BRM 600 km Ménigoute - Saison 6

Contrôle Champagne-MoutonNous sommes 7 à prendre le départ de ce 600, dont Michel et Christian qui ont fait les 3 autres brevets de Ménigoute. Je me retrouve tout de suite avec Rémy, je me demande ce que font les autres. Après quelques kilomètres 3 fusées nous dépassent, il s'agit d'André, Philippe et Patrice... de gros rouleurs. Toujours pas de nouvelle de Michel et Christian. A la faveur d'un arrêt pipi, les voilà. Ils ont dépanné Patrice qui avait un souci d'éclairage arrière. Tout rentre dans l'ordre. Le vent de Sud est défavorable mais pas trop fort, le profil n'est pas très accidenté. Ca roule bien. J'ai bien pris mes marques avec le Lapierre donc je pars serein. Je n'ai juste pas pu emporter mon sac de couchage, faute de temps pour tester une fixation adéquate. Vais-je en pâtir ? Je serais fixé cette nuit. Pour l'heure tout va bien, le soleil est de sortie. Nous perdons de nouveau Michel et Christian juste avant le premier contrôle de Champagne-Mouton atteint à 8H15.

Contrôle Saint-Yrieix-la-PercheLe temps d'avaler un croissant et je repars avec Rémy, nos deux compères préfèrent aller à leurs rythme, ils ont bien raison. La route devient plus escarpée, en gros du 100ème au 200ème kilomètres. Le vent est toujours défavorable, le soleil chauffe de plus en plus. Je me retrouve seul assez vite, je me sens très bien et décide de poursuivre mon effort en solo. J'apprendrais à l'issu du brevet que Rémy a attendu nos deux compagnons de début de randonnée. Les difficultés s'enchainent et je gère tranquillement. J'arrive au second contrôle de Saint-Yrieix-la-Perche à 12H40. Mon épouse m'ayant passé un coup de fil juste avant, je ne perds pas de temps.

Les trois fusées !Demi-tour pour reprendre la direction de Ribérac. Changement de direction et le vent est maintenant latéral. Une trentaine de kilomètres encore bosselés et le profil s'adoucira. Ca cogne de plus en plus mais je supporte bien. Je suis même resté en long ! Il faut tout même bien s'hydrater, les cimetières comme toujours sont bienfaiteurs. La route est vraiment sympa, elle longe l'Isle, la Côle puis La Dronne. Il y a 5 ans j'avais parcouru ce secteur de nuit. Finalement c'est bien de faire les brevets en sens inverse. J'aperçois 3 cyclos devant moi, dont un avec un maillot Sojasun ! Ce sont mes 3 fusées de ce matin, je les croyais avec des heures d'avance sur moi. En fait c'est Philippe qui ne supporte pas la chaleur, il est très mal. Malgré tout je n'arrive pas à les suivre. Je les retrouve au troisième contrôle dans un bar, il est 16H22. Me voir en long les laisse perplexe, c'est le moins que l'ont puisse dire !

Le temps se gâte...Nous repartons ensemble, pas très longtemps car leur rythme n'est pas le même que le mien. Par exemple André et Philippe sont capable de boucler un PBP en moins de 50 heures ! Même dans un jour sans, ils appuient fort sur les pédales... André et Patrice partent devant, Philippe abandonne. Je me retrouve seul à mon rythme bien plus modeste. A Rolland je crève de l'arrière, mes pneus sont neuf ça fait chier. Je change la chambre à air et en prenant ma pompe, l'embout est pour grosse valve ! Et oui c'est celle de ma randonneuse, je suis comme un con là. Moment de panique, quoi faire ? Je me ressaisis et observe ma pompe, il fallait enlever un cache pour pouvoir faire glisser l'embout avec le bon orifice (mal foutu cette pompe). Ouf sauvé ! J'ai inséré un emplâtre à l'endroit de la crevaison, j'ai dû rouler sur un bon caillou pointu. Je repars, au moins 30 minutes de perdues. Pas grave j'ai la niaque ! La traversée de Saint-André-de-Cubzac à été chiante car par rapport à 2011 tout à changé, j'étais un peu perdu. Le ciel s'obscurcit d'un coup, la météo avait annoncé de l'orage et j'ai bien peur qu'elle ait raison. Un fort vent d'Ouest, des éclairs, la pluie commence à tomber. Juste le temps d'enfiler le goretex et bâcher ma sacoche et un déluge s'abat sur moi. La pluie ne cessera pas jusqu'à Blaye avec des périodes plus ou moins fortes. 22 H pas le peine de s'éterniser je ne m'arrête quasiment pas, juste pour faire le plein des poches et lancer mon routage.

