BRM 1000 km Ménigoute - Saison 7

Ce 7ème 1000 au départ de Ménigoute nous mènera vers Brest. En manque de PBP ? Allez savoir !! Je n'aurai pas trop de boulot pour donner le départ puisque nous sommes 6. Un septième est en décalé avec nous, c'est Jean-Marie qui est parti un peu plus tôt (passage à 5H ce matin). Les averses plus ou moins fortes ne cessent de s'abattre pendant l'heure de préparation. La météo annonce un temps pourri donc pas de surprise, on est loin de la canicule de la semaine dernière. J'informe mes camarades qu'un contrôle/ravitaillement est organisé à La Forest-Landerneau juste avant le contôle 5. Il est à l'initiative de Pierre (pierrot29) et Roland (cyclo-long-cours.fr), c'est très sympa de leur part de nous consacrer une partie de leur temps pour nous donner du réconfort !

Au départ !

Le clocher sonne les 10 coups, il est l'heure. Comme sur le 600 personne ne m'accompagne pourtant je ne pars vraiment pas vite. Je sais que ce 1000 se fera en solo. Il n'a pas fallu attendre longtemps pour prendre la première des innombrables averses (je dirais une minute). Le vent est favorable (Sud) pour ce premier tronçon. J'en profite car il n'en sera pas de même pour la suite. Des averses s'abattent donc durant les deux premières heures du brevet. Je suis complètement trempé ça promet ! Les routes sont légèrement valonnées ce qui permet de se mettre en danseuse de temps en temps. Il n'y a pas de panneaux entrée et sortie à Martigné-Briand (j'ai eu un doute quant à savoir si j'étais déjà passé). Un coup d'oeil sur le GPS, c'est bon, il est 13H55.

Contrôle ChâteaubriantPas la peine de m'arrêter tout est dans les poches, je repars direct. Je mange mon sandwich en roulant. Je change légèrement de cap donc fini le vent favorable. L'après-midi se passe plutôt bien (j'ai bien aimé le passage le long du Louet avant de traverser la Loire). Le terrain est un peu plus valonné. Quelques averses me tombent dessus juste pour ne pas avoir le temps de sècher complètement. Je me pose des questions concernant la nuit, où me poser pour dormir si le besoin s'en fait sentir. Il faudra improviser et se contenter de ce qui se présentera. Je bois beaucoup car même s'il ne fait pas de grosses chaleurs, le vent assèche bien. A 18H19 j'arrive à Châteaubriant. Un coup de fil à la maison, remplissage des poches et c'est reparti.

Contrôle PloërmelLa première journée j'aime rouler un maximum de jour. A partir de maintenant le vent et la pluie ne me quitteront plus. Les bosses sont nettement plus marquées. En fait depuis le départ le dénivelé va crescendo et le passage en Bretagne se fait sentir ! Je vois au loin une loupiotte, c'est certainement Jean-Marie. Et oui confirmation en arrivant à sa hauteur (je ne pensais pas le reprendre si vite, il est 21H), ça me fait plaisir d'échanger quelques mots avec lui. Au gré des montées et des descentes nous nous croisons pendant une bonne demi-heure. Puis je me retrouve de nouveau seul. La nuit commence à tomber et j'arrive à Ploërmel à 22H45. Comme d'hab l'arrêt est court, de toute façon à part rester là comme un con il n'y a rien à faire !

Contrôle CarhaixJe pédale mollement, je ne suis pas épuisé mais je sens déjà que le sommeil va me prendre. Quand ça me prend en tout début de nuit je sais que ça va être compliqué. Ajouter la pluie et le vent, dormir sera quasiment mission impossible... Une vingtaines de kilomètres après le contrôle j'arrive à Les Forges. Son cimetière est bien placé, il faut faire le plein. J'en profite également pour essayer de dormir un peu. Sous une pluie fine ça caille assez vite. Je suis recroquevillé contre un muret à l'intérieur du cimetière. Je ferme les yeux une quinzaine de minutes. Je roule une petite demi-heure, je pique de nouveau du nez. Juste avant Rohan je m'allonge sur un chemin herbeux. C'est trempé tant pis, il faut que je dorme. Je ne suis pas abrité du vent, je tremble de froid après à peine 15 minutes. Il faut repartir... pour quelques kilomètres. Là en pleine campagne à La Croix de Bolan, un superbe abris-bus tout en bois est planté là. Je ne réfléchis pas 10 ans, c'est l'occasion à ne pas manquer. Je m'allonge sur le banc pour un bonne demi-heure. Là j'ai dormi, c'est le froid qui m'a réveillé. Il est 3 H du mat, il faut tenir encore 3 heures et le jour se lèvera ! Ce moment de repos m'a fait du bien. Les yeux restent ouvert c'est déjà çà. Par contre le rendement n'est pas optimal, loin de là, je me traine mais j'avance. Mieux vaut rouler lentement que de rester immobile. Vent, pluie et bosses m'accompagnent toute cette fin de nuit. Le jour se lève enfin, toujours un grand moment pour moi. J'arrive à Carhaix-Plouger à 7H07, pointage boulangerie où je prends : un pain au chocolat, un croissant et un pain aux raisins. Un café est en face, j'y prends un grand café en mangeant mes viennoiseries. J'ai besoin d'une bonne pause après cette nuit éprouvante.

