BRM 1000 km Ménigoute - Saison 6

Dernier rendez-vous de la saison à Ménigoute. Nous sommes 10 au départ, des revenants et des nouveaux. Comme d'habitude l'ambiance est bonne, il ne manquerait plus qu'on fasse la gueule ! Tout le monde est prêt, une photo de groupe et c'est parti.

10 randonneurs au départA peine 4 kilomètres de route et mes feux arrières tombent ! Putain ça commence bien. Le groupe file, je fais demi-tour pour réparer. C'est la patte de fixation qui a lâché, quelle merde ce porte-bagage... Je suis abonné aux incidents techniques depuis le début de l'année, donc mon matériel n'est pas aussi éprouvé que sur celui de ma randonneuse. Il faudra corriger le tir pour le Douze Cents ! Je mets des colliers plastiques pour maintenir les feux en place. Il est 10H30 quand je reprends le départ, au moins je vais partir à mon rythme. J'ai donc 30 minutes dans la vue et 8 kilomètres supplémentaires au compteur. Y'a plus grave dans la vie...
Contrôle Availles-LimouzineIl fait déjà bien chaud et le vent est défavorable. Pour le moment le parcours n'est pas trop accidenté, j'avance bien. Je ne veux surtout pas revenir sur mes compagnons car ce brevet s'annonce difficile. Je pense peut-être les revoir vers le second contrôle. Vers midi le thermomètre d'une pharmacie annonce 30°C. J'espère ne pas revivre le 1000 de l'an dernier qui avait été caniculaire. Je bois abondement, ne surtout pas être avare en eau. J'arrive au premier contrôle d'Availles-Limouzine à 14H02 et surprise le gros du groupe est là, je suis assez étonné !

Contrôle Ladignac-le-LongJ'avale un coca et je repars, nous 5 ou 6, je ne sais plus vraiment. Les bosses commencent à devenir plus nombreuses. Je me retrouve très vite en compagnie d'Henri avec qui j'avais fait le 1000 l'an dernier, c'est sympa. A la sortie de Saint-Junien, nous bifurquons sur la C37 où une bosse très raide nous attend. Dur dur le coup de cul, le pourcentage est impressionnant ! J'ai bien failli mettre pied à terre. J'attends Henri un peu plus loin, il me demande de filer et d'aller à mon rythme. Je me retrouve donc seul. Il fait toujours aussi chaud, heureusement le vent fait office de ventilateur et je ne m'en plains pas (ce n'est pas souvent le cas). Je sens que je suis en grande forme, excellentes sensations. A 18H20 le contrôle de Ladignac-le-Long est validé. Un coca bien frais et je m'apprête à repartir mais le barman me demande si je ne veux pas faire le plein des bidons ! C'est le monde à l'envers maintenant ce n'est plus a moi de penser à ce genre de détail. Je le remercie car sinon j'aurai été bien embêté...

Les bosses s'enchaînent toujours mais elles sont moins rudes. J'avance toujours aussi bien, j'ai malgré mon départ calamiteux 1H d'avance sur mon plan de route. Les jambes vont bien, la tête aussi, le thermomètre commence à redescendre un tout petit peu. La météo n'annonçait qu'une journée très chaude, je verrai bien demain si cela est confirmé. Rien de bien significatif sur ce tronçon de 76 kilomètres que j'avale en 3H et des poussières. Je suis à Larche à 21H33, pointage dans un kebab. Accueil très sympa, je ne prends là aussi qu'un coca et le plein des bidons (cette fois c'est moi qui demande !). J'ai tout ce qu'il faut niveau nourriture et il faut bien m'alléger un peu.

J'ai juste enfilé mon gilet jaune car la température est encore douce. Encore une bonne heure de jour et la nuit tombera. Je passe Les Quatre-Routes-du-Lot, puis des panneaux indiquent des travaux et route barrée. Ca doit passer comme toujours à vélo (j'ignore la déviation mise en place), je continue donc mon chemin. Mais arrivé à Saint-Michel-de-Bannières je comprends que ça va se compliquer ! Oui il y a bien des travaux et oui la route est bien coupée. La route est impraticable, c'est carrément un chantier de terrassement. Ils refont totalement cette portion de route. Je pousse le vélo sur les parties sablonneuses et caillouteuses. Je remonte quand le sol est plus compact. Cela dure bien 15 minutes, je commence à me dire que ça n'en finira jamais. Je sors de la mélasse à Vayrac, ça fait du bien de retrouver le bitume ! Minuit est passé, je n'ai pas envie de dormir. Je pousse vers le contrôle suivant, Figeac. Ca monte bien avant d'arriver, pas de fatigue excessive.