La nuit est tombée et toujours de la flotte. C'est la fête du slip pour les cagouilles (il y en a plein la route) et les grenouilles que j'entends coasser à plein poumon ! J'ai tout de même quelques passages ou la pluie se calme un peu. Je ne me souvenais plus que la route était si cassante... L'avantage c'est que ça réveille car je commence à bailler fort. Dimanche, j'ai froid et sommeil. Je m'arrête enfiler ma veste, mon bonnet, mes gants et des chaussettes d'hiver. Le tout est humide mais ça fait du bien. Je repars mollement, la nuit va être longue. Je cherche un abri en vain, tout est trempé, quelle galère. La pluie s'est arrêtée, je m'allonge sur un chemin de graviers. Pas confortable mais moins humide que de l'herbe. Je "dors" 5 ou 10 minutes difficile à dire. De toute façon le froid me réveille. J'ai envie de sucre, ça tombe bien j'en ai plein. Cakes, barres de céréales (humm les caramel beurre salé sont excellentes) et lait concentré. J'ai faim ce qui n'est pas une mauvaise nouvelle. Je me traine jusqu'à Royan que j'atteins à 3H10. 5H10 pour faire 80 kilomètres... et la nuit n'est pas finie !

Je mange ma salade de pâtes sous l'entrée d'un immeuble. Une pluie fine se remet à tomber quand je repars... La galère continue, maintenant j'ai des hallucinations. Par exemple les lignes blanches se transforment en bordure ce qui me fait donner de sacré coups de guidon. Je m'arrête souvent pour fermer les yeux et reprendre mes esprits. Les heures ont du mal à avancer mais je me dis que le jour va finir par se lever. Ce moment arrive enfin comme une délivrance ! La nuit est derrière moi, je la classe sur le podium des plus difficiles... J'arrive à Saint-Jean-d'Angély, une boulangerie est là pas besoin de chercher. Mais non je décide d'avancer pour en trouver une un peu plus loin. La prochaine fois je me souviendrais qu'un tien vaut mieux que deux tu l'auras. Je puise dans les sacoches et repars.

Je reprends du poil de la bête. Toujours aussi impressionnant de passer de la détresse physique à une bonne forme juste avec le levé du jour... Il me reste donc 85 kilomètres et depuis Royan le vent est favorable, pour le coup je le voudrais très fort ! Ce n'est pas le cas mais il me pousse c'est toujours ça. Une fois passé Melle, la route est une vraie tôle ondulée. La pluie reprend, je n'ai pas eu le temps de sécher. Dans la dernière descente menant à La Mothe-Saint-Héray des trombes d'eau s'abattent sur moi ! Je suis encore plus trempé s'il est possible de l'être plus, je grelotte. Heureusement une bonne bosse me réchauffe, c'est le même final que le 200 (c'est fois avec vent favorable). Une fois Pamproux passé, je calcule vite fait que je peux rentrer pour 11H30. J'avais imaginé secrètement arriver à 11H en préparant ce 600 pour faire 20 de moyenne globale. Il me faudra 30 minutes de plus, car j'arrive pile poil à 11H30 devant l'arrêt de car de Ménigoute.

Je suis content car je ne rentre pas cramé. Certaines fois quand la fatigue se fait sentir j'ai pas mal de lassitude et hâte d'en finir, mais là non. Je suis fatigué mais bien, une très bonne sensation. Habituellement une fois à la maison j'ai envie de salé, cette fois je veux du sucré... J'ai bien apprécié une bonne glace en dessert !

Le diaporama

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