Contrôle/Ravitaillment La Forest-LanderneauDepuis le départ je donne par SMS ma position à Roland pour qu'il puisse calculer mon heure d'arrivée appoximative. Malgré les quelques accalmies je n'arrive pas à sècher, mes chaussures sont imbibées de flotte. Heureusement qu'il ne fait pas froid ! Le vent est fort et les averses reprennent de plus belle. Il faut ajouter aux conditions météo un autre facteur c'est la circulation qui est très dense. Les camions foncent sans se soucier de moi, ça craint par moment. Je fais abstraction mais j'avoue que je ne prends aucun plaisir sur cette portion. Celà fait 24H que je pédale et malgré cette nuit merdique j'ai avalé 467 km. Il pleut maintenant en permanence. Je passe Sizun ce qui me rappelle ma diagonale, c'était l'envoi de la carte de départ avec un certain Roland qui m'avait accompagné quelques kilomètres. A Landerneau c'est l'apocalypse ! Des seaux d'eau me tombent dessus. je me dis que mon GPS ne tiendra pas sous ce déluge ! Finalement si, comme quoi... J'arrive enfin à La Forest Landerneau où m'attendent Pierre et Roland, il est 11H06. Super accueil sous cette flotte, ça fait du bien de pouvoir parler un peu. Je n'avais pas vu Roland depuis un bail et je rencontrais Pierre pour le première fois. Très sympa ce moment, avec du soleil ça aurait été le top (l'article de Roland)...

Contrôle QuimperléJe grelotte, il faut que je reparte. Je remercie Roland et Pierre pour ce ravitaillement de luxe. Avant de partir ils m'annoncent que ça descend jusqu'à Ménigoute ! La seule chose sûre c'est que le vent va être enfin favorable, ça c'est une bonne nouvelle. J'arrive rapidement sur le pont Albert Louppe bien connu des randonneurs du Paris-Brest-Paris. Ca y est le vent est enfin favorable, c'est un souci de moins. Il faut quand même pédaler pour avancer. De plus j'attaque la section la plus difficile du parcours ! Mais avant d'entrer dans la vif du sujet, je suis attendu par Vincent dans sa boulangerie située à l'Hôpital-Camfout au km 517. Encore un bref moment partagé très sympa. Allez cette fois-ci c'est parti pour une bonne partie de manivelles. Direction Quimperlé à une bonne centaine de kilomètres. J'ai du retard par rapport à mon plan de route qui était sans doute trop optimiste avec ces conditions météo. Depuis midi il ne pleut plus. Mes habits sèchent mais pas mes chaussures. Bon comme prévu c'est dur ! Les côtes sont parfois assez abruptes, je les passe à mon rythme. Il est 17H46 quand j'arrive à Quimperlé, j'aurai mis plus de 6H pour parcourir 125 km.

Encore 100 km me séparent du prochain contrôle. Cette fois-ci j'ai rendez-vous avec Jean-Michel, un lecteur assidu de mon site. Je l'avais rencontré lors du dernier PBP. Nous avons convenu de nous rejoindre aux halles de Questembert. Je lui envoie un SMS pour lui indiquer que j'ai 3 heures de retard sur l'horaire prévu. Il me propose de m'attendre à Plescop, 30 km avant le contrôle. Mais avant il faut pédaler, le parcours est moins difficile. Je ne ressens pas trop de fatigue, heureusement que le vent pousse sinon ça aurait été hard ! J'arrive à Plescop à 21H pétantes. Jean-Michel m'a concocté une musette bien garnie. Je lui avais aussi demandé de l'huile pour ma chaîne car avec la flotte elle est complètement dégraissée et ça couïne. Je suis très heureux d'avoir là aussi passé un bon moment avec Jean-Michel que je remercie. Je repars les poches pleines (sandwichs, bananes, coca et far breton) paré pour affronter ma deuxième nuit. J'arrive à Questembert à 23H06.