Je ne m'attarde pas et repars aussitôt. Je fais une vingtaine de kilomètres, ça y est il faut dormir. J'aperçois une aire de pique-nique, j'y dors une heure. Il y a pas mal de passage mais je me suis bien reposé. Il est 5H passé, le jour se lève dans moins d'une heure, j'ai bien géré ma nuit. Le coup de pédale n'est pas formidable mais je sais que ça va revenir. Ca monte, ça descend sans cesse. La nuit est derrière moi, la forme revient et je me sens bien. J'atteins Laguépie à 7H50. Même pas envie d'une boisson chaude, je prends un coca et je fait le plein d'eau. J'était à sec depuis un petit moment.

Contrôle CastresA peine 10 minutes d'arrêt et je remonte en selle. Castres est à quelques heures d'ici, mais il faudra encore bouffer de la bosse. En terme de dénivelé positif j'en suis à plus de 1000m au 100 km. Le but de ce 1000 étant de préparer Le Douze Cents, je savais à quoi m'attendre. Donc pas de problème, je gère tranquillement ma progression. J'ai environ 3H d'avance sur mon plan qui prévoyait plus de sommeil. Je passe un coup de fil à la maison, pour prendre et donner des nouvelles ce qui me fait toujours du bien. Le ciel est couvert, je garde mes manchettes et jambières. J'ai à peine chaud, tant mieux car c'est plus confortable de rouler dans ces conditions. Beaucoup de circulation dans les traversées d'Albi et de Castres. Il est 12H32 quand je pointe dans une boulangerie. Je commande une part de pizza, une quiche et de l'eau, pas envie de sucré.

Contrôle NègrepelisseJe suis le plus au Sud du parcours, il ne reste plus qu'à remonter. Je n'ai pas encore fait la moitié en terme de kilomètres. Les routes sont encore bien vallonnées par ici. Le ciel commence à se découvrir, pas une bonne nouvelle pour moi. Content ou pas, il faudra faire avec. Il fait moins chaud qu'hier heureusement. J'ai toujours de bonnes sensations malgré les kilomètres parcourus. Pas de fait marquant sur cette portion. J'arrive à Nègrepelisse en fin d'après-midi, 17H25. Pas d'épicerie, moi qui voulais faire quelques emplettes pour la nuit. Je me rabats sur une boulangerie, où je prends un croque-monsieur, une part de pizza et de l'eau.

La pause est courte car je veux rouler un maximum avant la nuit. Le prochain contrôle est à une centaine de kilomètres, j'espère y être avant de dormir. La fin de journée est lourde, les nuages sont de retour. Ils deviennent même menaçant avant la tombée de la nuit. Evidemment je vais droit dessus... Ce brevet passe par Montcuq, je voulais prendre la photo qui va bien mais j'y arrive en plein orage. Je m'abrite comme je peux, moitié sous un arbre, moitié contre une porte de garage. L'orage est bien localisé à Montcup, les éclairs et le tonnerre sont impressionnants. Je fais une vidéo pour immortaliser cet instant. Je reste bloqué une bonne demi-heure, j'en ai profité pour manger un peu. Il fait presque nuit, trouver un coin sec pour dormir va être plus que compliqué. A peine les dernières lueurs du jour envolées, le sommeil me prend. Il me reste moins de quarante kilomètres pour rallier Cazals, contrôle 8. En plus du sommeil, c'est la route qui devient pénible. Suite à l'orage de la vapeur d'eau se forme sur la chaussée, je n'y vois rien. Mon puissant phare n'arrange rien, c'est un peu galère. Je roule à 2 à l'heure. 00H02 j'arrive enfin à ce contrôle, il se met à pleuvoir légèrement. Je vois un abri-bus qui fera office d'hôtel. J'avale ma boite de riz au lait et programme mon réveil pour qu'il sonne dans 3H.

Contrôle Manzac-sur-VernCes quelques heures de repos m'ont fait du bien. Les poches pleines je repars, il ne pleut plus. Toujours autant de vapeur à la surface du sol, c'est chiant. J'ai l'impression que le profil est plus doux. Je ne suis pas rassuré car je n'y vois pas grand chose. Je freine dans les faux-plats descendant, alors que je ne roule même pas à 20 km/h !! Je prends mon mal en patience, le jour se lèvera dans pas trop longtemps. J'ai faim, toujours bon signe, j'avale ce qui se trouve dans la sacoche. Barres de céréales, mini cakes et dosette de lait concentré. Le jour s'installe enfin, mon gps m'indique qu'il faut changer les piles. Je m'exécute mais impossible de rallumer ce foutu gps ! Mes piles neuves seraient-elles foutues ? L'emballage est humide, je remets les anciennes et il repart. Je suis très proche du contrôle, j'achèterai des piles. A 8H50 j'arrive à Manzac-sur-Vern, le seul commerce ouvert est une alimentation-tabac-presse. Avec les piles je prends de l'eau et une poche de 8 pains au chocolat. Je change de nouveau les piles, le gps ne se rallumera jamais. Je suis plus qu'énervé ! Mon épouse m'appelle au même moment, je lui fait part de mes soucis techniques. Ce qui n'est pas fait pour la rassurer, je ne m'énerve pas souvent...

