BRM 1000 km Ménigoute

Nous sommes 2 pour ce 1000 kilomètres, Didier qui a participé aux BRM 200, 300 et 400 et moi-même. Nous avons convenu avant le départ de rouler ensemble vu que les précédents brevets se sont bien passés. Je m'occupe de réserver les hôtels pour le découpage de cette balade, nous ferons donc 3 étapes.

La carte interactive

La nuit tombe20H00 c'est parti pour 75H00 maximum de vélo nous partons donc tranquillement plein Nord. A Mirebeau premier arrêt pour s'équiper pour la nuit. Le profil est plat, nous roulons bien, le vent n'est pas trop gênant. Nous apercevons au loin quelques feux d'artifices. Les 100 premiers kilomètres sont avalés sans peine, nous sommes à Chinon premier contrôle.
Marcus bien connu sur le forum de la longue distance entre autre doit venir à notre rencontre, il m'envoie quelques SMS pour nous situer. Il apparait juste après Avoine, je suis très content de le voir enfin en chair et en os. Nous bavardons jusqu'à Vivy, je n'ai pas vu le temps passer, nous quittons donc Marcus. C'est super sympa de sa part d'être venu faire quelques kilomètres en pleine nuit juste comme ça pour le plaisir. La fraîcheur commence à tomber sur nous, le coupe vent et les gants longs sont bien supportés. Comme sur le 600 je ressens le besoin de dormir un peu avant le levé du jour, j'en parle à Didier. Je fais un somme d'un gros quart d'heure, Didier en profite pour s'alimenter.
Arrêt bonlangerieLe jour se lève enfin, nous arrivons à Sablé-sur-Sarthe contrôle 2, rien d'ouvert ! Il nous faudra bien une trentaine de bornes pour trouver une boulangerie mais pas de café, hallucinant ! La route est devenue très cassante, une vraie montagne Russe, vent trois quarts face. Ces montées et descentes n'arrêteront pas jusqu'à Domfront, troisième contrôle. Nous faisons une bonne pause car cette portion a vraiment été difficile.
Toujours cap au Nord, les bosses n'en finissent plus, c'est ainsi depuis 150 bornes et ce n'est pas fini. Après une pause pipi une douleur apparait sur la face externe de mon genou droit, rien de bien méchant. Je pense avoir fait un faux mouvement soit en descendant de vélo, soit en enclenchant ma pédale, difficile à dire. Je poursuis sans rien dire à Didier pensant que la douleur allait s'estomper. Je commence donc à gérer l'affaire, finalement les bosses m'aident bien puisse que j'alterne souvent position sur la selle et en danseuse. Bayeux terme de notre montée dans le Nord est atteint en fin d'après-midi. Depuis Sablé-sur-Sarthe nous n'avons pas eu beaucoup de répit, 200 kilomètres très rude.
EgliseAprès la pause, la reprise est difficile, mon genou me lance de plus en plus. J'en parle à Didier et lui annonce qu'il sera impossible de faire 600 bornes comme ça. Les doutes arrivent comme c'est toujours le cas quand rien ne va ! Je pense au voyage à la mer que je dois faire avec Léane et Nicolas en remorque. Je pense au PBP, sur une jambe pas facile. Bref je suis dans la spirale pessimiste, je n'ai pas le morale. L'abandon est dans la tête, il reste environ 70 km, je pédale sur une jambe. Didier essaie de me remonter le morale en vain. La douleur n'empêche pas le pédalage, pas comme en 2007 où j'étais arrivé à Tinténiac en poussant le vélo. J'arrive à pédaler mais je ne force plus dessus, je ne voudrais pas non plus trop compenser avec l'autre genou et me bousiller les deux. Je ne suis plus du tout dans ce 1000, j'ai lâché l'affaire et pense à mon rapatriement. Didier me propose de dormir plus longtemps que prévu pour voir si le repos me fera du bien. J'accepte sans y croire. Nous arrivons à l'Etap Hotel de Granville un peu avant 23H. Douche, niflugel, 500 g de riz au lait et au dodo. Avant de dormir j'envoi un SMS à Marcus, « la nuit porte conseille » me répond-il.