Contrôle Sucé-sur-ErdreCa y est la nuit m'a enveloppée, une légère bruine commence à tomber. Dommage j'étais sec... Contrairement à la nuit précedente je ne baille pas, est-ce bon signe ? Depuis Questembert la route s'est bien aplanie, ça roule bien. Enfin bien compte tenu de la fatigue accumulée depuis jeudi matin. J'ai pris le parti de mouliner vraiment relax pour tenir un maximum. Avec cette bruine je ne vois pas grand chose c'est bizarre car la nuit dernière je voyais mieux que ça. Je passe un coup de serviette en papier sur mes verres et miracle ! La vue me revient ! Mes verres étaient simplement dégueulasses. Les heures défilent bien, je suis vraiment étonné de tenir. A 4H24 je prends la photo de contrôle à Sucé-sur-Erdre.

Contrôle PouzaugesNe voulant pas prendre un coup de barre à l'arrêt, je file aussitôt. Je devais initialement passer la Loire par le pont de Thouaré mais André m'avait averti que celui-ci était en travaux. Coupé à la circulation. J'ai donc dérouté le parcours par le pont de Mauves avec un supplément de 8 kilomètres. Je suis content de traverser Carquefou tôt car ça circule bien par ici. Au petit matin j'enjambe la Loire. La pluie à cessée et je suis soulagé car le jour se lève. Incroyable pour moi d'avoir tenu toute la nuit sans dormir. Parfois il y a des choses inexplicables ! Par contre mes pieds me "chatouillent" depuis un bon moment. Sûrement des ampoules qui se sont formées... Le jour est bien levé maintenant et j'ai des hallucinations (normal avec cette nuit blanche). En traversant Clisson je crois voir des poneys sur un trottoir. Il s'avère que ce sont tout simplement des murets. J'aurai ce genres d'hallucinations jusqu'au bout. Je précise qu'il n'y a rien de dangereux car je reste lucide sur le contrôle de mon vélo. A 6H30 juste avant le Chapelle-Heulin j'ai un bon coup de barre, je m'arrête sur un petit pont. Je m'assois et ferme les yeux 5 minutes. Je repars et mange pas mal de barres et autres mini cakes. La route commence à redevenir bosselée, ça m'arrange car cette longue portion plate m'a bien entamé le cul ! Le reste de la matinée passe assez bien. Celà fait 48H que je roule, 912 km au compteur (soit 445 km pour cette tranche de 24H, j'ai perdu 1 km/h par rapport à hier). Je suis à Pouzauges à 10H54 c'est le dernier contrôle avant l'arrivée.

Ouille ça fait mal...J'envoie un mail à mon épouse pour l'aviser de mon heure théorique d'arrivée. Je repars aussi sec car je sens que mes pieds sont en train de me faire des misères. J'ai tracé un final costaud, je me maudis moi-même ! Je pense à Michel qui passera quelques heures après moi et qui m'en voudra sûrement (j'apprendrais dimanche matin qu'il a malheureusement abandonné à 50 bornes du but sur ennui mécanique. Je suis très déçu pour lui) ! L'Absie, le Beugnon et Pamplie ne font mal aux jambes. Putain que ça grimpe ! Je connais bien ces routes mais avec la fatigue je n'ai plus la même perception des difficultés. Je ne reconnais pas tous ces murs qui se dressent devant moi. Ils ont poussés pendant la nuit ou quoi ??? Je ne sais pas si c'est l'apparition du soleil mais mes pieds sont en feu. J'ai mal à chaque coup de pédale, et il en reste un certain nombre à donner avant d'en finir. Je n'ai jamais eu aussi mal, je souffre énormément. La dernière grosse bosse du parcours : Clavé. Il faut appuyer fort mes pieds vont éclater ! Ces 2 dernières heures ont été plus qu'éprouvantes. J'arrive tant bien que mal à "mon" arrêt de car. Il est 15H42, je suis content et soulagé... Quel brevet !

J'arrive devant mon garage et je manque de tomber sur mes poubelles. J'ai eu du mal à déchausser. Je marche comme un centenaire (sur les talons). Alors mes pieds, qu'ont-ils ? J'enlève avec peine mes chaussures et chaussettes. Mes pieds sont tout simplement gonflés avec l'humidité comme une éponge. Après quelques heures tout revient à la normale. Ca fera des souvenirs...

Un grand bravo à Cherif, David et Pierre d'avoir bouclé ce 1000.
Encore un grand merci à Pierre et Roland pour le super ravito. A Vincent et Jean-Michel pour leurs gentilles attentions.

Mon regard se tourne vers ma prochaine épopée : TriRhéna qui sera autrement difficile !!!

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