BRM 600 km Ménigoute

3H15 le réveil sonne et me sort d'un profond sommeil, j'ai très bien dormi. Le temps de déjeuner et de ma préparer, je file accueillir " mes randonneurs " à la mairie. Ce coup-ci je suis seul pour les formalités de départ, Nicolas n'étant pas disponible ce matin. J'aperçois de suite Loïc, il n'était pas sûr de venir, ça me fait bien plaisir. Sont aussi présents les fidèles randonneurs de Fontenay qui auront participé à tous les brevets Ménigoutais, sans Patrice qui ne poursuit pas. Un autre fidèle, Guy de Sainte-Eanne, costaud le gaillard. Je retrouve aussi Régis et Claude qui ont participé au 200 et 300. Le reste de la troupe est composé de nouveaux venus dont Frédéric en trike qui a été percuté violemment sur le 600 de Vichy, plus de peur que de mal heureusement. Nous serons donc 14 au départ, c'est un de plus que sur le brevet précédent. Tout le monde est prêt pour cette dernière ligne droite de qualification, à 5H00 pile je donne le départ.

La carte interactive

Contrôle St-Jean-d'AngelyDirection Saint-Jean-d'Angély pour une première portion sans difficulté particulière. Les groupes se forment très rapidement, je suis avec Claude et Régis qui sont au petit soin pour moi. Les conditions météo sont bonnes, ce 600 est bien lancé. Par 2 fois nous sommes proche de nous faire renverser. La première par une automobiliste qui à déboité sans aucune visibilité d'un stationnement devant une boulangerie. La seconde par un jeune conducteur avec son A au cul, qui nous a tout simplement ignoré dans une rond-point et a coupé juste devant Claude. On s'est bien fait peur, ou plutôt ils nous ont bien fait peur, ça réveille ! Nous arrivons quand même au premier contrôle, il est 8H35.

Nous repartons aussitôt, le profil est toujours aussi plat. Emmené par Claude (la loco de Vasles), nous filons vers la mer ! La circulation est dense pour arriver sur Royan, nous restons bien en ligne. Je suis comme toujours content de voir la mer, ça me rappelle des souvenirs de vacances. A 11H15 nous y sommes, on a pas chaumés !

Royan, le bord de mer...Je sais qu'à partir de maintenant ça va commencer à changer un peu. J'ai fait un bout de la route lors de la mer/montagne allant au Soulor l'an dernier et quelques bosses nous attendent, rien de bien méchant pour le moment. Avant ça nous traversons Royan par le bord de mer, nous longeons la côte un bon moment. Avec le soleil en prime le moral est beau fixe, la forme bonne, je profite de ces bons moments en contemplant le paysage qui s'offre à moi. Il fait faim tout de même, Blaye est à une cinquantaine de kilomètres et nous décidons de faire la pause casse-croute là-bas. Nous passons en plein coeur des vignes, la tentation est forte de s'arrêter boire un coup dans une cave ! Régis a un petit coup de moins bien juste avant Blaye que nous atteignons à 14H45. Nous faisons une bonne pause, je mange une salade de pâtes et une portion de cake aux fruits arrosé cela va sans dire d'une bonne bière bien fraîche ! Je reçois les encouragements de Roland par SMS, merci à lui.

Pause de RibéracNous changeons de cap, c'est plein Est. La reprise est compliquée, les jambes tournent mal. Je m'accroche aux roues de mes infatiguables compagnons qui me demandent toujours si le train est bon. Malgré tout les bosses s'enchainent bien, nous quittons la Gironde par une portion plane, la prochaine sera... le lendemain. Les pentes sont plus sèches mais les jambes reviennent tout doucement. Nous faisons une halte avant le contrôle pour acheter quelques viennoiseries, nous les dégusterons à Ribérac avant d'attaquer la nuit. A Ribérac je reçois un SMS de Loïc m'informant qu'il abandonne sur casse mécanique (son guidon a lâché), je suis très déçu pour lui, c'est la fin de son aventure PBP.