Le Mont-St-MichelLe réveil sonne déjà, j'ai dormis comme une masse. Je tâte mon genou, je marche un peu, pas de douleur. Une tartine de niflugel et c'est reparti ! Les premiers coups de pédales sont timides, le genou tient bon. Nous longeons la côte par la route de la Baie du Mont-St-Michel, c'est superbe. De bonnes bosses au départ ensuite c'est bien plat, tant mieux car nous avons mangé notre pain noir hier. Nous faisons un bon arrêt dans un bar/boulangerie, ça fait du bien. Petit détour pour prendre quelques clichés du Mont, que c'est beau. J'ai établi ce parcours pour ce moment, je ne suis franchement pas déçu. Pour nous rendre à St-Malo c'est plat comme un billard, je change donc moins de position et le genou me titille un peu, moins qu'hier en tout cas. A St-Malo, je fais le contrôle dans une parapharmacie d'un centre commerciale. La vendeuse me conseille un gel d'arnica, je l'applique de suite.
Barrage de la RanceLa prochaine étape est longue de 133 km, la circulation est dense à la sortie de St-Malo. C'est une deux fois deux voies qui nous mène au barrage de la Rance, à notre passage l'écluse est ouverte. A sa fermeture, les motards sont plein gaz, un vrai départ de grand prix !! Nous commençons à prendre cap au Sud, le vent devient plutôt favorable. A Dinan nous décidons de faire la pause casse-croûte et nous trouvons le bar-snack " L'espérance ". C'est ici que je mange le plus gros sandwich du monde !!! C'est ce que j'ai pensé en le voyant arriver, avec une assiette de frite et un demi. Je suis bien calé, c'est le premier vrai repas. J'en ai aussi profité pour me badigeonner le genou avec l'arnica. Nous demandons aussi le plein des bidons, à notre surprise c'est de l'eau minérale qui nous est servie ! C'est la première fois que ça m'arrive et j'en ai fait des bars. « Je vais vous donner de la vraie eau, vous allez la boire non ? » nous dit le bistrotier. Une très bonne adresse que je vous conseille. Je n'ai plus une douleur en repartant de l'Espérance, nous rigolons avec Didier en essayant de savoir si ça vient des 2 bières avalées, de l'énorme sandwich ou de l'arnica ! J'ai de nouveau le moral. Arrivée à Redon sur les coups de 20H et pause, la fatigue se fait sentir, le genou tient bon.
J'ai faim !!!!Il reste 70 km pour rallier Pornic et trouver un lit. Mais avant ça il faut passer le pont de St-Nazaire, nous le voyons de loin avec la nuit tombée. L'approche est longue, la traversée de zone industrielle n'est pas évidente même avec le GPS. Avec ce week-end du 14 juillet ça circule beaucoup, il est 23H30 et nous commençons l'ascension du pont. Le vent d'Ouest nous pousse vers la route, il faut être très vigilant car les véhicules passent très vite. Je trouve la grimpette à cette heure complètement délirante avec ces lumières, ce vent. Un moment unique que je ne revivrais peut-être pas. Par contre la descente est hyper stressante et la suite sur la route bleue en est de même, qu'est-ce que ça circule !! J'en ai plein le cul et j'ai hâte d'arriver à l'hôtel, en plus avec la fatigue qui se fait bien sentir ça n'arrange rien. Nous sommes libérés à 00H45 ! J'avais prévenu l'hôtel de notre arrivée tardive et j'ai donc les codes pour le portail, l'entrée de l'hôtel et notre chambre. Devant la chambre je compose le code, la porte ne s'ouvre pas !! C'est quoi ce bordel !! Didier essaie à son tour, non rien à faire. On ne m'a pas donné le bon code !! Je relis mes notes et je m'aperçois que je m'acharne devant le numéro 27 et notre chambre est la 29. ooops ! Finalement c'est le bon code, au dodo.

Fontenay-le-ComteRéveille difficile, j'aurais bien encore dormis 24H !! Mon genou ? Il va bien, merci. Il pleut, comme prévu. Le vent d'Ouest s'est levé aussi, il est plus en forme que moi. La bonne nouvelle c'est qu'il nous sera favorable après La Roche-sur-Yon, pour l'instant il est trois quart dos. Les 3 premières heures se passent sous une pluie fine, ensuite les averses s'enchainent inlassablement. Nous retrouvons aussi un peu de relief mais avec le vent ça passe bien. Pendant la traversée de La Roche-sur-Yon, un feu passe au vert et j'appuie fort sur la pédale, mon genou se réveille, là j'ai vraiment mal. La douleur devient de plus en plus vive, je n'arrive plus à pédaler, je ne sais pas si je pourrais arriver au prochain contrôle. Je m'arrête dans une pharmacie pour acheter une bombe de froid, il n'en n'ont pas ! Je me remets de l'arnica, 30 minutes après plus de douleur. Incroyable, plus la moindre douleur ! Je pédale quand même à l'économie, comme depuis le kilomètre 350 environ. Je propose à Didier de faire un arrêt très bref à Fontenay-le-Comte pour ne pas refroidir mon genou.
Arrivée à MénigouteAprès le pointage, nous filons pour les derniers 70 km, le vent est carrément de dos, ça pédale tout seul ou presque. Les averses n'en finissent pas. Les noms des villes sur les panneaux indicateurs me sont familiers, j'ai un gros moral. Nous empruntons le final du 300, ça monte beaucoup pour arriver sur St-Maixent-l'Ecole. Cette fois-ci nous contournons la bosse d'Exireuil, faut pas abuser quand même ! Nous arrivons à Ménigoute à 18H10 soit en 70H10. Un très beau et difficile brevet, un peu gâché par mon genou qui m'aura obnubilé pendant les 2/3 tiers de la balade, je finis sans la moindre douleur, heu si une bosse à la tête due aux mousses usées de mon casque !

Pour la petite histoire c'est la première année de longue distance de Didier, bravo pour cette série complète de BRM, je te souhaite un excellent PBP.

Merci à Marcus pour sa visite nocturne et à tous ses SMS d'encouragement. Aussi à son petit jeu, à savoir deviner le kilométrage réalisé à l'instant T, ça m'a bien fait rire.

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