BRM 1000 km Ménigoute - Saison 3

Le dernier brevet de la saison ménigoutaise est déjà là ! Pas moins de 22 randonneurs sont au rendez-vous pour ce 1000 en direction du sud pour gravir le col d'Aspin. C'est donc l'effervescence quand j'arrive à l'arrêt de car lieu de départ habituel. C'est la première fois que Ménigoute accueille des randonneurs étrangers, 2 allemands et 2 anglais. Les 17 autres viennent des 4 coins de la France. La remise des cartons fait passer l'heure très vite, je n'ai rien vu. Il est presque 10H, nous faisons la pose pour la photo de groupe.

Photo de groupe

Le départLe départ est donné quand la cloche de l'église se met à sonner. Quelques randonneurs ont des fourmis dans les jambes, je ne les verrai que le temps de dégainer mon appareil photo. Pour le reste de la troupe le départ est plus classique. Je discute avec Serge de la stratégie à adopter, pour moi c'est rouler tant que je peux et dormir quand le besoin s'en fait sentir. Nous essaierons de faire route ensemble. Je lui précise bien que si dans les côtes il m'attend trop il faudra qu'il file sans moi. Les choses doivent être claires dès le départ.
Cette première étape sans difficulté notable est longue de 98 km et nous mène à Rouillac. Au gré des arrêts des uns et des autres nous changeons souvent de compagnons de route. Le temps est clair pas trop chaud, parfait ! Nous arrivons donc à 14H15 et pointons à l'office du tourisme. Il y a pas mal de monde avec le marché, nous repartons à pied le temps de fendre la foule.

Avec PatrickPeu après nous rejoingnons Patrick (alias Pat-man sur le forum) à l'entrée d'un cimetière pour faire le plein des bidons. Le soleil est de sortie, nous traversons les vignes. Les routes sont agréables avec un profil roulant. Les kilomètres défilent bien, le cap des 200 est passé en arrivant au second contrôle de Libourne. Il est 19H08, pas de souci particulier.

Je me sens en pleine forme et prêt à commencer ma nuit à la belle étoile. Nous roulons jusqu'à 21H et nous faisons une pause casse-croute et préparation pour le nuit. Une fois passé Langon les lignes droites vont nous accompagner un très long moment. Elles sont inévitables sur un parcours qui va au plus court dans les deux sens aller et retour. Nous en passerons une grande partie de nuit. Je me rappelle d'un retour de 1000 en solo remontant depuis Mont-de-Marsan sur ces routes qui m'avaient bien usées... 00H29 nous sommes à Captieux, un abri-bus fait office de restaurant.

Aire sur l'AdourC'est reparti pour la monotonie de ces routes. Vers 1H30 nous prenons un bon coup de barre, il est temps de trouver un coin pour dormir. Chose faite nous sortons les sacs de couchage, je mets le réveil à 3H. Ca passe vite 1H30 ! Pas mal de camions en cette fin de nuit, ils nous dépasse sans problème sur ces routes larges (je ne vous parle pas de la visibilité, vous imaginez bien que sur des kilomètres de ligne droite elle est parfaite). Le jour se lève enfin, une nouvelle journée commence. Une très bonne boulangerie d'Aire-sur-l'Adour nous donne l'occasion de nous rassasier et de tamponner la carte de route.

Au niveau de Garlin nous sommes libéré de la D834 très passante à cette heure, et oui les gens vont bosser. Nous commençons à nous éléver un peu, c'est l'échauffement avant l'ascention tant attendu. Les 24 heures de route sont passées, je vais super bien et motivé malgré l'appréhension de gravir l'Aspin. Sans doute le mauvais souvenir du Pas de Peyrol l'an dernier sur le Douze Cent. Avant midi (11H46) nous sommes à Lourdes. Casse-croute et ravitaillement avant le reprise.

Serge et moi au sommet de l'AspinNous sommes dans le tronçon tant attendu. Auparavant il faut faire l'approche et ça circule beaucoup, nerveux les automobilistes ! Nous croisons Jean-Philippe BATTU à Bagnères-de-Bigorre (si je me souviens bien), il participe à un séjour FFCT, la rencontre fut très brève malheureusement. Le début du col est facile, je profite de ces instants avant que la route ne s'élève franchement. C'est la troisième fois que je roule dans les Pyrénées avec la diagonale Brest-Perpignan et la mer/montagne Royan-Col du Soulor en 2010. J'ai la chance d'être accompagné par un "Galérien du Ventoux", je vais donc me caler à son rythme régulier. Ca y est le col commence vraiment, il y a 5 kilomètres à gravir avec presque 500 bornes dans les pattes. C'est le moment de voir si ma préparation au Terrier de Saint-Martin-du-Fouilloux va payer. J'en rigole avec Serge, mais bon je me prépare comme je peux avec le terrain qui s'offre à mes roues. Et bien finalement oui, je suis même surpris de si bien monter. Il faut dire que depuis septembre dernier j'utilise mon dérailleur... Non, non ne riez pas. Ca parrait con mais quand on est habitué à tirer de gros braquets en permanence, la transition avec de la moulinette n'est pas si évidente que ça. Bref, nous arrivons au sommet à 16H, je suis bien content et soulagé. Nous avons été parfaitement intraitable avec l'Aspin (Serge comprendra !) mais parfaitement. Nous ne nous éternisons pas le vent nous refroidit très vite. Les photos traditionnelles faites nous descendons sur Sarrancolin. Le vent est terrible, nous luttons jusqu'au contrôle 6, La Barthe-de-Neste. Il est 17H33 quand nous pointons au Proxi faire des emplettes pour la nuit.