Contrôle Villebois-LavaletteBon je finirai ce brevet à l'ancienne. Heureusement de la feuille de route est bien détaillée. De toute manières avec le smartphone en cas de doute je pourrai consulter Google Map par exemple. Donc pas de panique, seul truc chiant je n'ai plus d'indication de vitesse et d'heure. Oublions ça et avançons ! Une chose est sûre, je serais à la maison ce soir. Il reste 235 kilomètres et le gros du dénivelé est derrière moi. Le moral et les jambes sont toujours au rendez-vous, alors roulez jeunesse ! Il fait beau mais pas trop chaud, les conditions idéales. Par contre le vent est défavorable. Il l'est depuis le départ, c'est un bon repère car dès qu'il devient favorable c'est que je ne suis pas sur la bonne route (ça me fait rire). J'arrive au très joli village de Villebois-Lavalette à 12H54. Envie de salé (et ayant mangé les 8 pains au chocolat) je prends une tarte aux poireaux, une part de pizza et un coca bien frais.

Contrôle MathaJe ne m'éternise pas (comme d'habitude), 80 kilomètres au menu. Je suis euphorique, vraiment en très bonne forme. Malgré ce foutu vent j'avance toujours aussi bien. La route serpente dans les vignobles de cognac, c'est bien agréable. Mon épouse me rappelle dans l'après-midi pour s'assurer que je vais bien et que j'arrive à m'orienter. Je la rassure et lui indique que je serai normalement à l'heure que j'avais calculé avant le départ. J'en profite pour tirer de ma sacoche ma part de pizza, et l'engloutir aussi sec tout en roulant. Matha se profile, il est 17H20 quand je m'arrête prés d'une boulangerie. Pas de bol celle-ci est en travaux je n'avais pas fait attention. Je traverse la rue pour pointer dans un magasin de chaussures, rien à bouffer là-dedans !?!

Arrivée sur MénigouteJe finirai en puisant une nouvelle fois dans la sacoche, j'ai de quoi faire sans problème. Maintenant l'objectif c'est arrivé pour 22H. Je devais pointer à Matha à 18H03, j'ai donc 43' d'avance. Le brevet faisant 1013 kilomètres mon plan de route me donne 22H43. Je suis juste dans le timing. N'ayant plus l'heure devant les yeux, je roule à ma main. J'évite soigneusement de regarder les horloges des églises. Je regarderai l'heure devant l'arrêt de car de Ménigoute. Mais avant tout ça il faut parcourir 87 kilomètres. Le vent ne faiblit pas, moi non plus. La route est plate, j'ai l'impression de voler tellement je me sens bien. Je viens de passer Melle, maintenant je peux rentrer les yeux fermés. Bilan de la navigation sans gps : nickel, pas la moindre erreur, quelques doutes vite balayé en demandant aux autochtones. Ne sachant pas l'heure je me fie au couché du soleil. Il me parait bien bas, je ne pense pas être à l'heure prévu. Ce n'est qu'un jeu qui n'engage que moi, rien de dramatique, loin de là. J'aurai la surprise à l'arrivée. Les bosses de La Mothe-Saint-Héray et Pamproux passées, il ne reste plus qu'à rentrer par Saint-Germier. Le panneau Ménigoute est là, dernière côte de la journée. Je suis à l'arrêt de car, je sors le téléphone de ma poche arrière. Il est... 21H56 !! Content comme un gamin qui a réussi son coup le Yvan.

Un super 1000, avec des conditions pas faciles et pas mal de dénivelé (environ 10000 m). Quelques problèmes techniques, sinon le bonhomme va très bien. Objectif de l'année dans un mois : le Douze Cents.

Bilan de ce brevet : 5 homologués et 5 abandons qui ont tous eu lieu la première journée, la chaleur a fait des dégâts. Merci à tous pour votre participation, rendez-vous en 2017 pour de nouvelles aventures Ménigoutaises...

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Le diaporama

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