La nuit va tomberLes choses sérieuses vont commencer, pour moi le brevet débute maintenant. Déjà ça grimpe beaucoup plus et il n'est que 20H30 et je baille déjà, la nuit risque d'être longue ! Je monte à mon rythme, il reste un peu moins de 300 km, il faut que je gère ma progression sans me cramer. La nuit est tombée, le sommeil me gagne. C'est le plus difficile dans ces longues randonnées, l'envie de dormir est incontrôlable, ça vient comme un coup de masse derrière les oreilles. Je lutte pour garder les yeux ouverts, c'est dur, j'en chie vraiment. Je manque de me vautrer dans une descente, j'en informe mes compagnons qui m'attendent souvent. L'arrivée sur Saint-Yrieix-la-Perche est interminable. Nous arrivons à 1H18, je sors la couverture de survie et tente de dormir un peu près des pompes d'une station service. Je somnole juste un instant, pour ne rien arranger ça caille. Je mange 500 g de riz au lait. Avant de repartir deux gars nous rattrapent, ils repartent avec nous.

Le jour se lève enfin !Je suis toujours dans le même état comateux, ma sieste n'a rien arrangé. Je monte voir Régis et Claude et leur demande de filer sans moi, il faut absolument que je dorme ! Mes compagnons me souhaitent un bon retour, je me retrouve seul dans cette nuit glaciale. Je trouve un coin d'herbe et m'allonge, comme au contrôle pas moyen de dormir. Terrible de tomber de sommeil et de ne pas pouvoir s'endormir. Je repars. Trente minutes plus tard rebelote, coin d'herbe, couverture de survie, pas plus d'un quart d'heure de " repos ". Je repars. Trente minutes, coin d'herbe. Ouf, j'ai dormi 1H (enfin je crois) ! Il est 5H je suis sauvé, le jour ne va pas tarder à se lever. Une nuit que je ne suis pas près d'oublier, un vrai cauchemar. Au moment de repartir, Frédéric en trike arrive. Nous ferons un bout de route ensemble, je suis encore dans le gaz alors je ne suis pas causant. Il s'arrêtera dormir lui aussi. J'ai une pensée très émue à ce moment pour Eric VINCENT tué par un chauffard lors du 600 de Gap, je pense à cet homme que je ne connaissais pas, à sa famille (J'apprends en écrivant ces quelques lignes qu'un autre cyclo est décédé ce week-end fauché lui aussi. Il n'avait que 39 ans et papa de deux enfants. Sincères condoléances à sa famille). Ce drame fait réfléchir sur notre pratique du vélo, mais on à beau retourner le problème dans tout les sens. Le fait rouler de jour, de nuit, seul, en groupe, avoir un éclairage performant, être visible, etc, n'est pas le problème. Face à une voiture conduite par un ivrogne nous ne sommes rien ! Je pense bien évidemment à ma famille. Allez, il faut finir ce brevet. Au loin je vois un gilet jaune, je le rattrape. C'est Jacky, un des deux gars du dernier contrôle, nous faisons route ensemble. L'arrivée sur Champagne-Mouton est rude, on avance tranquillement. Ma femme me passe un coup de fil, ça fait du bien. J'ai aussi ma fille qui me demande si j'ai bien dormi dans l'herbe, ça me fait rire. A 8H40 nous sommes au dernier contrôle avant Ménigoute. La boulangerie fait aussi le café, que du bonheur !

Ma goule après 600 km...Le plus difficile est derrière nous, c'est un billard qui nous attend. Je tiens une très bonne forme malgré 530 km, le vent est favorable. Il reste 75 km, nous prenons des relais. Pas grand-chose à raconter pour cette dernière portion que je connais très bien, heureusement que le vent n'est pas de face comme pour le retour du 200, ça aurait été très usant. Nous sommes rendus à Ménigoute à 12H30, j'avais prévu un retour à 16H. Je fini en bonne forme, très satisfait de ce difficile brevet. Je suis qualifié pour la troisième fois au Paris-Brest-Paris !

Je tiens à saluer Claude PIERRE qui à bouclé avec son ami Michel ce brevet en 40H à 70 printemps à la fin de l'année, ça impose le respect. Ils n'avaient pas l'air trop marqué par cet effort, l'expérience est là ! Claude à fait son premier PBP en 1991 et 20 ans plus tard il sera encore au départ de cette édition, chapeau bas.

A noter deux abandons sur ce brevet, dommage.

Le diaporama

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