Allez c'est la route du retour cap plein Nord. Le vent c'est calmé, ça ma va très bien. Cette étape est très facile (sur le papier), en gros ça descent jusqu'à Saint-Elix-Theux puis c'est plat. C'est un bon retour au calme après l'Aspin. Ménigoute est encore loin, il faut nous ménager dès que c'est possible. Après 6H de route nous arrivons donc à Valence-sur-Baïse juste avant minuit, 23H35 exactement. 

Miramont de GuyenneAprès le casse-croute nous decidons de trouver un endroit pour dormir. Nous ne cherchons pas longtemps. Juste à la sortie du bourg un parc parrait très accueillant. Je règle une nouvelle fois le réveil sur 3H du mat, cette fois nous nous octroyons 2H30 de sommeil. De nouveau en selle je suis bien dans le paté. La nuit n'est pas trop fraiche et le temps reste sec. Juste avant que le jour se lève j'ai un gros coup de bambou, arrêt obligatoire d'une petite demi-heure pour se remettre les idées en place. Ca fait un bien fou ! Nous arrivons à Miramont-de-Guyenne à 9H54, il nous reste un peu moins de 300 km à faire.

Le programme des 200 prochains kilomètres est assez corsé ! Je pense que certains randonneurs seront surpris par le relief s'ils n'ont pas regardés avec attention les profils. De petites averses de pluie fine commence à tomber. Nous en aurons tout au long de la matinée. En début d'après-midi il commence à faire faim, on s'arrête au bord de la route au sommet d'une longue côte. Le soleil lui fait son apparition, on se tartine de crème solaire. Moi je ne sais pas trop comment m'habiller, j'opte pour le long car je me gèle dans les descente. Arrivée à Verteillac à 17H15, un peu cramé quand même. Le soleil à laissé sa place aux averses comme ce matin. Nous trouvons une épicerie car il faut refaire le plein. Gros moment de délire car nous sommes littéralement défoncé, on s'est bien marré...

D87Nous sommes toujours sous la flotte. Ce tronçon est encore plus difficile que le précédent. A la sortie de La Rochebeaucourt-et-Argentine nous prenons la D87. Une énorme côte nous y attend, celle-là elle fait mal. J'ai vraiment la pêche car je passe très bien toutes les difficultés. Ce coin est magnifique, les routes tranquilles, pas de bagnole, le top ! Le dernier gros morceau se situe au niveau de Montbron, une fois passé ça ira mieux. Nous atteignons Confolens à 00H08.

Nous filons direct, le brouillard vient se mêler à notre périple. J'en ai un peu plein les bottes et en même temps j'ai la forme, sensations étranges. Sur la D948 menant à Pressac les voitures roulent à tombeau ouvert. Avec ce brouillard je ne suis pas rassuré, Serge mène un train d'enfer malgré la fatigue. Sur la D148 nous serons plus tranquille, Serge ressent le besoin de dormir. Pour la troisième fois nous deballons les sacs de couchage sur un petit chemin. Cette fois le réveil sonnera dans une heure. Et bien non, je ne sais pas pourquoi il ne sonnera jamais ! Je consulte l'heure, il est 3H40. Merde ! Bon c'est pas grave il reste 70 km à parcourir, nous sommes largement dans les temps. C'est une première, je suis à sec, plus un gramme de bouffe. Serge n'a plus rien non plus. Nous roulons à l'énergie. Le jour se lève, nous sommes à l'affût du moindre commerce à dévaliser. Epanvilliers rien. Rom rien. Le chantier de la ligne à grande vitesse a carrément supprimé la route menant à Saint-Sauvant !!! Un détour de 4 km et nous avons dans notre viseur une épicerie. Viennoiserie, gâteau de semoule et canette de coca. On s'empifre, y'a pas d'autres mots ! Je ne le mange pas mon gâteau de semoule, je l'aspire. En y pensant c'est un mal pour un bien que le réveil n'est pas sonné, nous n'aurions rien trouvé d'ouvert très tôt ce matin. Repu nous nous remettons en selle, un cyclo nous rejoint, il est en court et nous habillé comme en hivers, quel contraste ! Nous rallions Ménigoute 70H57' après le départ.

Pas de toute fraicheurUn beau 1000 en compagnie de Serge, on a bien rigolé tout au long de la balade. Pour ma part je n'ai pas trop souffert, mis à part quelques coup de fatigue sans plus.
C'était le premier 1000 en autonomie complète de Serge, c'était aussi la dernière étape pour valider son Randonneur 5000. Nous avions déjà fait ensemble la Flèche Vélocio. Bravo donc à Serge pour cette belle aventure.

Merci à tous les participants de ce 1000 et des autres brevets. Rendez-vous en 2014 pour les pré-qualif' du prochain Paris-Brest-Paris (et oui déjà...).

Vous pouvez visonner l'album photo d'Olivier LE BIHAN.
Vous pouvez lire le compte-rendu de Patrick MOINDRAULT

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