle au km 93 était validé pour nos Gentils Organisateurs. Le second aussi car nous avons vu Jean-Pierre garé sur un parking.

Lac de ChammetLes choses se gâtent avec l'arrivée du soleil, sauf les premières heures où il réchauffe bien car dans la nuit le thermomètre est descendu à 5 °C ! Je savoure les paysages traversés, notemment le petit lac de Chammet. La forme est bonne, tout va bien mais la chaleur commence à être très pesante, pire qu'à Challans, c'est dire !! Une longue descente nous offre la possibilité de longer un moment la Dordogne, magnifique. Maintenant il faut tout remonter. Mon compteur affiche plus de 35, ce n'est pas ma vitesse instantanée mais la température. Plus beaucoup d'eau dans les bidons, je gère les gorgées. Mauriac est enfin là, las je le suis aussi un peu mais ça va le faire. Dans le bistro certains parlent d'abandonner, je ne suis pas du tout dans cette optique.

Je reprends ma route en direction du Puy Mary que j'avais gravi par l'autre coté en cyclo-camping, j'en garde un bon souvenir.
Les 20 premiers kilomètres sont faciles, je prends pleins de photos. La encore je profite de tous ces instants car je n'ai pas souvent l'occasion de rouler en montagne. Dans l'ascension je fais le plein des bidons, il fait soif.
Une fontaine dans l'ascentionArrivent les 5 derniers kilomètres, la pente devient rude. Je me bats, 5 kilomètres c'est rien ! J'en avale déjà 3. Un virage à gauche et se dresse devant moi un mur. Je lève la tête et je me dis c'est juste un coup de cul ça va passer. En danseuse j'appuie sur les pédales, je n'arrive pas à tourner les jambes. Je suis obligé de m'arrêter pour passer le petit plateau, tout à gauche je suis sur le 22x32. Normalement on grimpe aux arbres avec ça !! Je lutte un moment et commence à trembler de partout, je dégouline littéralement. Je mets pied à terre pour souffler, je ne me sens pas bien du tout. Je bois et mange un peu. Je tente de repartir sur la selle, inutile de suis sec comme une chips. Je m'arrête de nouveau en attendant que ça passe. J'aperçois Yves qui peine aussi, lui il n'a plus qu'un genou et des nausées pas facile non plus. Il s'arrête à ma hauteur. Nous continuons en poussant les vélos, je ne vais pas bien du tout, plus de force. Mon corps et mon esprit ont lâchés d'un coup. Je n'y suis plus, je suis perdu. Plus de plaisir, plus d'envie, a quoi bon poursuivre ? Je vois le sommet, il reste 1 kilomètre. C'est rien mais je ne me sens même pas capable d'arriver au sommet. J'ai même dans l'idée de redescendre. C'est fou comme la lucidité s'envole dans ces moments là. Il m'a fallu plus d'une heure pour faire 2 malheureux kilomètres !!! Un contrôle secrêt nous attend. Vais-je me refaire une santé dans la descente ?

Ca commence mal je crève dans les premiers lacets, quand tout va mal... Yves m'attend gentillement le temps de réparer. Les jambes ne repondent plus même dans la descente, je suis cuit de chez cuit. C'est décidé j'abandonne, il est 20H06 quand nous passont Saint-Cirgues-de-Jordanne. Nous poussons jusqu'à Aurillac où se trouve une gare.

En conclusion je n'irai pas trouver les raisons de mon abandon dans la difficulté du parcours, les délais ou la météo, je n'étais tout simplement pas assez préparé. Si prochaine édition il y a, je ne me présenterai pas avec la même préparation !

Le diaporama

sans nom

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Je tiens à remercier Jean-Pierre et toute son équipe pour l'organisation et l'implication qui nous ont permis de faire (partiellement pour moi) cette belle randonnée.

Bravo à tout ceux qui en sont venu à bout.