1000 km, Ménigoute Auch Ménigoute

Une pointe d'appréhension avant de me lancer sur ce 1000, je n'ai jamais réalisé une telle distance puisqu'en 2007 mon aventure PBP c'est arrêtée à Tinténiac au retour.

La carte interactive

18H55 c'est parti plein sud, un vent favorable me pousse agréablement. Balzac, je n'ai pas vu passer les 100 premiers kilomètres. Je redoute la traversée d'Angoulême, c'était un des points noirs identifiés en traçant cette randonnée. Comme d'habitude je m'étais dit « tu verras bien sur place. », maintenant je suis en plein dedans, quelle galère ! Je m'enfonce au coeur de la ville, je tourne, je vire, je consulte ma carte, je crise. Pas âme qui vive pour me guider, je sors enfin mais je ne sais pas où je suis exactement. Un petit bled enfin, ça y est je me repère mais j'ai bien dévié de ma route, je commence un difficile contournement. Après de multiples arrêts navigation, j'arrive à Torsac soulagé. Le reste de la nuit se passe bien, au petit jour j'atteins Bergerac.

Près de MonbazillacLe profil change, ça commence à être bien vallonné. Le secteur le plus difficile s'étend de Monflanquin à Durfort Lacapelette ou les côtes s'enchaînent sans relâche. Ensuite pour se rendre à hauteur de Toulouse c'est plus calme mais la chaleur s'installe. La circulation est très dense, les voitures déboulent de partout à vive allure ! Je m'engage sur la D632 que je déconseille à tous les cyclistes, je dois être invisible malgré mon gilet jaune car les véhicules ne font pas le moindre écart pour m'éviter, j'ai peur. Je ne suis encore moins rassuré de voir assez régulièrement des bouquets de fleurs synonyme d'accident mortel. Après plus d'une vingtaine de kilomètres le cauchemar cesse enfin ! J'attaque la partie la plus difficile de cette première étape et je n'en vois pas le bout. Le moins que l'on puisse dire c'est que Auch est bien gardé et pour franchir ses « murailles » j'ai bataillé ferme ! Je trouve sans trop de peine mon hôtel, il est 21H50.

Michel et moi à Mont de MarsanJ'ai dormi comme une masse, je saute sur le buffet du p'tit dèj. A 7H50 je repars, il fait beau et j'ai la forme. J'attaque directement par une bonne bosse, ça met en jambe. Toujours le même type de relief qu'hier mais un peu moins sévère. 10H le téléphone sonne, c'est Michel qui me propose un pique-nique, je suis ravi de le rencontrer. C'est donc à Nogaro que je le rejoins, une bonne salade de pâtes, sandwich, boisson, ça fait du bien. Il m'explique qu'une tendinite au genou survenu au 1000 de Chantepie l'empêche encore de rouler, dommage j'aurai bien fait un bout de route avec lui et faire plus ample connaissance. Michel me propose de m'aiguiller jusqu'à Mont de Marsan, en me faisant passer par la piste cyclable de Villeneuve de Marsan. Nous sommes à Mont de Marsan à 14H30, je me laisse guider une dernière fois. Nous aurons certainement l'occasion de rouler ensemble, merci encore pour tout Michel.

Les longues lignes droites LandaiseJe commence la remontée sur Bordeaux, les routes Landaises sont des billards avec de longues, de très longues lignes droites plus usantes qu'il n'y parait. A 19H passées je fais une pause avant la nuit au bar d'Illats, bière/sandwich. Je retrouve de petites bosses, rien de méchant. J'ai encore le droit à pas mal de navigation près de Bordeaux, je m'en tire tant bien que mal. Le vent s'est levé, ça souffle fort, la température baisse bien. Beaucoup de voitures ce samedi soir, je suis vigilant.

00H50 je suis à St Androny, je commence à avoir froid. Je n'ai pris que des manchettes, des jambières et mon coupe vent. Cela ne suffit pas, plus la nuit avance plus j'ai froid, je suis littéralement paralysé, je n'arrive plus à pédaler. Je freine dans les descentes pour ne pas me refroidir davantage. Je suis à la dérive, je tremble tellement par moment que j'ai du mal à tenir l'équilibre, je n'exagère pas ! La longue distance est aussi un voyage intérieur où on peut puiser la force nécessaire pour se dépasser. J'arrive enfin à Saintes après avoir eu des moments très difficile, les 100 derniers kilomètres ont été fait à 15km/h !

Un repos bien méritéQue ces premiers rayons de soleil me font du bien, je pédale de nouveau normalement, mon corps se réchauffe, quel bonheur. Après St Jean d'Angély je peine de nouveau pour trouver mon chemin, 1H pour faire 12 kilomètres, j'en ai marre. Plus tard je chope un gros coup de barre, j'ai vraiment du mal ce matin, la route pour rallier la maison va être longue. Pour corser le tout juste avant Périgné je dois suivre une déviation pendant plusieurs kilomètres et le soleil qui cogne fort. Je passe d'une nuit glaciale à la fournaise, je préfère quand même la chaleur. La forme revient pour la dernière heure de selle, mon 1000 s'achève à 14H.

Quelques chiffres :
1056 kms, 8042 m de dénivelé.
67H de route, dont 52H de vélo et 8H de sommeil

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